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Entre Amour et Devoir (chapitre 5)

Timeo

Posté par Timeo, le 20 novembre 2021


4 commentaires

Dans ce chapitre, nous découvrons finalement la raison de notre présence en plein cœur d'Oroban. Un personnage très important fera son entrée et nous en serons plus sur la relation tendue entre Ikaël et Danaël.

Réécriture des Légendaires

 

Partie d

 

Bienvenue à vous pour le quatrième chapitre d’ « Entre Amour et Devoir ».

Dans le dernier chapitre, nous nous étions laissés après avoir clôturé la partie sur notre enfance, laissant dernière nous les échos de tranquillité et d’insouciance de notre vie passée.

Je vous avais ensuite raconté que nous avions déménagé à Oroban afin de vivre directement dans le campement principal des Faucons et de pouvoir nous concentrer sur ce qui nous attendait, à savoir un entraînement intensif et rigoureux.

Car, comme je vous l’ai répété à maintes reprises dans la dernière partie, cette philosophie est la chose la plus essentielle que vous devez retenir du dernier chapitre. Même si nous étions restés des êtres humains ordinaires avec les mêmes limites qu’autrefois, nous nous étions mis nous-mêmes dans un entraînement plus rude qu’aucun Faucon de notre génération n’avait expérimenté, nous avions repoussé ces limites en nous perfectionnant jour après jour.

DarkHell était pour Dan et moi un objectif à atteindre, une peur à dépasser, une colère à canaliser…

Mais cet entraînement intensif porta ses fruits plus tôt que nous ne le serions imaginé. J’étais devenu un Faucon d’Argent en un temps record et Saryn et Dan ne tardèrent pas à me rejoindre dans ce qu’on appela par la suite la « génération prodige ».

Et nous nous étions enfin arrêtés là, avec ce fameux rite de passage qui allait faire d’eux les héros de leur enfance.

Néanmoins, cette nouvelle vie d’héros allait être plus éphémère que vous ne le pensez…

 

Un bruit retentit très soudainement, laissant tout le monde sans voix.

Dan, Saryn et moi pûmes distinguer sur le coup des cornes soufflant un hymne royal. Vous savez, ces sortes d’instruments à vent faits avec des cornes d’animaux ?

Ces cornes étaient accompagnées sur le rythme par des trompettistes jouant sur une note plus aiguë.

Les première notes furent jouées, annonçant comme une venue presque divine. Et avant de les entendre plus clairement, tout le monde se retourna par instinct vers les portes du Château, par-delà le pont qui y menait.

Les habitant.e.s ne purent s’empêcher de cacher leur joie quand iels comprirent la signification de ces notes jouées de pair.

Les gardes ainsi que les gardes royaux de la Capitale s’activèrent en resserrant les rangs et en montrant leur fermeté pour éviter que l’euphorie générale ne se transforme en débordement général.

Nous autres Faucons d’Argent savions également ce que cela signifiait et nous regroupâmes tous au centre de la place verdoyante en nous mettant aussitôt en rang.

Les vétérans et les plus anciens se répartirent eux tout autour de la zone, pour former une sorte de barrière défensive et symbolique pendant que les cadets, ceux qui venaient tout juste d’être promu Faucons d’Argent comme Dan et Saryn, se mirent sur une file horizontale face au Château en se positionnant droits comme des piquets.

Les acclamations prirent de l’ampleur, les cris de joie s’amplifièrent avant de perdre toute clarté, se transformant peu à peu en brouhaha sans nom.

Les gardes royaux restèrent droits dans leurs bottes, gardant leur expression dure comme fer.

Les grandes portes métalliques s’ouvrirent alors, laissant apparaître au loin quelque chose approcher, quelque chose de grand.

Plus ce « quelque chose » se rapprochait, plus les notes devinrent nettes et saisissantes. Elles furent entrecoupées par les tambours qui résonnaient sous forme de cycle, laissant toujours la place aux majestueux cornes qui menaient la danse du tempo.

Tout le monde put apercevoir enfin le char royal avancer lentement mais fièrement sous les acclamations de la foule, qui ne tenait plus en place.

Je vous avais dit de manière quelque peu sous-entendue dans la dernière partie que l’unité du Royaume était forte, eh bien une journée comme celle-ci pouvait aisément à elle-seule le prouver.

La cérémonie d’adoubement est une journée nationale qui se déroule une fois tous les ans, une fois les examens menés au sein-même de l’Ordre des Faucons d’Argent clôturés et les préparatifs terminés. Cette journée-là aussi était un symbole fort du Pays, tout comme sa monnaie, montrant à la fois la puissance militaire de celui-ci mais également son attachement envers ses héros.

Le peuple ne manquait cette journée pour rien au monde et celle-ci parvenait à apaiser les tensions du peuple.

Mais assez parlé de ça, passons à la suite du déroulement de la cérémonie.

Saryn, Dan et moi pûmes apercevoir sans surprise que le Roi Larbosa en personne se trouvait sur un trône, lui-même installé bien au centre du char et étant bien décoré par de nombreuses fleurs et autres somptueuses plantes.

Le Char possédait une sorte de drap en laine rouge qui venait l’habiller avec des ornements en or pur. Des sortes de rideaux de couleur vert asperge protégeaient le Roi des rayons du Soleil et donnait une touche plus « orientale » à cet engin à roulettes qui était, ma foi, impressionnant, même si c’était pour moi un peu too much.

Nous pûmes apercevoir également sur les côtés du char Ikaël et Alghar en train de monter la garde. Ils étaient en fait en train d’escorter le Roi en personne jusqu’au lieu où la cérémonie devait commencer : à savoir le terrain verdoyant où nous nous trouvions.

Ikaël avait un peu vieilli et un peu grandi également. Il faut dire qu’il était déjà grand à l’époque où nous autres étions aussi haut que trois pommes. Son visage affichait un sourire et une bonne humeur semblait se dégager de lui, mais son expression semblait rester de glace…

Alghar quant à lui affichait une mine rayonnante et assurée. Il n’avait pas trop changé physiquement, même si lui aussi avait pris un bon coup de vieux. Sa chevelure avait perdu sa couleur marron pour prendre un variant allant du gris foncé au gris clair.

Maintenant que j’y pense, c’est vrai que nous avions tous pris un sacré coup de vieux quand on se compare à ce à quoi nous ressemblions avant.

Même entre Saryn, Dan et moi, nous n’avions pas fait attention à quel point nous avions grandi physiquement parlant. Et encore, j’étais celui de nous trois qui avait le moins changé !

J’avais certes pris une grande poussée de croissance mais mes traits de visage restèrent similaires et ma coupe aussi, enfin je suppose…

Saryn elle avait plutôt bien grandi aussi mais ses cheveux avaient poussé encore plus vite qu’elle ! Je me rappelle encore la voir avec ses mèches jusqu’au niveau du bassin.

Mais Dan aussi s’était vu avoir une incroyable poussée capillaire. Ses longues mèches blondes arrivaient maintenant jusqu’au niveau de ses épaules.

Enfin bref. Nous trois, ainsi que tous les Faucons cadets qui étaient avec nous en ligne, enfilâmes nos casques et nous agenouillâmes en plantant notre épée dans la terre devant nous en attendant que le char arrive.

Celui-ci franchit enfin le pont et s’arrêta alors devant le gazon.

Alghar et Ikaël descendirent en premier avant que le Roi ne suive leurs pas. Il marchait fièrement, la tête haute avec une expression ne laissant rien transparaître quant à ce qu’il pensait. C’est drôle dans un sens, mais plus le temps passait, plus Ikaël lui ressemblait.

Leur premier point commun était déjà leur couleur de cheveux. Larbosa aussi était roux, mais ses cheveux à lui tiraient tout de même beaucoup plus sur le châtain. Tous deux étaient sérieux au point de nous questionner s’ils savaient rire de temps en temps. Ils étaient également tous deux grands et imposaient une certaine carrure dans leur posture.

Vêtu d’une robe royale rouge incarnat et d’une cape rouge cardinal à bords dorés, Larbosa avançait à pas régulier avec son sceptre de monarque. Lorsqu’il s’avança à la lumière du jour, le reflet du Soleil illumina les nombreux joyaux qui parcouraient ce sceptre que l’on surnommait « le sceptre de cristal », tellement il brillait dans la lumière.

Il fixait avec son air inébranlable nous autres cadets qui avions penché nos têtes vers le sol en guise de prosternation.

Sa couronne également ornée de joyaux étincelants, son col surélevé et masquant son visage aux traits creusés et fermes lui donnaient bien plus qu’une apparence de monarque, on aurait presque pu le prendre pour un sage.

Il marchait vers nous, alors que la foule s’écriait avec fanatisme tout leur amour pour leur Souverain, avant qu’il ne s’arrête enfin et marque une pause.

Il leva une main comme pour réclamer le silence, ce qui eut aussitôt l’effet désiré. Entendant maintenant et clairement le chant des oiseaux adoucir ses tympans, il prononça avec une voix portante :

« Mes très chers sujets ! Aujourd’hui, nous nous réunissons comme chaque année afin de célébrer une nouvelle ère ! »

« Une nouvelle ère symbole de paix, symbole de sécurité, mais aussi une nouvelle ère de prospérité ! »

Suite à ces mots forts de sens, la foule se mit à s’exclamer haut et fort en allant même jusqu’à s’époumoner.

Le Roi sentit qu’il avait le vent en poupe et fut pris d’un sentiment de fierté à l’encontre de son peuple. Il ne s’arrêta donc pas en si bon chemin et rajouta en haussant la voix :

« Depuis la nuit des temps, les Faucons d’Argent ont veillé sur chacun et chacune d’entre nous ! Ils ont guetté, tels les Faucons majestueux qui peuplaient autrefois notre région, chassant avec ardeur et adresse tous nos ennemis hors de nos terres sacrées ! »

Là encore, l’élan de joie mêlé à l’excitation et à la reconnaissance des habitant.e.s d’Oroban monta d’un cran et on pouvait distinctement entendre dans la foule :

« Ouais !! Vive les Faucons d’Argent !! »

« Gloire aux héros de Larbos !!! »

« Vous êtes géniaux !! »

Le Roi leva une nouvelle fois la main, et le silence revînt progressivement. Il reprit de nouveau en observant les montagnes autour de lui :

« Mais, tout comme ses majestueuses créatures, il est temps que la relève prenne le relais et déploie ses propres ailes ! »

Il se tourna ensuite vers nous et s’approcha un peu plus. Il prit le temps de nous regarder l’un après l’autre et tâcha de s’imprégner de chaque visage avant de continuer son discours :

« Après deux longues années passées à travailler dur, à repousser vos limites, serez-vous capables de faire honneur à vos ainés ?? »

Tous en cœur, tous les cadets articulèrent avec une voix assurée :

« Oui, votre Majesté ! »

Le Roi se mit alors à marcher parallèlement à la ligne que nous avions faite en nous positionnant ainsi, tout en répliquant avec force :

« Serez-vous capables de faire honneur à votre devise en devenant l’épée de la Justice ?? »

Une nouvelle fois, nous nous exclamâmes d’une seule et même voix :

« Oui, votre Majesté ! »

Le Roi termina enfin de marcher et haussa encore plus le ton en posant sa toute dernière question :

« Serez-vous capables de vous dresser contre tous les dangers qui menaceront votre peuple, ainsi que son Souverain ?? »

Là encore, et cette fois-ci avec encore plus de panache, nous nous écriâmes plus fort que la fois précédente :

« Oui, votre Majesté !! »

« Bien ! » se rassura le Roi.

Mais tout à coup, quelque chose sembla le surprendre et son regard fut attiré sur un détail en particulier. Il observa avec attention Danaël, Saryn et moi et se rappela qu’on lui avait fait part de notre présence à cette cérémonie-ci.

Il lâcha brièvement un léger sourire et tourna alors légèrement sa tête en direction d’Ikaël pour découvrir que lui aussi nous regardait avec un regard quelque peu tendu.

Larbosa termina alors son discours en prononçant simplement sur un ton neutre :

« Commandant Ikaël. Je vous laisse la suite. »

Ikaël remercia d’un geste du visage son Souverain, toussa rapidement puis déclama en haussant le ton :

« Nous vous avons sollicité sur cette journée afin de marquer officiellement votre intégration chez les Faucons d’Argent ! »

« Si vous êtes présents aujourd’hui, c’est non seulement parce que vous avez réussi les examens d’admission, mais aussi parce que le Commandant en Second et moi-même avons décelé quelque chose de spécial en vous ! »

« Cette capacité à affronter les obstacles la tête haute en restant droit dans ses bottes, cette capacité dont vous avez tous et toutes fait preuve lors de vos examens, c’est ce qui nous a démontrer que vous étiez dignes de rejoindre nos rangs. »

Il ajouta en affichant un visage des plus sérieux :

« Mais ne croyez pas que tout va devenir plus facile maintenant, bien au contraire ! »

« Ces examens pour lesquels vous vous êtes préparé.e.s physiquement et psychologiquement ne sont qu’un doux avant-goût de ce qui vous attend dorénavant, et comme notre cher Roi l’a si bien dit, ce n’est pas seulement sa confiance dont vous bénéficiez, mais également celle de vos aînés qui reposent aujourd’hui sur vos épaules… »

Il termina sur un fait qui avait de quoi vous faire frissonner de peur :

« C’est aussi la confiance de chaque habitant et chaque habitante de ce Royaume ! Celle de vos aïeux ainsi que celle de ceux de vos camarades qui ont tous donné leur vie afin de faire de ce Royaume un endroit sûr pour tous et toutes ! »

« Et enfin, et celle-ci est l’une des plus importante, la confiance de toutes les générations qui nous succéderont à notre mort repose désormais sur vos épaules. »

Ikaël laissa un blanc suite à ça et aucun son ne vint perturber le silence de mort qui régnait alors. Vous vous demandez sûrement à quoi notre frère jouait en nous mettant une pression aussi élevée de la sorte ?

Même si sa méthode est questionnable, il est vrai qu’il ne fallait surtout pas que nous nous disions que tout était acquis et accompli, jamais. Une telle erreur pourrait non seulement vous coûter la vie mais également de nombreuses autres…

C’était d’ailleurs un des proverbes les plus importantes de l’Ordre : « Le pire ennemi du Faucon est son propre orgueil. »

Quoi qu’il en soit, ce qui a été dit a été dit et Ikaël préféra largement que nous gardions cette peur d’échouer en nous plutôt que de nous voir nous reposer sur nos lauriers. Il leva donc encore d’un ton, dans cet objectif de nous secouer, et posa une ultime question :

« Aurez-vous le courage d’assumer un tel fardeau sur vos épaules ??! »

Mais aucun Faucon cadet ne bougea le petit doigt et tous et toutes restèrent dans leur position sans en bouger, même si certains avaient sûrement dû avoir le stress le plus intense de leur vie.

Tous en même temps nous répondirent avec plus d’entrain et d’enthousiasme que jamais :

« Oui, mon commandant !! »

Ikaël et Alghar furent ravis d’entendre ça, tout comme le Roi d’ailleurs. Ikaël s’approcha alors de nous et commença à adouber un à un les cadets en prononçant à chacun un petit discours personnalisé et en leur donnant une petite tape à l’épaule pour les féliciter.

Puis arriva finalement notre tour à Dan, Saryn et moi. J’étais toujours très curieux de savoir ce que je faisais ici étant donné que j’étais déjà passé par-là l’année précédente mais le suspens allait s’arrêter ici. Ikaël s’approcha enfin de moi et pouvait difficilement cacher sa fierté.

En le voyant s’approcher de moi, un habitant demanda à sa compagne en nous regardant Dan et moi :

« Dis, ces deux-là… Ce ne serait pas par hasard les deux frères cadets du Commandant en Chef ? »

Sa compagne hocha la tête et lui répondit avec entrain :

« Ce sont bien eux. Et il y a aussi la fille du Commandant en Second ! Ce qu’elle est belle… »

Ikaël se positionna juste devant moi et s’apprêta enfin à parler. Un bref sourire s’entrevit sur le visage de l’homme roux avant qu’il ne s’exprime de manière officielle pour ne pas prendre un air trop familier avec moi :

« Lieutenant Timéo, vous devez sans doute vous demandez pourquoi votre présence a été sollicité à cette cérémonie que vous avez déjà faite par le passé, n’est-ce pas ? »

« Oui mon commandant ! » répondis-je avec impatience.

Celui-ci me confia alors avec la plus grande des joies :

« Eh bien ne vous faisons pas attendre plus longtemps. »

Il fit un signe à Alghar qui s’approcha en ouvrant une jolie petite boite en cuir noir. Notre frère aîné en sortit alors une splendide médaille dorée avec un ruban vert en tissu que je m’empressai d’observer d’un œil attentif et… Dubitatif.

Quelle était cette médaille et pourquoi me décorait-on ? J’étais un peu perdu à ce moment-là et affichai un visage assez particulier mêlant surprise et doute.

Ikaël sentit que j’étais déstabilisé et s’empressa enfin de m’en donner la raison :

« Cette médaille symbolise toutes les prouesses que vous avez accomplies depuis vos classes, l’année passée. Car en plus d’être le plus jeune diplômé de l’histoire de l’Ordre des Faucons d’Argent, vous êtes également parvenu à solidifier les liens qui unissent le Royaume de Larbos avec celui d’Orchidia en sauvant la Princesse de ce même Royaume. »

Certaines personnes aux alentours, dont Dan et Saryn, furent surpris d’apprendre cela et affichèrent un visage stupéfait.

J’avais maintenant la pression d’avoir une bonne demi-douzaine de personnes épatées qui me scrutaient comme si j’étais un extraterrestre et cela était fort gênant à accepter.

Ikaël termina en beauté en annonçant avec une fierté et professionnelle, et fraternelle :

« Je vous remets donc cette médaille dûment méritée avec les félicitations directes de notre Roi ainsi que de la Reine d’Orchidia. Je vous informe aussi que le Commandant en Second et moi-même avons décidé, après avoir analysé vos rapports de missions, de vous promouvoir Colonel. Cette promotion prend effet à partir de cet instant. »

Je n’en revenais pas, et il semblait que je n’étais pas le seul… Dan et Saryn étaient réellement impressionnés eux aussi d’apprendre tout ce que j’avais fait, et cela était tout aussi bien le cas pour les autres Faucons ainsi que le public qui se tenait en retrait.

Ce dernier se mit unanimement à m’applaudir et à me féliciter en s’exclamant de joie et en sifflant comme on applaudirait un super-héros.

Je regardai étrangement Ikaël, déboussolé, avant de tourner mon regard vers Alghar qui me répondit par un sourire assuré tout en mettant en évidence ses deux pouces pour me féliciter.

Je me mis alors à rougir avec maladresse, sans savoir comment réagir à cette nouvelle, avant de finalement décider de me remettre dans ma position initiale de prosternement tout en bégayant maladroitement :

« Je… C’est un immense honneur que vous me faites, mon Commandant ! »

Ikaël lâcha un bref sourire, m’accrocha la médaille sur l’épaule et me mit une tape sur celle-ci pour me féliciter à son tour puis passa enfin à Saryn.

Celle-ci attendait ce moment depuis tellement longtemps… Tellement de temps passé à s’entraîner sans relâche… Tellement de temps passé à essuyer ses larmes de frustration et de colère tout en continuant malgré tout de s’accrocher à ses rêves…

Pour elle, cette cérémonie était un peu le moment où tous ses efforts portaient ses fruits et qu’on la voyait enfin pour ce qu’elle était vraiment, et non pas ce que son sexe faisait d’elle aux yeux de tous.

Cette cérémonie était donc, vous l’aurez compris je pense, la chose la plus importante de sa vie. Elle s’était battue bec et ongles afin non seulement d’accomplir son rêve de petite fille, mais elle voulait également faire évoluer les mentalités, devenir une personne influente dans le but de pouvoir changer les règles qui cantonnaient les petites filles comme elle dans une case dès la naissance…

Même sa réussite chez les Faucons avait soulevé des questions indélicates mais pourtant d’actualité dans le Royaume. Une femme peut-elle devenir militaire ? Assumer un titre aussi noble que celui de Chevalier ?

De nombreuses personnes marquèrent leur profond désaccord avec le choix d’Ikaël d’accepter Saryn chez les Faucons, et certains faisaient même parti de cet Ordre, ce qui était plus écœurant encore…

Mais Ikaël s’était une fois de plus fié à son instinct : accepter une personne capable d’afficher des résultats figurant parmi les meilleurs depuis des générations, que ce soit aux épreuves théoriques comme aux épreuves physiques, était le choix le plus facile qu’il eut à prendre.

Pour tout vous dire, ces mêmes Faucons d’Argent avaient préféré déserter l’Ordre plutôt que d’accepter une femme comme compagnon d’armes, ce qui n’avait au final pas déranger notre frère aîné plus que ça (ni moi d’ailleurs !)

Enfin bref, Ikaël s’approcha de Saryn qui ferma les yeux en pointant sa tête vers le sol pour rester dans une posture grâcieuse. Notre frère ne fut pas surpris qu’elle soit à cheval sur les protocoles étant donné qu’elle voulait se montrait irréprochable dans son attitude.

Il prononça enfin après un bref instant passé à chercher ses mots :

« Cadette Saryn. Je dois admettre que votre parcours depuis le début de vos classes nous a énormément impressionné, le Commandant en Second et moi. »

Il renchérit en ajoutant de plus belle :

« Vos résultats, votre persévérance ainsi que votre résilience face aux critiques dont vous avez fait l’objet nous ont démontrés que votre capacité d’adaptation surpassait largement tout ce qui était demandé dans les examens de sélection ! »

Il posa alors le bout de son épée sur son épaule puis prononça avec une grande estime pour son travail acharné :

« C’est donc en ma qualité de Commandant en Chef des Faucons d’Argent que je fais de vous aujourd’hui l’une des nôtres. Puissiez-vous faire honneur à vos camarades ainsi qu’à votre devoir envers votre peuple. »

Celle-ci trembla des lèvres, ayant une forte envie de pleurer, mais parvint à se retenir en déclamant haut et fort :

« Merci, mon Commandant ! »

Une grosse partie de la foule se réjouit de cette décision et cela se fit entendre sans aucun mal dans la masse de personnes entassées.

Saryn était une personne très appréciée du public étant donné le symbole qu’elle représentait pour lui. Selon la plupart, elle était le symbole de l’espoir et de l’égalité. Pour d’autres, elle n’était qu’une petite fille inconsciente du danger et seulement pistonnée par son père du fait de sa position dans l’Ordre…

Ikaël passa enfin à la dernière personne en bout de fil, à savoir Danaël.

Ce dernier, tout comme Saryn, était rigoureux sur les protocoles et gardait une attitude irréprochable, ce qui parut sur le coup louche au Commandant.

L’espace de quelques instants, il hésita à dire quelque chose. Il se retenait du plus profond de lui-même pour ne pas devenir familier avec lui mais ne mourrait d’envie que d’une chose : le prendre dans ses bras pour le féliciter chaleureusement d’avoir réussi.

Une brève prise de conscience frappa son esprit et lui fit se rendre compte que ses deux frères étaient en train de devenir de vrais adultes et qu’il ne s’en était jamais rendu compte. Il nous revoyait encore à l’époque où nous jouions dans la cour de notre Domaine familial à des jeux d’enfants sans se soucier d’autre chose.

Larbosa sentit que ce moment devait être compliqué pour lui et sut parfaitement que son amour fraternel était sa seule et unique faiblesse, mais il n’était pour lui rien de plus normal à ce que cette attache soit si forte, surtout suite à la perte d’un proche.

Cette prise de conscience lui donna un peu le vertige mais vous connaissez suffisamment Ikaël maintenant, pas vrai ? Son sérieux masqua ses autres émotions et il se reprit en énonçant enfin :

« Cadet Danaël. Tout comme la cadette Saryn, vos résultats figurent parmi les meilleurs des meilleurs et nous avons pu voir au-travers de votre parcours votre capacité à mobiliser les autres cadets. »

Il expliqua plus en détails ce qu’il pensait et poursuivit :

« Certaines mauvaises langues affirmeront que vous avez hérité cela de votre père, mais le Commandant en Second et moi-même avons pu discerner une qualité unique de meneur d’hommes en vous. »

« En plus de cela, vous avez également fait preuve d’une autre qualité très recherchée chez un Faucon d’Argent : la noblesse d’esprit. »

« Cette vertu qui vous pousse à faire passer les autres avant vous est une force qui fait la renommée de l’Ordre, et même si votre fâcheuse tendance à désobéir parfois aux règles fait une drôle de symétrie, vous avez su vous montrer fidèle envers vos frères d’arme, ainsi qu’à notre Roi et le peuple de Larbos ! »

Il termina alors son discours en plaçant son épée sur l’épaule de l’homme blond en décrétant solennellement :

« En ma qualité de Commandant en Chef des Faucons d’Argent, je vous nomme donc aujourd’hui Capitaine ! Puissiez-vous faire honneur au peuple que vous avez juré de protéger jusqu’à votre dernier souffle ! »

Dan aussi fut quelque peu inhabitué d’entendre son frère l’appeler par le pronom « vous » mais contrairement à lui, il n’affichait aucune surprise dans sa posture et continua de rester impassible.

Je pense avoir été le seul à deviner que ce « vouvoiement » l’a plus ébranlé qu’il ne voulait bien l’admettre, et je décelai de la souffrance derrière son calme presque parfait.

Saryn, elle, n’y vit que du feu et pensait à tort que le discours d’Ikaël lui avait fait chaud au cœur, ce qui était très loin d’être le cas, j’en ai peur…

Dan affirma alors en tâchant de prendre un air presque aussi froid qu’Ikaël avait l’habitude d’avoir et le remercia formellement :

« Merci, Commandant. »

 

 

Et c’est ainsi que se termine cette cinquième partie d’ « Entre Amour et Devoir ».

Je pense que vous avez pu avoir un bon aperçu de la relation qui liait dorénavant Ikaël et Dan, une relation qui même sur le plan diplomatique serait vouée à couler…

Je me battais pourtant bec et ongle pour essayer de rabibocher ces deux-là et faisait tout ce qui était possible de faire pour calmer les tensions, mais mes interventions ne se résumaient maintenant plus qu’à ça…

Vous devez aussi vous poser la question de ce qu’il s’est passé avec la Princesse d’Orchidia qui, comme je l’ai signalé au début, n’est autre que Jadina ?

Eh bien il s’agit là aussi d’une autre histoire qui viendra à un autre moment.

Enfin bref, cette journée a marqué l’entrée officielle de Saryn et Dan dans l’Ordre des Faucons d’Argent et nous allions enfin effectuer nos premières missions ensembles, mais la suite n’allait pas être aussi joyeuse que vous ne l’espérez, sachez-le…

4 commentaires

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  1. Cest génial ! Ton style m’avais manqué ! Hâte de voir l’entrée de Jadinaaa

    • Mooohh merci beaucoup Jadilisa
      J’ai hâte de vous la présenter comme il se doit aussi !

  2. Je viens de découvrir et j’adore ! Je regrette que les faucons d’argents n’aient pas été plus développé dans la série… Heureusement que les legenfans et toi êtes la pour rattraper ça 😉