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Entre Amour et Devoir (chapitre 4)

Timeo

Posté par Timeo, le 20 septembre 2021


5 commentaires

Dans cette partie, la vérité va éclater au grand jour et Danaël et Timéo en seront les premières victimes...Ce sera la fin de leur enfance, la fin de leur naïveté, la fin d'une époque en somme...Mais tout ne sera pas perdu pour eux !

Réécriture des Légendaires

 

Partie c

 

Bienvenue à vous pour le quatrième chapitre d’ « Entre Amour et Devoir ».

Dans le dernier chapitre, nous avions enfin assisté au retour d’Alghar et d’Ikaël, mais cela ne s’était cette fois-ci pas passé sous nos regards émerveillés mais plutôt sous nos regards apeurés et choqués…

Les deux Hommes étaient blessés, éreintés et avaient le moral au plus bas suite à leur cuisante défaite.

Mais je découvris avec le plus grand des traumatismes que notre père était décédé et que son corps était enveloppé dans un drap.

Je fus alors pris par un tel choc psychologique que toutes les forces de mon corps et de mon âme m’avaient quitté en même temps, me privant même de cette sensation de pouvoir pleurer à chaudes larmes…

Danaël et Saryn quant à eux n’avaient pas encore réalisé ce que je venais tout juste de comprendre, mais ce n’était qu’une question de secondes avant qu’ils ne partagent avec moi mon désespoir…

 

 

L’atmosphère venait de s’alourdir, l’air devenait irrespirable et la lumière autour de moi semblait devenir presque aveuglante.

J’avais la tête qui tournait à un tel point que je crus sincèrement que j’allais perdre connaissance. Mon souffle s’était presque coupé et j’avais l’impression de voir trouble.

Cet endroit autour de moi n’avait plus rien de paradisiaque et devenait de plus en plus amer, de plus en plus terrifiant également, comme si tous mes souvenirs chaleureux ici s’effondraient.

Le temps semblait s’être arrêté pour de bon, plus rien ne pouvait ramener notre père et nous étions définitivement condamnés à ne plus le revoir…

Mon esprit se repassait en boucle tous les souvenirs que j’avais de lui avec acharnement, espérant naïvement que cela suffirait à le ramener devant moi.

Et ce moment, je pense, restera ancré toute ma vie dans ma tête. Je peux encore y penser et le revivre encore et encore ; tout comme si c’était hier…

Même y repenser aujourd’hui me ramène à cette sensation illusoire de force et de contrôle que je pensais avoir sur le monde qui m’entourait alors.

Je compris bien qu’il était trop tard et que penser très fort à mon père n’y changerait rien, mais c’était alors mon seul espoir, la seule chose qui pouvait m’empêcher de devenir fou…

Ikaël et Alghar semblaient avoir le cœur brisé de me voir dans un tel état. C’est justement ce qui les avait poussés à s’enrôler chez les Faucons, pour ne plus voir un seul enfant pleurer à cause de la mort d’un proche.

Mais ils durent pourtant admettre qu’ils avaient perdu ce jour-là, et que cette défaite leur avait coûté très cher…

Dan aussi ne supporta pas de me voir dans un état pareil et son premier réflexe fut alors de chercher son père du regard.

Il ne le vit pas mais demanda oisivement aux deux Hommes devant nous :

« Ikaël… »

« Alghar… »

Je pense que c’est à ce moment que Danaël comprit la même chose que moi. Il se persuada pourtant avec le même déni qu’il devait délirer et continua alors de demander sans y prêter attention :

« …Dîtes-moi… »

« … Il est où, papa ? »

Ikaël et Alghar ne répondirent pas et gardèrent leurs têtes baissées. Comment pouvaient-ils annoncer à un enfant une telle nouvelle ?

Ikaël lâcha pourtant une larme en fermant les yeux, et c’est cette larme qui permit à Danaël de se rendre compte de ce qu’il refusait d’admettre.

Il baissa le regard, s’arrêta au niveau du drap enroulé et ouvrit enfin la bouche avec stupéfaction. Ses pupilles s’écarquillèrent, ses yeux semblèrent gonfler et sa tête se figea sous le coup du choc émotionnel.

Ses os et ses muscles refusèrent de bouger et il se retrouva alors seul et démuni face à un spectacle des plus macabres…

Il ne pouvait cependant pas s’empêcher de fixer le drap et les dernières barrières posées par son esprit pour lui éviter le traumatisme furent pulvérisées comme un torrent si énorme et puissant qu’il viendrait à démolir un pauvre petit barrage installé sur son chemin.

Saryn, étant à ce moment-ci la plus lucide d’entre nous trois, posa doucement sa main gauche sur l’épaule de Dan pour le soutenir et eut de plus en plus de mal à retenir ses larmes.

Son visage à elle aussi fut imprégné de cette même terreur, cette même souffrance qui lui brûlait l’estomac.

Elle mit par réflexe son autre main fermée devant son menton, comme pour se protéger d’une quelconque façon. Sa bouche était fermée et sa mâchoire était très crispée puisqu’elle semblait serrer les dents.

Elle tourna enfin son regard vers moi et remarqua que j’étais exactement dans le même état que Danaël. Elle s’imagina être à notre place. Dans quel état serait-elle si c’était Alghar dans le drap tâché de sang ?

Elle ne put répondre à cette question. Ne serait-ce qu’imaginer une telle chose se produire lui donna des frissons dans le cou.

Tout ce qu’elle pouvait faire à l’heure actuelle, c’était nous soutenir Dan et moi et nous transmettre toute sa force pour nous aider à rester fort malgré ce coup dur…

Danaël, contrairement à moi, parvint à prononcer avec une voix si… Comment dire… ? « Déboussolée » que cela accentua d’autant plus mon affliction :

« Pa…Pa ?! »

 

J’arrive encore à ressentir ces mots avec leurs intonations… Cela avait de quoi vous déchirer le cœur…

Ces deux seuls mots furent les derniers de Danaël pendant un bon moment. Ils marquèrent la fin de notre enfance, la fin de notre jovialité, et la fin de notre insouciance par la même occasion…

Dites-vous bien que les Danaël et Timéo de l’époque étaient morts eux-aussi.

On dit bien souvent qu’une famille fonctionne comme un noyau. Si une partie de ce noyau vient à périr, c’est tout le noyau qui implose. Et notre père était le pilier central de notre noyau à nous…

Ikaël aussi n’avait pas été épargné et il n’a plus jamais été le même depuis la mort de son idole…

Saryn et Alghar avaient été profondément attristés par notre souffrance mais ce dernier demanda par la suite à Saryn de nous laisser un peu seuls pour que nous puissions faire notre deuil, même si je n’ai jamais compris le sens de ces mots.

« Faire son deuil ». Cela supposait-il que l’on devait passer à autre chose tout en oubliant notre vie d’avant ? En oubliant nos liens qui nous permettent de nous construire en tant qu’êtres humains ?

Que l’on devait oublier notre père et tout notre amour pour lui ?

Devions-nous faire comme si de rien n’était et qu’il s’agissait simplement d’un aurevoir ordinaire ?

Des conneries… Voilà ce que c’était. Ni Danaël, ni Ikaël, ni moi-même n’étions parvenu à le faire et je n’y parviens pour ma part toujours pas au moment où j’écris ces lignes.

Non… Nous avions fait comme tout le monde. Nous avions encaissé ce coup sévère du Destin en serrant les dents.

Depuis ce jour, je peux vous assurer que Danaël n’a plus pleuré ou même pleurnicher une seule fois.

Il s’était tout comme Ikaël renfermé sur lui-même et accumulait toutes les peines et colères du monde en lui, sans jamais en parler à qui que ce soit, y compris à Ikaël et à moi…

Nous devions vivre, jour après jour, en gardant l’image héroïque que l’on avait de notre père, ainsi que ce pourquoi il avait donné sa vie.

Mais pourquoi au juste l’avait-il donnée ?

Pendant très longtemps, j’ai cru qu’il avait donné sa vie pour mettre un terme aux agissements de ce monstre qu’était DarkHell, et cela était une motivation suffisante pour tenir bon.

Hmph… DarkHell… Ce nom-là parvenait à lui seul à nous tenir debout, à créer ainsi qu’à animer cette flamme éternelle qu’est la flamme de la Justice…

Mais même au sein de notre fratrie, la mort de notre idole n’avait pas eu les mêmes conséquences et cela avait même entraîné une scission entre nous trois.

Ikaël avait pris sa mort comme étant un test des Dieux. Pour lui, la mort de son être le plus cher était un message qui lui disait qu’il ne fallait pas qu’il se repose sur ses lauriers et que la mission des Faucons d’Argent était maintenant plus vitale que jamais.

Je pense que, malgré son ressenti à l’égard du Sorcier Noir, il n’était pas avide de vengeance comme moi mais plutôt avide de Justice. La mort de son père l’avait entièrement plongé dans son devoir de Faucon et c’est là où il y trouva du réconfort.

Sa nouvelle foi en son Devoir lui fit perdre toute notion d’émotion et il devint aussi froid qu’un automate apathique et insensible.

Qui sait ? Ses émotions sont-elles peut-être mortes ce jour-là, quand il a versé ses dernières larmes… Son sérieux avait quant à lui pris le dessus et avait entièrement effacé ses autres traits de caractère.

Cela est une très bonne transition puisque ça m’emmène au point de rupture qui nous sépara quelque part, Ikaël, Dan et moi.

Si Ikaël s’était entièrement refermé sur lui-même et sur ses devoirs, il passa de moins en moins de temps avec nous deux jusqu’à créer une distance entre nous, une distance qui nous rendait presque inconnu lui et nous.

Cette distance qu’il créa n’était dû en rien à un manque d’amour ou quoi que ce soit, cela pouvait s’expliquer je pense car il avait lui-même érigé une multitude de barrières psychologiques pour s’endurcir et ne plus jamais connaître une souffrance pareille.

Malgré ça, et même si j’ai mis du temps à m’en rendre compte, cela se voyait parfaitement qu’il ne cessait de se faire du souci pour nous deux… Et même s’il le n’exprimait plus directement devant nous, notre santé et notre bien-être restaient toujours aussi important pour lui, nous restâmes encore la prunelle de ses yeux.

Mais à cette époque, nous pensions à tort qu’il maintenait cette distance avec nous parce qu’il ne nous faisait pas confiance et cela fut un autre coup dur à accepter pour Danaël qui avait pris la mort de son père de la façon diamétralement opposée…

Son rêve de devenir Faucon d’Argent était resté intact et s’était même accentué comme jamais ! Mais pour lui, notre famille devait maintenant et plus que jamais rester unie face à cette tragédie.

Il espérait au plus profond de son cœur que la mort de notre père, qui était un héros pour chacun de nous trois, serait le détonateur qui nous unirait et nous ferait devenir des frères inséparables.

Mais voir Ikaël préférer son rôle chez les Faucons d’Argent plutôt que celui de grand frère aîné de la famille était trop pour lui et cela fut source de très nombreux conflits entre eux, vous pouvez me croire…

Cela le renferma encore plus sur lui-même et j’eus beaucoup de mal à le soutenir avec ça sur le cœur…

Concernant ses ambitions, autres que celle de vouloir à tout prix devenir Faucon d’Argent, il voulait dorénavant et plus que jamais suivre la trace de son père.

Mais au-delà du fait qu’il comptait sérieusement devenir un Faucon d’Argent, il voulait aussi tout comme lui devenir un héros et accomplir de grandes choses.

Telle était son ambition et c’est tout à son honneur compte tenu du héros qu’il est devenu par la suite. Il ne voulait pas spécialement se venger de DarkHell mais voulait tout faire, je dis bien absolument tout pour contrecarrer ses plans.

Pour lui, le Sorcier Noir était l’ennemi numéro un d’Alysia et il voulait se dresser face à lui et à ses plans de conquêtes.

Quant à moi, je ne savais pas trop où me placer entre les deux…

J’avais toujours eu du mal à me situer entre mes deux frères et la mort de notre père n’avait rien arrangé, cela l’avait même empiré.

Je peux affirmer sans retenue que j’étais perdu, mon identité à elle-seule s’était effritée à la mort de ce dernier. Mon modèle dans la vie était mort et mes deux frères se querellaient sans cesse en se reprochant leur conduite inadaptée.

L’un affirmait qu’il fallait prendre ses responsabilités et agir en tant qu’adultes et l’autre affirmait que nous devions rester unis comme une vraie famille en se serrant les coudes comme avant.

Que devais-je faire ? Que devais-je dire ? Qui devais-je croire ??

Je n’avais aucune réponse et le moral au plus bas…

La seule chose qui me restait était ma haine envers le Sorcier Noir. Je voulais le tuer, lui faire connaître une souffrance au moins aussi importante que la mienne avant de mettre fin à sa misérable vie.

Je voulais démolir tout ce qu’il avait entreprit avant de le laisser me supplier pour avoir la vie sauve.

Je ne me définissais alors plus qu’avec ça, comme si le reste ne valait plus rien, comme si le Timéo ouvert et bienveillant avait cessé d’exister.

Mais heureusement que j’avais Danaël à mes côtés, car je n’aurais pas donné cher de ma peau s’il n’avait pas été là pour me rappeler qui j’étais vraiment…

Il avait réussi à me convaincre qu’on pourrait se battre tous les deux afin que la mort de notre père n’ait pas été vaine, qu’on pourrait continuer à entretenir ses idéaux en luttant pour protéger les plus démunis et en se mettant sur le passage de DarkHell pour l’empêcher d’arriver à ses fins.

En somme, il m’avait convaincu de rejoindre les rangs des Faucons d’Argent…

 

 

Ceci clôture donc la partie de notre enfance. Cet incident nous avait profondément changés, chacun à notre manière…

Nous avions décidé d’abandonner notre maison à Colombages pour venir s’installer en plein centre-ville de la Capitale de Larbos, au Sud, préférant oublier définitivement cet endroit maudit de nos mémoires respectives.

C’est pourtant dans notre maison familiale où nous avions enterré le corps de notre père, avec une décente sépulture ornée de mille gravures dorées.

Comme nous avions décidé d’aller vivre directement dans le campement principal des Faucons, nous avions dû nous séparer des services d’Astal, jugeant inutile de lui faire entretenir cette ancienne maison à elle seule.

Pourtant, pour entretenir les souvenirs chaleureux qu’elle avait de cet endroit, elle prenait bien souvent de son temps libre pour venir s’occuper de la maison, comme si elle ne pouvait tout simplement pas abandonner cette partie de notre vie.

Lors de notre déménagement, elle eut le cœur déchiré de nous voir partir, surtout Dan et moi qui n’étions que des « enfants innocents », selon elle. Sa dernière discussion avec Ikaël fut d’ailleurs très houleuse car celle-ci était outrée qu’Ikaël décide d’abandonner cet endroit alors que la tombe de notre père s’y trouvait…

Mais celui-ci resta impassible et ne voyait plus de raisons « pratiques » de rester ici. Car comme je l’ai déjà dit, le campement principal des Faucons était dans le centre-ville d’Oroban, et plus particulièrement sur la lisière de celui-ci, et le trajet pour s’y rendre depuis cette maison était très laborieux…

Dan et moi dîmes donc adieu à tous les souvenirs que l’on avait de notre enfance ici, et nous suivîmes Ikaël afin de regagner notre nouveau foyer.

Ikaël était par la suite devenu Commandant en Chef des Faucons, place qui était devenue vacante suite au décès de notre père.

Vous devez vous demander pourquoi ce n’est pas Alghar qui avait pris les rênes de l’Ordre. Eh bien la question était assez délicate à aborder…

Alghar était certes le choix le plus logique du fait de son expérience, ce qui faisait qu’il connaissait presque toutes les coutumes du commandement, mais celui-ci s’acharna auprès des autres Chevaliers et auprès du Roi lui-même pour qu’Ikaël soit nommé à sa place afin de remplir cette fonction, l’estimant digne de cette tâche pour laquelle il ne vivait plus que pour ça.

Quant à Saryn, Dan et moi, nous nous entraînâmes plus durement que jamais et parvînmes à force d’acharnement à devenir les plus jeunes recrues de l’Ordre, tout temps confondu.

Eh oui, vous avez bien lu !

Car même Saryn et moi étions devenus Faucons d’Argent, si ce n’est vous dire à quel point nous avions travaillé dur.

Vous êtes curieux de savoir comment ?

Eh bien ça tombe bien puisque je compte vous raconter maintenant la journée de notre adoubement !

 

 

Cela se déroula un peu plus d’une dizaine d’années après, en plein cœur d’Oroban.

Nous étions tous réunis sur le grand cours public qui séparait en deux les habitations (pas en deux dans le sens où les maisons étaient coupées en deux, mais plutôt en deux dans le sens où vous pouviez trouver des maisons et à gauche et à droite de ce cours).

Ces maisons étaient constituées d’une très belle pierre blanche, connue pour son esthétisme et pour son prix assez conséquent dans la région.

Le cours était lui aussi rythmé par deux rangées de terrains verdoyants semblables à du gazon et accolées à d’autres rangées de pieds d’arbustes. Au sein de chacun de ces terrains verdoyants se trouvait un petit lac miniature où vous pouviez venir y tremper les pieds lors des fortes chaleurs.

C’est dans ce cours où était situé l’essentiel des marchands de la Capitale qui vendaient de tout et n’importe quoi. Il était d’ailleurs rare que quelqu’un reparte sans avoir trouvé ce qu’il était venu chercher.

Mais cet endroit avait aussi une particularité. Comme partout dans la Capitale, vous pouviez trouver un symbole particulier inscrit et il y en avait un d’ailleurs inscrit en grand dans le gazon qui faisait face au pont qui menait lui-même au Château Royal.

Il s’agissait de l’emblème officiel de notre belle cité. Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, cet emblème est constitué d’une étoile dorée inscrite au centre qui est entourée d’une part et d’autre de deux croissants de lune, eux aussi dorés et symétriquement opposés.

Vous pouviez trouver cet emblème dans toute la Cité (sur les drapeaux étendus fièrement un peu partout dans la ville ainsi que sur le somptueux Château qui la surplombait, sur notre monnaie, dans notre architecture…)

Ce symbole était la fierté des Larbosiens et faisait à lui seul l’unité du Royaume.

Enfin bref… Nous étions, avec Dan, Saryn et les autres Chevaliers de l’Ordre réunis au centre de ce terrain verdoyant et attendions avec impatience la suite des évènements.

Nous étions donc répartis par-ci par-là, en train de discuter par groupes dans une ambiance détendue et presque festive. La foule était répartie des deux côtés du cours et semblait attendre un évènement en particulier. Elle était pour la grande partie composée d’habitants de la Capitale et une bonne humeur générale semblait se dégager de celle-ci.

Ces habitants étaient entassés les uns contre les autres malgré l’immensité du cours. Cela s’expliquait par l’enthousiasme des Orobanais et Orobanaises à vouloir être le plus proche possible des héros du peuple, à savoir nous autres Faucons.

Des gardes de la Cité étaient quand même bien répartis devant eux pour leur faire barrage et éviter tout débordement.

Mais en voyant une foule pareille, Saryn et Dan ne pouvaient pas s’empêcher de cacher leur étonnement et souriaient comme s’ils étaient personnellement applaudis et encouragés par les personnes qu’ils s’étaient jurés de protéger.

Nous étions donc entre nous trois et portions alors nos nouveaux et « splendides » uniformes militaires.

Vous pensiez vraiment que j’allais oublier de vous parler de ces tenues ?

Eh bien comme on dit : « toute chose sait arriver à point nommée », même si je me serais bien passé de vous parler de ces uniformes-là…

Pourquoi je semble être autant dans l’embarras, vous demandez-vous sans doute ?

Eh bien tout simplement parce que je trouve que ces uniformes sont laids comme pas possible…

Nous étions donc vêtus de l’équipement « classique » d’un Faucon d’Argent. Nous portions une armure bleu foncé majoritairement, assez lourde et qui recouvrait tout le haut de notre corps, une sorte de plastron qui allait de notre torse jusqu’à notre cou en passant également par les bras et les avant-bras.

Au centre de notre torse et par-dessus l’armure déjà présente se trouvait une sorte de deuxième couche qui se voyait comme une plaque blanche presque ovale.

Encore par-dessus cette plaque se trouvait une autre pièce d’armure qui était rattachée elle-aussi à l’ensemble de notre armure principale de sorte à ne former qu’une seule et même pièce d’armure surprotégée (bonjour l’effort physique que vous deviez faire lorsque vous deviez courir avec ça sur le torse…)

Mais cette dernière pièce d’armure est plus symbolique qu’autre chose en réalité. Il s’agissait d’ailes de faucons dans une teinte de bleu plus clair que le reste de l’armure et qui s’étalaient des deux côtés de cette plaque blanche en-dessous. Sur le coin supérieur de ces ailes, au centre, était représenté un manche d’épée qui semblait indiquer que cette dernière était rangée derrière ces ailes, au cœur de celles-ci, comme si le Faucon pouvait dégainer une épée quand il faisait face au danger.

Cela résumait bien les Faucons d’Argent d’antan. Ils étaient les héros du peuple et étaient amenés à se déployer partout où on avait besoin d’eux. Tels les Faucons qui peuplaient en majorité les terres larbosiennes autrefois, ils avaient une vue d’ensemble du Royaume et étaient prêts à dégainer leurs épées dès qu’un habitant était en danger.

Ces ailes et ce manche d’épée réunis représentaitent donc l’emblème iconique des Faucons d’Argent. Nul doute que vous devez êtes nombreux et nombreuses à le connaître.

Ce plastron à lui-seul était déjà questionnable, puisqu’au-delà du fait d’être iconique, il nous alourdissait et modifiait notre centre de gravité (je vous rappelle que nous nous trimballions trois couches d’armure au niveau de notre torse !)

Mais ce n’était pas le plus drôle…

Nous possédions aussi une sorte de « tunique » en quelque sorte que je trouvais I-MMONDE.

Car en plus d’être ridicule, elle décrédibilisait tous les efforts esthétiques mis dans plastron à elle-seule.

Il s’agissait donc d’une tunique en deux couches séparées qui passaient toutes deux en-dessous de l’armure. La partie marron, la première couche en cuir léger, partait du centre du ventre et recouvrait nos jambes jusqu’à nos genoux, un peu comme une sorte de jupe si vous voulez.

La deuxième couche, celle en tissu qui était blanche et située en-dessous, était visible sur les deux parties des hanches et sur nos jambes et allait jusqu’à s’engouffrer dans nos bottes.

Ces dernières, elles aussi en cuir, étaient renforcées sur les pieds pour mieux les protéger et avait une sorte de « claps » qui permettait d’accrocher le haut de la botte à nos genoux, ce qui offrait à tout notre tibia une solide protection.

Et pour clôturer le tout, nous avions aussi des gants en cuir et possédions chacun une épée faite d’un très bel alliage avec un manche qui reprenait le schéma global de l’emblème des Faucons.

Étrange comme mélange, vous ne trouvez pas ?

Vous connaissez donc l’équipement standard d’un Faucon d’Argent, constitué d’une armure inutilement lourde et d’une tunique qui nous faisait ressembler à des boulangers…

Je peux vous affirmer que porter cela constamment a été le plus difficile à accepter pour moi, mais bon, je m’y suis fait avec le temps…

Danaël et Saryn quant à eux ne semblaient pas plus que ça être gênés par celle-ci, si on oublie le fait qu’on cuisait littéralement dedans lorsqu’il faisait chaud.

Enfin bref… Nous étions donc vêtus de ces magnifiques tenues et discutions de la foule qui nous regardait comme si nous étions des célébrités à leurs yeux.

« Vous avez vu tout ce monde ?! » s’étonna Saryn qui ne semblait pas en revenir.

« Habitues-y-toi vite, car te voilà Faucon d’Argent maintenant ! » prononçai-je avec enthousiasme.

Saryn me prit les deux mains dans les siennes et débita avec une joie si débordante qu’elle m’en fit presque peur :

« Tu te rends compte, Tim ?! On va pouvoir partir en mission tous les trois !! Notre rêve d’enfance va enfin pouvoir se réaliser ! »

La voir dans un état pareil laissa sur mon visage un tendre sourire serein. J’acquiesçai avant qu’elle ne me saute dans les bras pour me serrer très fortement.

Je me rappelle que Dan et moi n’avions pas réussi à la faire redevenir sérieuse, elle était prise d’un tel bonheur qu’elle n’arrivait plus à se canaliser.

Dan trouva cependant quelque peu étrange ma présence en ces lieux et ne put s’empêcher de me poser la question :

« D’ailleurs, en parlant de mission, tu ne devrais pas être en poste dans les rues adjacentes avec les autres Faucons à assurer la sécurité des lieux ? »

Je tournai alors mon regard vers Dan pendant que Saryn me relâchait avant d’émettre en soulevant mes épaules :

« Tu as raison, je devrais. Mais Alghar m’a convié à participer à la cérémonie pour une raison que j’ignore encore. Il n’a pas voulu m’en dire plus… »

Cette information provoqua le doute chez mes deux meilleurs amis et Dan se mit alors à rigoler en prononçant sur le ton du sarcasme :

« Quoi, ne me dit pas qu’il compte faire de toi un Faucon d’Argent une deuxième fois quand même, si ? »

Saryn acquiesça les propos de Dan et rajouta même en tâchant de se rappeler :

« Cela fait quoi ? Un an déjà que tu es devenu Faucon d’Argent ?? Te faire participer à une cérémonie d’adoubement aujourd’hui n’a aucun sens, même venant de mon père… »

Je fermai les yeux et supposai alors en ayant confiance en Alghar :

« Ou bien tout simplement me fait-il une fleur en me laissant assister à la cérémonie la plus importante pour mon Frère et ma meilleure amie ? »

Je me mis soudainement à prendre Dan contre moi et émis avec une joie incommensurable :

« Et dire que j’allais louper cette étape de ta vie, p’tit Frère ! »

Dan se débattit alors d’une façon très comique et enleva rapidement mon bras de ses épaules en me laissant comprendre de manière parfaitement subliminale que j’étais en train de lui foutre la honte devant tout le monde.

Saryn et moi nous mîmes à rire avant que je ne me mette à refroidir l’atmosphère à l’aide d’une simple question :

« Tu crois qu’Ikaël va venir vous féliciter après la cérémonie ? »

Cette question maladroite de ma part parvint entièrement à enlever toute bonne humeur chez le jeune Homme blond qui répliqua avec son sarcasme habituel :

« Hmpf ! Tu parles ! Une fois les formalités terminées, il retournera aussitôt se terrer dans ses quartiers pour continuer sa paperasse… »

« N’en n’attend pas trop de lui, Tim. »

Je regardai longuement mon frère et observai sa colère déjà très grande en lui. Je me sentais à la fois idiot d’avoir posé cette question et à la fois triste qu’une fratrie comme la nôtre se déchire autant de l’intérieur…

Je soupirai sans rien dire avant de déchanter lentement :

« Dan… »

Celui-ci ferma les yeux en tâchant de garder son visage neutre, même si sa colère le rongeait toujours de l’intérieur, puis décida finalement de changer de sujet. Il énonça alors en reprenant un sourire de fierté tout en haussant le ton avec joie :

« Mais ne nous mettons pas à parler de sujets qui fâchent, veux-tu ? »

« Après tout, Saryn et moi sommes devenus des Faucons d’Argent et je compte bien fêter ça jusqu’à l’aube ! »

Il termina enfin en se mettant presque à rire :

« Et ça tombe bien ! Je connais un bar pas trop loin d’ici où on pourra fêter ça dignement !! »

Saryn fut enchantée en entendant cette proposition, tandis que j’avais quand même quelques doutes sur les raisons qui le poussaient à vouloir aller dans un bar…

Voulait-il célébrer leur réussite dans la joie ou préférait-il plutôt noyer sa tristesse dans l’alcool pour oublier ses problèmes avec notre frère ainé ?

Que voulez-vous… Je me suis donc tu sans exprimer mon arrière-pensée et ai simplement hoché la tête, espérant naïvement comme d’habitude que la situation entre ces deux-là finisse par se calmer un jour…

 

 

Et c’est ainsi que se termine ce quatrième chapitre !

Nous l’avions fait ! Nous étions enfin devenus ce pour quoi nous nous étions donnés tant de mal ! Dan et Saryn avaient enfin accompli leur rêve commun et pouvaient enfin marcher sur les traces de leurs pères respectifs.

Mais malgré cette réussite, Dan semblait vraiment souffrir de la situation avec Ikaël. Seulement, il faisait vraiment tout ce qu’il pouvait pour prendre sur lui et étouffer l’affaire sans en parler.

Comme je vous le disais au début de ce chapitre, cela était également très compliqué à vivre pour moi étant donné que je faisais tout mon possible pour que ces deux-là s’entendent… Mais leurs tempéraments étaient juste entièrement opposés sur tous les points et aucun d’eux n’arrivait à faire le premier pas vers l’autre, ce qui n’allait pas arranger les choses pour la suite…

5 commentaires

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  1. @ombre-bleue @grymelie @jadilisa @laulau-jadina @shim-lel @jeanne-shimy

    Encore un grand merci à vous et enjoy
    N’hésitez pas à me faire des retours ^^

  2. Bravo ! Super j’adore !

    • Merciii

  3. Enfin ! Après tout ce temps, j’ai pu me prendre un petit créneau bien confortable pour rattraper mon retard ô combien impardonnable !

    C’est un réel plaisir de pouvoir re-découvrir cette fiction !
    Mais c’est bien plus qu’une simple réécriture, qu’une simple retouche de ta fic’ que tu nous offres là ! C’est le véritable travail d’un orfèvre qui sculpte de nouveau les contours d’une de ses pièces maîtresses.

    Jusqu’ici, c’est une réussite incontestable, ta fiction se bonifie avec le temps !

    • Mooooh non seulement ça me fait plaisir de te revoir mais en plus tu me laisses un de ces commentaires
      Je suis vraiment très touché de voir que l’évolution de ma Fic, que tu as lu deux fois déjà je le rappelle, te plaise toujours autant et que tu trouves qu’elle s’embellit au fur et à mesure du temps.
      Cette fois-ci je compte bien tout faire bien même si ça n’exclut pas le fait que je pourrais y revenir un jour dessus. Comme on dit, une toile n’est jamais vraiment achevée, il y a toujours matière à en faire plus et mieux ^^
      En tous cas je me répète mais merci beaucoup, étant mon premier lecteur en plus ça te fera une sorte d’anniversaire spécial revisité avec mes skills d’aujourd’hui haha
      Encore merci @ombre-bleue et désolé pour le retard du comm x’)