/!\ Attention /!\
Cette fanfiction relatant des évènement d'un combat contre Anathos, il se peut que certains éléments violents soient retranscrits ici. Si vous pensez pouvoir être choqué(e)s par des moments de ce combat, attendez peut-être les premières réactions en commentaire pour être sur que tout ira bien.
Les présentations étant faites, je vous souhaite une excellentissime lecture 
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Je courrais à toutes jambes, ignorant complètement les branches épineuses qui me giflaient le visage, ignorant les trainées brulées sur le sol qui dégageaient une odeur de souffre, oubliant tout le reste pendant que je fixais aveuglément mon objectif. Devant se tenait la porteuse, tenant une posture agressive, les poings serrés et ses yeux lançant un regard assassin à travers des éclairs de rage. La porteuse, ce monstre à l'origine de nos malheur, ce monstre en mesure de causer du tord à même aux dieux, ce monstre qui avait poussé Élysio à s'allier avec Darkhell puis à nous traquer pour nous éliminer... Ce monstre qui avait essayé de posséder Shimy hier matin, puis en faisant mine de nous accorder du temps nous avait fait vivre vingt-quatre heures dans une angoisse des plus oppressantes où la seule chose que nous pussions faire était d'attendre la fin de ce délai imparti, avant de revenir brutalement, se moquant et prenant notre affrontement à la rigolade.
La voilà maintenant qui était réapparu devant nous avec une certaine envie d'en découdre, cette envie que je partageais et qui, à force de tourments et d'inquiétude, était pour moi devenue une obsession. Cette obsession qui grandissait et me rendait toujours plus déterminé au fur et à mesure que je m'approchais d'elle. Cette obsession que j'avais de lui faire ravaler son arrogance à chaque fois qu'elle me regardait de haut quand mes coups fouettaient le vide pendant qu'elle s'amusait à esquiver d'un simple mouvement de recul. Cette même obsession qui, alors qu'un sentiment de rage montait en moi, me hérissant les poils, me chargeant d'adrénaline, me contractant les muscles, faisant battre mon coeur jusqu'à l'emballement ou me faisant bouillir le cerveau, m'empêchant d'écouter mes sens ou mon instinct de survie, aurait pu me coûter la vie après seulement quelques secondes de combat.
Danaël, moins obstiné ou hystérique que moi, avait pu voir clair dans le jeu d'Anathos et intervenir juste à temps alors que mon combat aurait déjà pu s'achever, mes reflexes et ma visualisation de l'environnement étouffés sous une folie meurtrière. Alors que j'enrageais au point de perdre tout discernement, il avait anticipé le danger et réussi à intervenir dans un espace de temps très court, surprenant Anathos lui-même. C'était risqué, mais Danaël savait quel genre d'ennemi il avait devant lui. Supérieur physiquement, possédant des connaissances qui nous dépassent et pouvant compter sur le stress engendré par la responsabilité que cette situation nous mettait sur les épaules, Anathos n'avait presque pas besoin d'user des atouts qu'il avait à sa disposition, comptant sur la panique pour prendre le dessus sur notre raison. Il avait raison, je n'avais pas le luxe d'en faire une affaire personnelle. Il allait falloir ruser et continuer à surprendre Anathos, parce que c'était une bien meilleure méthode pour l'emporter face à lui que de miser sur l'effet de surprise. Danaël, mon meilleur ami, nous avait toujours fait voir les choses dans ce sens dans ce genre de situation. Depuis des années à ses côtés, j'avais pu voir de quelle façon il pensait dans les situations comme celle-là. Il avait déjà fait des erreurs, c'est vrai, et j'avoue avoir quelques fois du mal à accepter les décisions qu'il prend aussi vite, mais sa vision de la stratégie était toujours calculée à l'avance sur le long terme et nous avait permis de renverser nombre de situations désespérées, alors c'était plus que jamais le moment de m'inspirer de ses méthodes. J'avais une confiance infinie en lui, et j'étais bien décidé à me montrer digne de ses valeurs. Je combattrai jusqu'au bout à ses côté pour lui donner le temps qu'il lui faudrait pour trouver la clé de notre victoire. Il la trouvera, aussi cachée soit-elle, et quelles que soient les épreuves pour l'utiliser. Il y arrivera. Il le fallait. Pour Shimy.
Shimy. Elle avait perdu toutes ses couleurs depuis qu'Anathos avait failli la posséder. Tout était arrivé en un instant, et même si Danaël avait su réagir très vite et se montrer convainquant pour rompre leur contact, les traces de sa possession restaient bien visibles. Elle avait maintenant le regard livide, regardant vaguement juste devant elle en ouvrant à peine les yeux, ces derniers à la fois rougis par les larmes qu'elle se forçait à garder en elle et noircis par les résidus maléfique qui l'avaient directement atteinte. Ses cheveux ternes et blanchis semblaient moins vivants et laissaient paraitre les longues traces sombres qui défiguraient son visage, celui-ci marqué par les cernes qui se dessinaient très clairement sous ses yeux, renforçant son air anéanti.
Mais surtout, son tempérament obstiné et déterminé, son air à la fois enjoué et sincère, sa nature maîtresse et de forte tête... Tout ce qui la définissait et qui faisait d'elle cette fille débrouillarde et conquérante semblait avoir disparu pour toujours, laissant uniquement une mine basse et déprimée, résignée à devenir une coquille vidée par une essence chaotique et démoniaque, devenant juste un pantin servant de support au dieu maléfique qui haïra presqu'en son nom. Cette perspective d'un futur qui aurait du être évité à tous et qu'elle avait en une seconde provoqué elle-même sur un simple mot la faisait se sentir terriblement coupable. Mais le seul coupable ici, c'était Anathos ! Surveillant Shimy pendant des années, la prenant de court pendant une épreuve déjà très oppressante, il la voyait comme une chose qu'il lui faudrait juste récupérer le moment venu, en la laissant volontairement se blâmer pour feindre un semblant de victoire avant de s'emparer d'elle pour de bon. Mais je jure sur ma vie que jamais il ne la prendra ! Je le combattrai même après mon dernier souffle, dusse-je le faire descendre et l'emmener moi-même jusqu'aux enfers !
Persister d'une volonté sans faille. Combattre avec la rage du désespoir. Puiser toujours plus dans ses forces, plus loin encore que dans ses derniers retranchements. Tels sont les mouvements que je répète inlassablement à chaque fois qu'Anathos me projette dans le sol de marbre, avant de me relever d'emblée en ignorant une fois de plus la douleur. Encore une fois, une de mes tentatives échoue, Anathos intercepte mon élan, m'empêche de bouger et m'envoie à pleine vitesse sur le sol, créant un nouveau cratère sous la violence du choc. Mais cette fois-ci, je ne me relève pas.
Depuis dix minutes que le combat faisait rage, je subissais les coups en mettant de côté la fatigue ou la douleur dans l'espoir de l'atteindre, mais ce court moment pendant lequel j'essayais de reprendre mon souffle m'a fait réaliser la fatigue accumulée devenue insupportable ou les blessures déchirantes toujours plus graves sur chacun de mes muscles qui me faisaient terriblement souffrir.
Mais surtout, malgré dix minutes d'acharnement, Anathos n'avait rien encaissé. Son regard plus menaçant laissait clairement paraître son goût pour le triomphe, non sans cacher son amusement au vue de la scène qu'il avait autour de lui. Sur le sol jonché d'impacts, de débris et de flaques sanglantes, nous faisions bien pâle figure, rampant péniblement pour ne pas rester cloués au ras du sol, tandis qu'il nous observait du haut de sa taille démesurée, arborant une posture toujours aussi provoquante. Sans nul doute que je refusais de baisser les bras, mais il était évident que multiplier les assauts ne donnera rien de plus. Brisé, éreinté, au bord de la folie et sapé moralement, je ne m'accrochais maintenant plus qu'au dernier espoir sur lequel j'avais toujours compté : Danaël.
Il était accroupi, presque debout, et fixait Anathos avec un regard et un sourire qui me faisaient frissonner. Je n'arrivais pas à savoir où il voulait en venir, je ne l'avais jamais vu comme ça et ce qu'il faisait me terrifiait. Ce regard fixe et direct, ce sourire sadique et provocateur, le ton qu'il avait pris pour prononcer quelques mots... À le voir comme ça, il avait l'air de penser que tout pouvait encore être redécidé malgré les dix minutes de fiasco.
Et il avait raison.
La rappelant à lui, son épée avait tracé un flash doré lumineux avec une rapidité à couper le souffle, coupant net le bras droit d'Anathos. Cette amputation brutale le privant d'un de ses membres en un éclair et de façon complètement imprévisible lui rappelait que, malgré les avantages que sa condition lui donnait, il était tout aussi vulnérable que nous et n'était pas à l'abris d'être atteint de dommages bien supérieur aux hématomes que nous avions endurés. Après plus de dix minutes à subir et alors même que le désespoir aurait pu nous accabler, cette première victoire que Danaël venait de remporter remettait en jeu toutes les possibilités quant à l'issue de ce combat. J'avais maintenant bien compris ce qu'il avait essayé de faire, et c'était à présent mon tour de surprendre Anathos. Omnubilé par l'humiliation qu'il venait de subir, il était bien décidé à déployer toute sa rage sur Danaël qui continuait de le provoquer d'un ton hautain et arrogant, oubliant visiblement que j'étais toujours derrière lui.
Pendant ces quelques instants où je lui étais devenu invisible, toute la haine que j'avais accumulée depuis la veille et que j'avais réussi à comprimer au début de notre affrontement était ressortie en une fraction de seconde, me remémorant les affronts qu'il nous avait fait subir. Son apparition très brève pendant laquelle il avait traumatisé et transformé Shimy. Élysio, et même le gardien, une créature divine, qu'il avait montés contre nous. Ce combat qu'il prenait comme un jeu, et où il n'essayait même pas de nous tuer, mais juste d'étaler sa puissance devant un public. Je le détestais, je le haïssait au plus haut point. Le voir dans ce corps difforme, prétendre une vengeance contre Danaël après avoir pris un coup, s'imaginant sûrement comme la victime tant il était sûr de sortir indemne de ce combat. Cette colère, pour la première fois depuis que j'avais vu Anathos hier, je n'étais plus obligé de la contenir. Et quand je me trouvais au dessus de lui, le tenant à ma merci, c'est avec toute cette colère que j'ai frappé devant moi avec ce que mes forces me permettaient encore, m'attirant toute la rage qu'il s'apprêtait à déployer sur Danaël et recevant de plein fouet ses lames tentaculaires qui me transperçaient les jambes avant même que j'ai le temps de retomber. J'avais l'impression d'être littéralement cloué sur le sol avec comme seule vision le visage d'Anathos qui brillait intensément sous une lumière de plus en plus faible, laissant visible seul son regard meurtrier et vindicatif. Mais ce que j'avais pris comme un Soleil faiblissant était en réalité une bonne nouvelle.
C'était Danaël qui, malgré la violence qui s'installait dans ce combat, avait profité une deuxième fois de ce court manque d'attention d'Anathos et, dans un bond héroïque et une simple parole quoique très frappante, dessina un nouvel éclair scintillant traversant Anathos de part en part tout en lui ordonnant de mourir, lui tranchant net le cou puis retombant droit sur ses jambes, suivi par le corps d'Anathos qui s'écroulait dans un vacarme assourdissant.
Il l'avait fait ! Il avait réussi à éplucher ce combat sous tous ses détails, à élaborer progressivement la stratégie et, après plus de dix minutes où l'issue de ce combat se dessinait petit à petit, il avait en quelques secondes pu appliquer toutes ses déductions et renverser diamétralement la situation. Regardant alternativement Anathos dont les yeux et la marque étaient désormais éteints, puis Danaël, éclatant, triomphal devant le danger apocalyptique qu'il avait abattu, je cherchais les mots pour mon meilleur amis, bégayant, haletant et avec beaucoup de mal à réaliser ce qu'il s'était passé tant le retournement était allé vite.
- Danaël...
- Tu as...
- ...
- ...
Réussi...!