(Petite dédicace spéciale à ShimyandLionfeu, qui, je le sais, est folle de ce personnage)
Notez que ce n’est PAS une participation à je ne sais quel concours, j’ai juste eu envie de la faire…
À la base, c’était la surprise de ShimyandLiofeu, mais je me suis dit « pas assez top pour en faire un cadeau ». Je la poste quand même, en attendant ET le chapitre suivant de Génération Mortelle, ET le cadeau de Shi’lionfeu.
Non, désolée, ce n’est pas une fanfic douce et joyeuse (pas mon truc), comme l’indique le titre.
D’ailleurs, AVERTISSEMENT : déconseillé aux personnes sensibles. Mention de combats assez violents et de morts.
Bonne lecture à ceux qui lisent quand même !
C’est une nuit d’orage, dans un manoir sombre et lugubre.
Dans l’aile nord, tout au fond d’un mince couloir de pierre mal éclairé, on peut trouver une pièce, aussi froide et noire que le reste du bâtiment. D’étranges lumières bleues y crépitent, l’ambiance est tendue, presque…électrique.
Lorsqu’on entre, on constate une sorte de cellule.
Une silhouette y est enchaînée, elle a les yeux fermés et les dents serrées.
Elle dort.
Elle s’agite dans son sommeil. Elle murmure des bribes de son cauchemar et de la sueur roule le long de ses tempes. Les rayons bleu vif qui s’échappent de son corps deviennent de plus en plus intenses
En s’approchant, on peut voir la couleur de ses cheveux, d’un bleu turquoise pur et vrai, attachés en une queue de cheval.
Cette jeune fille est très importante au sein de la communauté.
Elle a même un nom.
On l’appelle Fleur de Foudre.
***
Les combats font rages dans une plaine autrefois verte. Les nuages sont gris.
Des guerriers en armure blanche et or fondent sur mon petit groupe. Ils sont tous focalisés sur notre compagnon à l’épée divine ; c’est lui qu’ils veulent.
Je le vois attaquer. Je vois cette femme arrogante à-moitié faite de pierre s’approcher et lui crier quelque chose, mais je n’entends pas correctement. Tout ce que je peux dire, c’est elle se replie et part en direction de la vallée.
Je vois aussi l’elfe invoquer le feu. Ridicule. Je peux faire bien mieux.
Suite à cette réflexion, je me précipite dans la mêlée. J’en abats un. Deux. Trois. Sept. Onze. Quinze.
Je sens un courant d’air frôler ma nuque et me retourne. Une de ces vermines à casque blanc a réussi à passer derrière moi. J’m’en vais l’envoyer en enfer, celui-là !
Mais au moment où mon éclair l’atteint et le projette au loin, une pensée me traverse : pourquoi ai-je fait ça ?Je tourne mon regard autour de moi. Des centaines de corps entassés, tous en armure.
— J’ai tué des gens.
Je ne m’attendais pas à dire ça à voix haute. De toute façon, personne ne m’entend, le vacarme des lances et des cris est trop bruyant pour cela. Sans le remarquer, je me retrouve plusieurs mètres derrière mes camarades.
Mais j’ai tué des gens. Des soldats, certes, et pour protéger la vie, mais n’empêche. J’ai tué des gens.
« Allons, petite…ne t’arrête pas, poursuis donc. Cesse d’hésiter et regarde tes compagnons se défendre. Suis-les, fais comme eux. »
Cette voix, sinistre et pressante, je la connais. Et je la déteste. Elle m’a possédée il y a des années, et depuis, m’emplit la tête de ses pensées lugubres et impératives.
Je crois que c’est elle qui me pousse à toutes ces actions.
« Crois-tu ? siffle de nouveau la voix. Mais enfin, ma petite, tu la connais, la vérité…»
Je vois toujours, au loin, mes compagnons trancher l’ennemi. Ça me fait horreur. Je me rends compte de ce que j’ai fait. Et ça me donne la nausée.
Depuis longtemps mon corps était ailleurs. Je viens de le récupérer et je vois ce que je suis devenue. Une guerrière cruelle et sans âme.
— Depuis combien de temps ? j’articule.
« Veux-tu vraiment savoir ? se moque le démon.
—…
Et puis, ça me revient. Les actions. Ce groupe…Ultima. Ma rancœur est immense et très intense. Je veux les tuer. Je veux qu’ils disparaissent. Oui. Et je sais exactement comment procéder.
À nouveau, enragée, je me jette vers la bataille que j’ai quitté un instant plus tôt. J’aperçois le grand jaguarian et ses deux spectres. J’ai soif de vengeance. D’un seul éclair, il tombe et ne se relève plus. Tant mieux.
Au tour du vieil hybride. Zapp !! Plus qu’un tas de cendres.
Ces victoires me ragaillardissent. Je veux la mort. Je veux LEUR mort, à tous ceux qui m’ont privée de ma vie.
Les combats continuent, font rage. L’ordre des chevaliers continue de frapper et mettent mes ennemis en difficulté. Moi, je ne m’arrête pas.
Je tue d’abord les deux tooweetos d’une simple décharge.
Je promène ensuite mon regard autour de moi et je constate avec déception l’absence du vieux et de son frère timbré. Dommage. Ceux-là, j’aurais vraiment aimé les éliminer.
Mes yeux se posent sur le garçon à l’épée rouge. Victime suivante. Je m’approche doucement dans son dos, tandis qu’il s’efforce de désarmer son adversaire. Ce sera moins épatant, mais tout aussi efficace. Je libère une grosse dose d’électricité qui le transperce et l’achève sous les yeux ahuris de son ennemi.
Je sens une brûlure sur ma nuque. Quelqu’un me regarde, et je connais son identité.
Je me retourne, et l’elfe est bien en train de m’observer. C’est la seule encore debout. Elle a cessé tout combat et me dévisage d’un air effrayé. Puis, la crainte dans ses yeux passe et une autre émotion prend sa place : la colère et la vengeance.
J’esquisse un sourire carnassier et commence à accumuler de l’électricité en suffisance.
Cette idiote fond sur moi et manque de me brûler le visage. Ah çà, elle veut un combat ? C’est dans mon programme.
Je lève la main. Lentement, de sorte qu’elle comprenne que la fin est là. Puis je l’abats. L’électricité sort de mon corps et fonce vers elle. L’elfe n’a pas le temps de crier, pas le temps de faire un seul geste. Elle meurt.
Hors d’haleine, mais désormais paisible, je me tourne vers l’armée des chevaliers. Ils sont en train de reculer, jugeant le combat fini. Ma satisfaction est immense.
Je ferme les yeux.
« Quelle puissance ! »
Je sursaute. J’avais oublié cette voix de malheur.
« Même sans moi, tu peux faire de grandes choses. Regarde, regarde tes exploits ! »
J’obéis.
Autour de moi, que des cadavres et des cendres. Les armures blanches des guerriers, bien sûr, mais aussi des corps aux vêtement colorés. Ceux-là ne me sont pas inconnus. Au contraire.
J’ouvre de grands yeux et tombe à genoux.
— Je…j’ai fait ça…je l’ai fait…
« Bien entendu que tu l’as fait ! Est-ce que tu comprends, maintenant ? Est-ce que tu évalues enfin ton pouvoir ? »
Ses paroles libèrent mes larmes, et je n’ai pas la force de les refouler. La douleur est trop grande, encore plus que quand j’ai été possédée.
La pluie commence à tomber.
« Vois la vérité en face, petite. »
Je ne veux pas qu’il continue. Je veux qu’il s’arrête. Qu’il parte. Je veux retrouver mes camarades et ma vie paisible d’autrefois. Mes larmes redoubles et je sens mon corps chauffer sous l’impact de la douleur. Il va finir par exploser sous la pluie.
« Tu as tué tes compagnons. »
Je ne tiens plus, j’ai envie de hurler. Toujours à genoux, je suis obligée d’écouter la suite, d’écouter cette voix lugubre dans mon esprit, qui ne cesse de m’assaillir de reproches et de la vérité que je ne veux pas entendre.
— Stop, tais-toi ! je crie.
« Me taire ? Écoute-moi bien, au contraire. Je vais te dire quelque chose que je sais depuis longtemps. Même sans moi…»
Non, ne continue pas cette phrase. Ferme-la. Arrête. Arrête ! ARRÊTE !!
« …tu es violente. »
À ces mots, je me sens sombrer. Voilà la vérité.
Je suis violente.
Le cri sort de ma gorge sans que je puisse le contrôler.
Je ne veux plus vivre. Les doutes et les regrets me submergent. Je me sens mourir.
Et soudain, une voix douce retentit.
« Sorani, Sorani,…ça va aller, calme-toi. Voilà, respire. Tu m’entends ? Écoute moi, reviens. Reviens. »
***
— Elle ouvre les yeux ! Elle est réveillée ? Sorani, ça va ?
— Elle va bien, elle est juste dans les vapes.
— Où…où suis-je ? Cherylad, c’est toi ? murmura l’intéressée d’une voix rauque.
— Oui. Ça va aller, c’était juste un cauchemar, répondit l’elfe.
— Tu hurlais. Qu’est-ce que t’avais ?
— Moka, le rabroua Cherylad, tu peux pas lui laisser du temps ? Écoute, Sorani, on est désolés de te laisser attachée comme ça, mais…tu étais en crise quand on t’as ramenée au manoir, et on a pas trop eu le choix…on peut pas te laisser vagabonder dans la base. Ordre de Libran, je suis désolée…»
— C’est pas grave, murmura Sorani en baissant la tête.
Et elle ajouta, si bas que personne ne l’entendit :
— De toute façon, je suis violente…
THE END
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Je saaaaaais, c’est morbide. Non, je ne suis pas dépressive, mais j’ai toujours eu envie d’imaginer ce que pouvais ressentir quelqu’un obligé de commettre d’horribles actions…je reconnais que c’est pas ma meilleure fic (vraiment pas la meilleure, même) mais je crois qu’aucune ne pourra égaler ”Promesse”, le petit joyaux de mes « parutions » ;)
Bref j’espère que ça vous a plu !