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OS – Before you go – sad ?

GameraPower

Posté par GameraPower, le 30 juin 2020


8 commentaires

La couronne est un lourd fardeau qui refuse les larmes. Mais la mort d'une fille n'a pas d'égal et tous les souvenirs sont douloureux. Il est peut être temps d'ouvrir les yeux. (Adeyrid, après la mort de Jadina.)

Tim tam toum ! Avant de commencer, une petite chanson que vous connaissez sans doute :                             3:39 En cours de lecture À regarder plus tard À regarder plus tard Ajouter à la file d’attente Ajouter à la file d’attente                

Comme vous vous en doutez, elle a donné le titre de cet Os et je vous propose de l’écouter en lisant. Bonne lecture, sur ce !

Une jeune femme blonde observe avec bienveillance une jeune enfant brune qui tournoie dans un jardin. La fillette rit aux éclats, ses orbes émeraudes fixées sur le ciel d’un bleu éclatant, sa robe vaporeuse entraînée par le vent d’un après-midi d’été. Elle offre son sourire aux oiseaux qui volent gracieusement entre les nuages blancs, ses petits pieds dansant légèrement dans l’herbe humide, esquissant des pas gracieux qui entraînent la petite à la découverte de son environnement doré sous le soleil rayonnant. Elle finit par se laisser tomber sur le sol en souriant au monde, ses lèvres vermeilles en croissant de lune illuminant son visage angélique.

Une reine ne pleure pas ni ne ressent la tristesse. Ses mots si vides de sens qu’on lui avait servi si souvent lors de ses chagrins d’enfance et ses déceptions puériles. Tellement faciles à prononcer mais infaisable en réalité. Pas besoin de pleurs pour s’exprimer lorsque l’on tombe aussi bas, lorsque la peine est si forte qu’elle vous coupe le souffle et si omniprésente que vos mots ne sont plus que sanglots. Ce n’est plus de la tristesse car cet extrême ne porte de nom que douleur, une douleur incurable provenant de la plus profonde des blessures. Elle ne cicatrise pas. Cette blessure s’estompe au fil du temps et s’éclaircit sous le baume de la mélancolie. Mais elle suit l’être jusqu’à la fin, comme une marque au fer rouge qui refuse l’oubli de l’arme qui l’a causée. Cette arme, si puissante, n’est pas de fer ou d’acier, mais d’ombre et de souvenirs refroidis dans les larmes de coupables inconnus qui ne sont que des pions si fragiles et si frêles. Elle frappe, imprévisible, et fauche sans distinction, coupant les ailes aux manants comme aux souverains. Et le trône ne sert de refuge mais de piédestal pour une joie fossile, faite de pierre et de mensonges car la couronne pèse bien lourd et n’accepte pas les pleurs.

La fillette a à présent grandi et à sa place se tient une jeune fille, qui serait si belle sans l’expression mélancolique de son visage. Son sourire solaire est remplacé par une moue triste, et des yeux baissés vers le sol témoignent des déceptions accumulées aux fil des ans. Sa silhouette insouciante s’est relevée et durcie, ses danses remplacées par un port altier et immobile, elle est murée dans la solitude. Sa vie est fade, insipide. On ne juge pas utile de lui donner l’amour que mérite chacun, estimant que le pouvoir suffit à combler le vide laissé par l’affection qu’elle aurait du recevoir. La même femme blonde se tient derrière elle. Les traits tirés, ses cheveux d’or ternis et mats sous la lumière froide. Son expression traduit sa lassitude et son impatience de se retirer. 

« -Tu souhaitais me poser une question, ma fille ? »

Son ton est plat et ne traduit aucune émotion. La même froideur insipide se dégage de la femme et de ses propos.

La jeune fille, le dos tourné à son interlocutrice, prend la parole d’une voix altérée, comme réprimée. Le ton enflammé dont elle use habituellement est brusquement tranchant comme la glace, remplacé soudainement comme un enthousiasme douché par l’orage.

« -Mère…répondez-moi franchement. M’aimez vous ? »

La femme adulte tressaillit imperceptiblement et hausse ses sourcils parfaitement dessinés.

« -Jadina, cette question n’a pas lieu d’être et je ne suis aucunement tenue à te répondre. 

-Répondez ou ne le faites pas, la chose me semble claire. Vous ne m’aimez pas, n’est-ce pas ?

-…Je n’ai pas à le faire. Je n’ai pas à t’aimer. Pourquoi s’embarrasser des choses inutiles ? Aimer ne fait que tout compliquer. 

-Vous m’aviez appris à ne pas suivre la voie de la facilité.

-Je n’ai pas à justifier mes actes ou mes paroles et les choses sont comme elles sont. J’estime à présent que la discussion est close.

-Est-ce un adieu ?

-Devrait-il en être ainsi ? Il n’y a jamais vraiment d’Adieu. Au revoir, donc, si tel te convient mieux.

-…Adieu, mère. »

La jeune femme tourne les talons la première, ignorant le regard lourd et scrutateur de sa mère pesant sur elle.

Quand il est trop tard, les regrets ne servent de rien. On ne peut compter sur les pleurs pour les noyer. Il faut savoir s’en défaire, pour les laisser s’évaporer dans la brise parfumée d’une aube de promesses, serment de renouveau et d’apaisement. L’or royal ternira son éclat le temps qu’il faudra au deuil pour prendre son essor, car telles doivent être les choses.

So, before you go

Alors, avant que tu ne partes

Was there something I could’ve said to make your heart beat better? 

Y avait-il quelque chose que j’aurais pu dire pour que ton coeur batte mieux ?

Voili, voilou… Je ne suis pas pleinement satisfaite de ce petit Os, mais le mieux et l’ennemi du bien et je ne veux surtout pas alourdir ce petit texte. N’hésitez pas à me donner votre avis !

8 commentaires

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  1. Moi j’ai trouvé que ton texte était triste et émouvant, avec un pointe de mélancolie je crois.

    • Je suis ravie qu’il te plaise, merci !

  2. C’est juste magnifique ! Ton texte est vraiment beau et touchant ! Bravo, tu peux en être fière !

    • Merci beaucoup à toi ! Je suis contente qu’il soit à ton goût ^^

  3. Un OS qui décrit à merveille la difficile relation entre Jadina et sa mère. Comme quoi, les gens de la haute société ne connaissent pas le vrai bonheur, surtout les plus embobinés.
    C’était remarquablement triste et poétique. Un immense bravo à toi !

    • Et un énorme merci à toi pour ton avis si positif !

  4. Adeyrid me fait de la peine , finalement elle n’a pas su être la mère que Jadina méritait et elle ne s’en rend compte que trop tard !

    • C’est en effet ça que j’ai voulu décrire…c’est donc clair ! Merci !