( dommage je peux plus écrire en italique je vais devoir ruser pour écrire certains trucs ...)
Shlak
Une petite étoile pointue plantée dans l'abdomen et une autre maintenue à 1 millimètre de l'emplacement de la carotide, puis enfoncée sans hésitation. C'est la 20ème fois que l'homme de paille mourait de la nuit, et son assassine hésitait à changer d'arme, puisqu'elle avait déjà testé toutes les manières d'occir quelqu'un avec deux shuriken.
Finalement elle recommença, les mouvements toujours plus vifs, les manœuvres plus ou moins complexes. 21ème. 22ème. 23ème. Elle n'aurait jamais pensé que ce serait si satisfaisant d'ôter la vie inexistante d'un mannequin.
Elle n'avait pas le droit de faire ça. Ici, c'était un centre militaire, celui de la capitale, où des recrues étaient formées pour l'escouade rouge - il lui semblait - et où les soldats plus expérimentés s'entraînaient quand ils n'étaient pas en mission ou en pleine élaboration de stratégie.
Bon, elle n'avait pas tout compris, mais ce qui était sûr, c'est que les mannequins résistaient à toute la haine qu'elle leur versait dessus.
35ème. 36ème. 37ème.
Elle n'avait rien d'autre à faire que de s'en prendre à du matériel officiel en pleine nuit. Ce n'est pas comme si elle avait un toit. Sa vie était dure. Elle oscillait entre vols et petits boulots, dans l'espoir d'avoir un peu d'argent, mais rares étaient les patrons à supporter la boule de nerfs qu'elle étaiet devenue depuis le massacre de ses parents. L'orphelinat avait été bien content de se débarrasser d'elle, ce n'était pas pour rien.
40ème. 41ème. 42ème.
« Posez vos armes à expliquez-vous »
Elle sursauta. Elle n'avait pas entendu l'elfe arriver, trop plongée dans ses sombres pensées pleines de rancune. Son interlocuteur était blanc, baraqué, blond et affichait un sourire menaçant révélant une dent en or. Elle le fixa sans esquisser le moindre geste, comme un animal fougueux pris au piège.
« Ne m'obligez pas à vous faire du mal.»
Elle leva les yeux au ciel avant de poser les shuriken... et le poignard dissimulé dans sa manche.
« Quel est votre nom, madame ? »
Elle sortit d'une poche un vieux carnet et un crayon avant d'y noter :
/Mademoiselle. Et je m'appelle Eyranne./
« Et pourquoi utilisez-vous ça plutôt que de me répondre ? »
La jeune femme eut un sourire crispé devant son cruel manque de perspicacité. Elle fit mine de lui répondre oralement mais évidemment aucun mot n'est produit. Puis elle ouvrit une page déjà notée du carnet où il était inscrit :
/ On a jamais su si le problème était d'ordre magique ou médical. /
« Bon, soit. Vous vous êtes introduite ici et vous avez frappé un mannequin, et j'étais de garde et je vous ai vue. Vous allez donc me suivre gentiment afin qu'on rapporte ça aux autorités. »
Eyranne n'avait pas peur de la sanction et se baissa afin de ramasser le poignard.
« Attendez, la coupa l'homme comme s'il venait de se souvenir d'un détail important, pouvez-vous me montrer ce que vous étiez en train de faire ? »
Eyranne sourit et, vive et précise, s'exécuta à quelques mouvements, toujours fatals.
L'elfe, jusque là agressif, changea brusquement d'attitude.
« Pourquoi ne vous êtes-vous pas engagée dans l'armée ? »
/ J'ai l'air d'avoir les moyens de me payer la formation obligatoire ? /
« Finalement, c'est peut-être votre jour de chance. la réglementation a changé pas plus tard qu'hier sur ordre du général. »
Elle sentit une petite pointe de mépris dans sa voix quand il prononça le dernier mot.
/ Ah bon ? Et qui êtes-vous pour savoir ça ? /
« Peut-être bien Aymelin, le second de l'escouade rouge. Écoutez, ça ne m'enchante pas de dire ça, mais vous avez des compétences et il est désormais possible de s'engager dans l'armée sans la formation. Revenez demain et demandez à passer les tests de recrutement. Si les résultats sont concluants, quelqu'un vous emmènera vous présenter au général.»
/ Et pourquoi donc l'armée a si soudainement adopté cette régle ? /
« Ah ! Vous n'aurez qu'à le demander au général ... s'il daigne vous recevoir. Et si vous réussissez, évidemment. Maintenant, je vous conseille de filer. Je passe l'éponge pour ne pas compromettre votre potentiel recrutement, mais la clémence n'est pas dans mes habitudes. Je peux très vite changer d'avis. Bonne chance, je suppose ... »
Eyranne fila sans demander son reste. Elle ne savait pas trop quoi penser de l'échange. Mais entre la surprise et la méfiance, il se pourrait bien qu'une petite lueur d'intérêt et d'espoir lui fasse tout tenter l'aventure... ce n'était pas comme si elle avait quelque chose à perdre.