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Fanfictions

L’accident Jovénia

Hors série

Je me suis toujours demandée si ça avait été douloureux. Parce que quand on y pense, il s’agit de faire rapetisser son corps pour lui donner des dimensions toutes nouvelles, un peu comme un insecte qui change sa mue (désolée pour la comparaison). Donc j’ai fait ce petit hors série pour décrire leur réaction. C’est un peu flou parfois, n’hésitez pas si vous avez des questions !

Bonne lecture 

________

— Argh…

Ses grands yeux verts s’ouvrirent sur le monde. 
La noirceur de l’immense pièce l’aspira et raviva sa migraine déjà violente. Elle tenta de porter une main à son crâne mais fut surprise de ne pas réussir. Elle persista et après un effort intense, réussit à bouger son index. 

Aussitôt, elle sentit ses veines s’embraser et sa bouche s’ouvra pour lâcher un cri silencieux. C’était comme si des flammes furieuses parcouraient violemment son corps, comme si des centaines d’aiguilles la transperçaient. 

Après une attente interminable à souffrir sans bruit, la douleur en elle finit par s’éteindre. 
Doucement, en multipliant les précautions, elle se redressa et parvint à s’assoir. 
Elle glissa une mèche de ses cheveux -de quelle couleur étaient-ils déjà ?- derrière son oreille et examina ses mains. 

De longs doigts gracieux et recouverts de tissu blanc, tout comme ses bras et apparement ses jambes, constata-t-elle. 

Ensuite, elle tenta de tourner la tête pour observer son environnement. 
Elle se rendit vite compte que sa vision était floue et que les seules choses qu’elle pouvait voir étaient le noir de la pièce et des taches plus claires, sûrement correspondantes à des corps. Quatre corps. 
Étaient-ils morts ?

Trop étourdie pour réfléchir, elle se replongea dans la contemplation de ses mains jusqu’à ce qu’un grognement la sorte de sa transe. 

Une personne, ou du moins, une tache sombre surmontée d’une vive crinière bleue. Qui semblait marmonner, peut-être même pester.

La forme se releva vite. Elle était grande, constata la jeune fille aux doigts blancs, elle qui se sentait si à l’étroit dans son petit corps. Puis elle plissa les yeux. Sa vision s’améliorait. Elle distinguait une femme adulte aux longues oreilles et aux cheveux azur. 

« Comme elle est belle, songea-t-elle. 

 

Et elle tenta d’articuler un son. Aucun résultat, sa langue semblait collée à son palais. 

Alors, elle tourna frénétiquement la tête. Sa vision s’était améliorée alors, puisqu’elle ne pouvait pas se lever, elle devait au moins essayer d’analyser son environnement. 

Une immense salle taillée. Et sombre aussi. Froide. Triste. Sans couleur. Comme dans un château. Et des pierres. Beaucoup de pierres, des murs et des colonnes effondrées. Des blocs de la taille de charrettes et de simple cailloux. 

Et au milieu de tout ça, elle aperçut un éclair vert éclatant. Elle plissa les yeux et rampa jusqu’à cette lumière en gardant un œil sur la grande femme, qui était absorbée par la contemplation de ses mains. N’avait-elle pas mal de se lever ainsi ?

Ça y est, elle voyait mieux. Il s’agissait d’un long bâton brun surmonté d’une tête d’oiseau de pierre verte. Connaissait-elle cet objet ? C’est comme si elle avait passé sa vie à ses côtés. 
Alors elle n’hésita plus et attrapa le manche de bois sombre.

***

J’avais des mains. Étonnant, non ? Dans mon dernier souvenir, je les voyais enfoncées dans le sol de pierre, comme coupées. 
Je ne pense pas que je suis folle. Mais je suis en vie. Ça, je le sais grâce à mes os qui me font si mal. 
Je regarde mes pieds. Le sol est si loin… Ai-je toujours été aussi grande ? 
Je me passe la main dans les cheveux. Je sens quelque chose de long et pointu. Mes oreilles !? C’est une blague ?! 
C’est bien mes oreilles. Je vais devoir l’assumer.

J’étais là, engourdie par le sommeil et préoccupée par ma taille quand cette petite fille a poussé un hurlement derrière moi. 

Je ne l’avais pas remarquée avant. Elle avait un bâton à la main qui éclairait la salle d’une lumière couleur jade, la même qui entourait son corps. 

 

Étrangement, cette petite fille me paraissait familière. Et ces éclairs verts aussi. 
Avant que je n’ai pu essayer d’ouvrir la bouche, elle est tombée. Elle s’est écroulée dans les gravats. 
J’ai couru vers elle et je l’ai observée se relever. 

— Ça va ? 

C’est sorti tout seul. J’avais du mal à croire que je pouvais parler. J’ai une voix ferme et décidée. Légère. Comme un ruisseau. C’est là qu’elle a tourné ses yeux verts vers moi, des yeux larmoyants d’émotions. 

— Je me souviens…de mon prénom, a-t-elle soufflé de sa petite voix. 

— Et comment t’appelles-tu, petite ?

— Jadina. 

J’ai titubé. J’ai reculé. Je connaissais ce nom, j’étais sûre de l’avoir déjà entendu. Je me sentais mal. J’avais besoin de crier, mais je n’y arrivais pas. J’étouffais, me sentais à l’étroit. Ma peau s’étirait. Et puis…elle s’est craquelée. Mon corps s’est écroulé comme si il était fait de pierre. 
Douleur intense. Flash de lumière dans mon esprit. 
Et puis j’ai rouvert les yeux. Dans un petit corps, toute serrée. De nouveaux morceaux de pierre à mes pieds désormais si petits. 

J’ai senti une brèche s’ouvrir dans ma mémoire. Des images y rentrèrent, par paquets, sans se soucier de la largeur de la fente.
Des souvenirs. 

J’ai relevé la tête. Ça y est. Je me souvenais. 

Je le souvenais d’un bruit de verre brisé. D’une pluie lumineuse. Et puis, d’une sensation horrible, une sorte d’étirement. Comme un élastique brusquement tendu et puis relâché, pour redevenir petit. Comme dans une peau nouvelle. 
Accompagne cela un sentiment de vide soudain. 
J’avais eu envie de me protéger. J’avais eu envie d’avoir une carapace. J’avais senti de la pierre m’entourer. Je m’étais sentie si bien…

— Mon nom est Shimy. 

Encore une phrase sortie toute seule. 

— Moi c’est Danaël. 

Mon coeur fait son plus grand bond, je sursaute à la limite du cri. Je me retourne. Un petit garçon blond et l’air hébété d’avoir parlé nous fixe. Derrière lui, deux autres, qui ne tardent pas à ouvrir la bouche. 

— Je m’appelle Gryfenfer. 

— Et moi z’est Razzia. 

Nous nous fixons en silence. Avec curiosité pour certains, avec méfiance pour d’autres. Quel événement nous a-t-il amené à être réunis ? Quelles sont nos relations ? Amis ou ennemis ? Et avec qui ?

— Dites…

Sa petite voix semble résonner si fort. On se retourne vers la dénommée Jadina. Elle fixe un gigantesque bloc de pierre enfoncé au sol. Seul un tissu violet et déchiqueté en dépasse. 

—…et lui, c’est qui ?

 

THE END 

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shimy 2.0
Le mer 04/11/2026 - 19:34

wwwwaaaaaaa J'ai trop !

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shimyandvioline
Le mer 04/11/2026 - 21:35

Trop super 😁 

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SHIMYMYYY
Le mer 04/11/2026 - 22:55

Tu penses vraiment qu'ils avaient perdu spontanément la mémoire ou c'était juste pour ce hors-série ?  Aussi, j'avais jamais pensé que ça avait pu être douloureux... mais peut-être bien ? Ou au moins désagréable. En fait ça dépend de si ça s'est fait comme par magie en un claquement de doigts ou si c'est passé par tout un processus