Image de profil
Fanfictions

Monde moderne (de Savinasse)

Il s'agit ici d'une tentative de faire une histoire dans un cadre moderne. 

Prologue 

5 ans plus tôt... 

Ruines de Paris

"Paris est déclarée ville ouverte depuis 24 heures ! Piailla le speaker de la radio. Je répète, Paris est déclarée ville ouverte ! 

L'homme haussa les épaules. Cela n'était pas la première fois qu'une telle chose arrivait ; loin se là ! À vrai dire, si les Français ne cédaient pas systématiquement leur ancienne capitale , ils auraient probablement pu gagner la guerre depuis longtemps et repousser les envahisseurs ; mais cette vieille nation, fatiguée de sa lutte séculaire , ne supportait pas l'idée que sa précieuse cité soit rasée - comme si cela pouvait les déranger. Paris n'était plus qu'un vaste terrain archéologique peuplé par quelques dizaines de milliers d'autochtones, et la plupart allait sûrement repartir, maintenant que les Larbosiens ramenaient leurs troupes - l'armée gauloise devait s'être regroupée autour d'Évry. L'homme sortit de ses réflexions et saisit son chauffeur par le bras. 

"Arrêtes-toi, Ikaël ! Lui ordonna-t-il. Le jeune lieutenant pila.

-Mon commandant ? Demanda t il, surpris. Qu'y a-t-il ? 

La voiture avait été immobilisée devant un grand complexe constitués de bâtiments hétéroclites ; il semblait qu'il s'agissait d'un lycée. 

-Les français ne sont plus très nombreux, mais ils travaillaient sur plusieurs inventions, dont un nouvel alliage qui, s'il était développé, leur permettrait non seulement de rendre leurs machines de guerre plus résistantes, mais en plus plus légères et donc, plus rapides et moins gourmandes en carburant.

-Misérable peuple. Cracha Ikaël. Le Châtiment des dieux ne leur a donc pas suffi ? Ils doivent continuer à souiller le monde de leurs technologies, quand la magie pourraient régler tous leur problèmes... 

-Détrompes-toi ; les dieux ont toujours refusé de leur donner cette technologie. Les conditions étaient i.compatibles avec leurs moeurs, et ils ont survécu à la grande purge... Pour eux, dès lors qu'une race extraterrestre s'est arrogée le droit de remodeler la terre mais qu'ils ont survécu , il n'y a pas de raison pour qu'ils ne puissent pas faire de même. Là où notre peuple s'est soumis, eux ont résisté. Brûler du pétrole, un crime ? Pour eux, c'est un rappel de leur indépendance.

-N'empêche qu'ils sont misérables, p.... mon commandant. Mais d'ailleurs , pourquoi avoir arrêté la Misery devant cette ruine ?

Ça n'est pas une ruine, c'est une des plus prestigieuses universités de France.  Répondit l'homme doctement. Enfin, avant la crise... Et nous savons que l'un de ses plus brillants étudiants est indispensable pour le développement de cet alliage. Nous avons donc ordonné que les travaux soient interrompus. Or il semblerait que quelqu'un travaille encore malgré l'interdiction... Et je sais, grâce à mon informateur, que le personnage ne peut interrompre son expérience. Allez, viens ! 

Et sur cet anacholute, il sortit du véhicule en claquant la portière. Son subordonné le suivit avec prudence. Alors qu'ils entraient dans le bâtiment , L'homme lui tendit une photographie jaunie. 

-C'est l'homme que nous cherchons ? demanda Ikaël en détaillant la photo. On y voyait un grand dadais sans muscles, qui cachait cette faiblesse et son ventre sous une blouse blanche. Le visage se faisait un devoir d'être non seulement plat, mais moche : le visage difforme et constellé de petites cicatrices d'acnée s'ornait en son centre d'un nez gras et rose, qu'entouraient deux yeux vert chassieux et porcins et une bouche tordue par un rictus imbu de lui même ; un collier de barbe sale et des cheveux en bataille complétaient l'ensemble, légendé : "Elysio Dupuis-Sombra."

-Oui. Et il ne devrait pas être loin. 

Il traversèrent une cour, puis une autre, avant d'entrer dans le seul bâtiment où la lumière était encore allumée. Ils pénétrerent dans une pièce sur la porte de laquelle était inscrit : Salle de TP C6", et y trouvèrent un homme, de dos, cheveux en bataille et en blouse,  s'affairant sur une paillasse. Il se retourna à leur approche : Mais ça n'était pas Elysio !

"Bonsoir, messieurs. Les salua-t-ils. Vous êtes tombé dans un guet-appens du SNIF. Veillez, s'il vous plaît, déposer vos armes. 

Le commandant voulut optempérer, mais son second daigaina son revolver. Avec une impossible vélocité, le faux scientifique sortit de sa poche un pistolet de précision - un 22 long rifle - et, tira dans l'épaule de son adversaire. ce dernier grogna de douleur et lâcha son arme. Le faux scientifique prit la fuite et courut vers la porte.

"Père ! cria Ikaël. Il faut l'arrêter !

-Non rétorqua celui-ci. tu ne vois pas que ce n'est pas Elysio ? Le suivre nous mènera dans un piège. 

-Erreur ! s'exclama le faux Elysio en claquant la porte. Vous y êtes déjà ! cette salle est truffée d'explosifs concoctés par mes soins - je ne suis pas aussi bon chimiste que celui que vous recherchez, mais je suis quand même excellent... Vous pouvez compter votre espérance de vie en minutes ! sauf si vous vous rendez...

-Jamais ! répliqua Ikaël. Je ne me rendrait jamais ! 

-Si ! 

-Mon c... Père ? Mais pourquoi ? 

-Fils, les français ont gagné ; leur scientifique est en sécurité , et nous ne pouvons plus l'arrêter maintenant. Survivre est notre seule chance de mener à bien notre mission. 

-Mais, père... et l'honneur...

-L'honneur ? Il y a plus important. Ton frère, par exemple... Écoute ! Les français me tueront où m'enverront à Toulon, mais toi, tu leur sembles jeune et faible. Ils te relâcherront forcément. Leur faire part de la crainte que ton frère soit élevé par des femmes devrait aider...

-Vous ne voulez pas que Danaël soit élevé par des femmes ? 

-Je ne veux pas qu'il soit privé de famille.

Ikaël acquieça. Père et fils se tournèrent vers la porte, et d'un même élan, se constituèrent prisonnier. On les emmena dans un panier à salade jusqu'à Évry, où ils furent séparés ; le fils fut rendu sans discussion, mais le père fut envoyé au bagne de Toulon. peut-être dans la lointaine et mythique Guyane ? On ne le revit jamais . Akalël ne reparut plus.

Ambert, Auvergne : Lycée Henri IV en exil.

Notre à l'intention de monsieur le proviseur. 

Monsieur le Proviseur, j'ai le plaisir de ramener dans nos murs, à défaut de ramener lesdits murs, le jeune Dupuis. Je ne doute pas qu'il réussira à finir ses travaux dans la quiétude bucolique de la ville natale d'un autre Henri, moins vert de galanterie que de campagne. 

Je vous prie d'agréer mes sentiments distingués, 

Votre fidèle et ancien élève, 

L. De Savinasse. 

Palais d'Oroban (à mi-chemin entre Lille, Nancy,  Bruxelles  et Francfort)

"Et c'est pour cela que nous avons échoué. Conclut Ikaël. Puis, pris d'une soudaine crise de honte, il se jeta aux genoux du monarque et implorant : "Pardon !"

Le roi Larbosa considéra avec un étonnement savamment voilée le jeune lieutenant ; puis il lui ordonna : Relève toi, Ikaël ! 

Le jeune homme fut surpris par le ton relativement doux (pour Larbosa) de l'injonction. Il obéit en tremblant, craignant un terrible  sermon après le calme apparent du monarque. Mais ce fut encore avec douceur que le prince lui parla.

"Perdre un père n'est pas une épreuve facile, commença-t-il. Mais contrairement à ce que vous doutez : Oui, il est bien mort en héros. Et il a permis votre retour. Ainsi, vous avez pu m'informer du niveau d'avancement de l'arme française, qui est bien supérieure à ce que nous pensions. Je pense que quelques jours de congé pour vous remettre ne vous feront pas de mal...

Ikaël opina du chef.

Surtout quand on considère qu'après, je vous nommerai à la tête de la police. 

Ikaël sursauta. Il s'attendais à être puni pour son echec, et voilà qu'on le nommait à la place de son père ? Pourquoi ? Comme s'il lisait dans les pensées du jeune homme, le roi s'expliqua . 

Les français ont maintenant le moyen, non plus de vaincre, mais d'écraser notre magie. Ils ne s'en priveront pas, mais pour l'heure,  il leur faut réformer leur armée . cela leur prendra plusieurs années... Mais à terme, ils pourront déferler sur le royaume jusqu'aux marches de l'est ! Ce jour là, il y a peut-être moyen d'être moyen de les repousser.

-La prophetie des cinq légendaires ? Demanda Ikaël . 

-Ci fait. nous allons déplacer la grande école de magie de Larbos à Paris, et nous y formeront ceux dont le pouvoir pourrait permettre d'arrêter les français. Ils feront tout, évidemment, pour détruire l'organisation, et Paris deviendra un nid d'espions. et c'est là que vous intervenez : en protégeant ces jeunes gens, vous êtes vos faucons d'argent, jusqu'à ce qu'ils soient prêts à nous défendre.

-Nous le ferons avec force et loyauté, messire !  Affirma Ikaël avec fierté, en se bombant le torse. Mais pourquoi Paris ? 

-C'est leur capitale historique. Ils auront d'autres chats à y fouetter qu'une école de magie... Mais ils s'y intéresseront ! Rajouta-t-il. Cela minimise les risques mais ne les suppriment pas. C'est une mission des plus délicates que je vous confie, jeune homme ! Est ce que vous vousen montrerez digne ?

-Oui messire !

-Alors, cinq de nos enfants tiennent en leurs mains poêlées le destin de tous nos royaumes...