Pour le concours de Sinaday !
Woooo il fallait que je poste une fanfic là, ça fait trop de temps !
Pour le concours de Sinaday qui s’articule autour de l’amour, j’ai choisi Aidan et Éloa. L’amour n’est pas présent sous forme de bisou-bisou et de belles déclarations mais sous forme d’une mélancolie, d’une chose dont on se rend compte
J’arrête de parler et je vous laisse avec cette fic assez longue.
Bonne lecture !
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— Les accumulateurs d’énergie sont vides. Et la petite est partie, sans qu’on ait eu le temps de vérifier son verrou. Il faut la retrouver.
— J’aimerais bien, docteur Razkef, mais regardez autour de vous. Des tas de gens attendent notre aide. Et voyez l’état de cet entrepôt ! Il est en ruine, c’est une base de dernier recours que nous avons là. Nous ne pouvons rien faire dans ces conditions, nous avons bien trop de blessés sur les bras. Vous m’en voyez désolée.
— Je vois. Je parlerai tout de même à Proctos. Merci professeure. Dites, à propos de la commandante…
Comprenez, j’aurais aimé entendre la suite de la conversation mais les deux adultes m’ont repéré et mis à la porte.
L’ambiance dans la base d’Exmakina, aujourd’hui détruite, était habituellement animée. Jamais silencieuse et sûrement pas de nuit.
J’en sais quelque chose, moi, étant donné que je sors quand le jour tombe pour faire ma ronde nocturne.
Sauf que depuis trois jours, depuis que nous avons tous fui pour cet entrepôt miteux, la résistance est calme. Les couloirs sont vides. Silencieux. Absolument dépourvus de joie ou d’excitation. On peut parfois voir quelques scientifiques occupés à ranger leurs notes ou des soigneurs en train de préparer remèdes et bandages.
Mais pourquoi tout ce silence ? Pourquoi toute cette morosité ?
C’est très simple. La situation actuelle ne permet pas aux résistants d’être joyeux.
Pour résumer : le grand rockaï Samaël a disparu, les alliés jaguarians se sont retirés dans de proches montagnes pour se remettre de leurs pertes, Toopie est dans le coma, les jumeaux sont inconscients ainsi qu’une sorte d’humain-félin très étrange arrivé avec une elfe et une drôle de petite chose poilue et borgne.
Et évidement, des tas de personnes sont décédées pendant la bataille ou des suites de leurs blessures.
Alors forcément, le moral est au plus bas. L’organisation était déjà un peu chaotique depuis la mort du dernier Légendaire Razzia et de celle de sa fille, mais maintenant…
Comme je me promène toute la journée, il m’arrive de croiser l’elfe dans le potager ou la bestiole poilue apparement prénommée Cochino. Ce sont tous les deux de joyeux personnages, malgré leurs séquelles et leurs différences.
J’aime beaucoup l’elfe, elle fait attention à moi, me parle, me traite comme un humain normal contrairement à la majorité des autres résistants. Et puis, elle fait souvent pousser à la vitesse de l’éclair les herbes que j’aime bien manger.
Il y a Aidan, aussi. C’est un garçon sensible sous ses airs capricieux et ses regards méfiants. Je peux le comprendre ; après tout, son enfance n’est pas des plus joyeuses. Prenons par exemple la mort de son oncle et de sa cousine, l’implication de sa mère dans l’armée des Célestes, la destruction d’Exmakina…vous me direz, sa soeur a enduré exactement la même chose et n’est pas aussi rancunière. Mais les jumeaux sont différents. Et heureusement, car ils peuvent ainsi se soutenir.
Nadia est gentille, bien sûr, mais c’est Aidan que je préfère.
Ses regards furtifs qui indiquent qu’il ne se sent pas en confiance. Son froncement de sourcil immédiat quand il a peur mais qu’il refuse de le montrer. Son tressaillement de paupière quand il se retient de pleurer. Tout son véritable caractère dissimulé à l’intérieur de lui. Son attachement, aussi.
Aidan est très affectueux, envers sa famille mais aussi envers certaines autres rencontres.
Je me souviens qu’il appréciait beaucoup Toopie, même si il essayait de faire croire le contraire, ainsi que le docteur Kalamédian, cette espèce de gros poulet bleu et surtout, surtout, la petite Éloa.
Éloa et ses cheveux corail. Éloa et ses grands yeux verts. Éloa et son calme imperturbable, sa sérénité inexplicable.
Éloa et sa gentillesse inégalée. Éloa qui a atteint le cœur d’Aidan.
Personne, parmi la Résistance, ne lui parlait à elle non plus. Sauf Amy, qui lui posait tout un tas de questions.
C’est à tout cela que je pensais lorsque une porte en piteux état s’ouvrît pile devant moi, me faisant sursauter.
Quelqu’un en sortit, un grand type au front entouré d’un foulard rouge. Nolan.
Il posa sur moi son éternel regard indéchiffrable, son unique œil m’examinant comme s’il cherchait à deviner mes attentions.
Finalement, il entrouvrit la porte et je me glissai à l’intérieur.
Je me retrouvai dans une grande pièce, une des moins délabrées vues jusqu’ici.
Au moins deux dizaines de lits rustiques étaient installés dont la quasi-totalité était occupée par des résistants pour la plupart inconscients.
Quelques appareils de technologie non-humaine (sûrement jaguarianne) étaient présent dans la salle et émettaient des ‘bip‘ sonores à intervalles réguliers.
Une femme et un homme zigzaguaient entre les lits, tâtant le pouls ici et branchant un câble par là.
Je me déplaçai entre les rangées en trottinant, cherchant à apercevoir les patients.
Enfin, je trouvai celui de l’humain-félin.
Il était assis. Ses cheveux étaient d’une douce couleur rousse méchée de turquoise et ses yeux, qui parcouraient les pages d’un livre, étaient dorés.
De temps en temps, il tournait nerveusement la tête en direction du lit voisin.
Nadia y était allongée, inconsciente tout comme son frère un brancard plus loin.
Et puis, j’entendis soudainement la porte grincer derrière moi et me retournai.
Xi-Wing entra. J’accourus aussitôt vers elle.
Xi-Wing, c’est ma sauveuse, celle qui m’a recueilli et adopté. Elle aussi fait partie des résistants qui me parlent. C’est elle qui m’a donné un nom à moi, orphelin de naissance sans expérience de survie. Sans elle, je serais mort depuis longtemps.
Elle me sourit puis se mit à régler les drôles de machines sonores selon un plan qu’elle tenait à la main.
Je sais qu’elle n’est pas infirmière mais pilote, et que ce n’est pas simple pour elle de cesser de conduire ces affreux géants mécaniques et bruyants.
Je sais que tout le monde est devenu soigneur, jusqu’aux plus jeunes qui œuvrent toute la journée comme coursiers et messagers entre les différentes salles de soins.
— Hmm…
Je tournai vivement la tête.
Nadia gigotait sous son drap élimé.
La jeune femme infirmière s’approcha d’elle et lui appliqua un linge humide sur le front, mais la petite grogna, se redressa vivement en ouvrant des yeux terrifiés et poussa un cri de frayeur.
— Doucement, tu viens à peine de reprendre conscience. Il serait dommage que tu retombes dans les pommes, fit la femme en enlevant un tube de l’attirail de la petite fille.
Celle-ci ne bougea pas et parcouru la pièce avec un regard d’animal en détresse.
— Irma ? Je suis appelée autre part. De mauvaises nouvelles. Ne t’inquiète pas, je reviens bientôt, annonça sombrement Xi-Wing à l’autre jeune femme en ouvrant la porte.
J’eus envie de protester, de m’indigner, de la questionner sur cet événement qui nécessitait sa présence…mais je ne le fis pas. De toute manière, je n’en avais pas la capacité. Je l’avais bien compris.
Alors je m’approchai de Nadia et l’observai. Elle tremblait, une main sur la poitrine, comme si elle essayait de reprendre son souffle.
— Ça va passer. C’est l’effet du stabilisateur.
Cela me fit un étrange effet d’entendre la voix du type aux cheveux roux.
Il avait enfin levé les yeux de son livre pour regarder sa voisine, qui le regardait d’un drôle d’air.
Il dut se méprendre sur la raison de son interrogation car il désigna ladite machine en expliquant :
— Le gros cube, là, pour maintenir ta fréquence cardiaque. Ça fait une sensation de manque d’oxygène au réveil. Mais ça passe rapidement.
— …
Nadia de répondit pas mais eut ce regard qu’elle prenait quand elle examinait un spécimen rare…ou bizarre.
Je crois que, comme moi, cela la déroutait d’entendre la voix de son cousin de cœur.
— …Shain, c’est ça ? demanda-t-elle timidement.
Il acquiesça.
— Moi c’est Nadia, et lui, c’est Aidan, reprit la petite fille en désignant son frère.
Le dénommé Shain jeta un coup d’œil à celui-ci et fit :
— Il te ressemble beaucoup…vous êtes jumeaux ?
— Oui.
Elle serra nerveusement les mains. Je pressentais sa question. Je la connaissais en avance. J’étais sûr qu’elle allait demander…
— Qu’est-il arrivé à tes parents ?
Bingo ! Je le savais. Nadia avait toujours besoin de s’accrocher au plus petit espoir. J’imagine qu’elle espérait que Shain lui dise que ses parents ne sont pas morts.
— Ils sont partis à Orchidia et sont morts au combat. Comme les tiens, non ?
Nadia hocha la tête mais garda obstinément les yeux baissés.
Je devinais sans peine sa pensée : elle ne souhaitait pas lui dire tout de suite que sa mère était du côté du dieu.
— Comment étaient Gryf et Shimy ? demanda-t-elle.
Shain parut extrêmement surpris et réfléchit longuement avant de répondre.
— Ma mère avait beaucoup de tempérament mais avec moi, elle était douce et affectueuse. Mon père était pareil, en plus taquin…jusqu’au jour où il est parti sans aucune explication. Je lui en ai beaucoup voulu à l’époque. Maintenant, je sais que c’est pour me protéger qu’il l’a fait.
Je suis à peu près certain que, comme moi, Nadia n’avait pas très bien compris. Mais elle n’insista pas.
Peu à près, ce fut au tour de Aidan de se réveiller.
Je ne sais pas ce qu’il a vu en rêve mais il ouvrit les yeux en hurlant et en se débattant, à un tel point que les deux infirmiers durent l’immobiliser. Lorsqu’il se calma enfin, il scruta la pièce d’un air paniqué mais fut rassuré d’apercevoir sa sœur, Shain et moi.
Je le fixais de mes grands yeux jaunes comme pour me projeter dans sa tête lorsque Proctos et Xi-Wing, suivis de trois personnes, entrèrent et se dirigèrent vers un lit. Ils observèrent tristement la forme installée dedans avec les infirmiers et l’un finit par lâcher :
— Je crois…que c’est fini pour elle.
Proctos soupira et hocha la tête.
— Va appeler les autres, petit, dit-il ensuite au jeune garçon qui les accompagnait.
Celui-ci acquiesça doucement et partit en courant de la pièce.
Il revint cinq minutes plus tard avec deux hommes qui transportaient une civière.
— Mettez-la dessus, délicatement, ordonna Proctos en dépliant un drap qu’il déposa sur le corps.
Nadia observait cette agitation avec un regard intrigué.
Tous avaient l’air solennel. Je compris que quelque chose de grave s’était produit.
Je trottinai jusqu’au brancard pour apercevoir le visage de la patiente décédée. Une jeune femme, les yeux fermés, les cheveux roux coupés courts.
Si j’avais pu pleurer, je l’aurais fait.
Puis j’entendis un cri étouffé derrière moi. Nadia, les yeux plein de larmes, couvrait sa bouche de ses mains. Je savais qu’elle aussi, elle l’avait reconnue.
Et j’en eu la confirmation rapidement.
— Aidan, souffla-t-elle en prenant la main de son frère. C’est…c’est Toopie !!
Celui-ci ouvrit de grand yeux et ne tarda pas à pleurer, lui aussi.
Il fixait la forme allongée et inerte en tremblant.
— Qui est Toopie ? murmura Shain, conscient que ce devait être quelqu’un d’important.
— La toute jeune cheffe de la Résistance, répondit doucement Xi-Wing qui était venue à leurs côtés pour calmer Aidan. C’était une grande amie de ton parrain Samaël. »
Son interlocuteur baissa la tête pour regarder ses mains, tripota un losange jaune au bout d’une chaîne qui pendait à son cou puis dis faiblement :
— D’ailleurs, où est-il ?
Nadia baissa les yeux à son tour et murmura :
— On l’ignore…
Shain se laissa tomber dans son lit et poussa un long soupir.
Moi, je ne regardais qu’Aidan. Il était en état de choc. Je savais qu’il avait toujours aimé Toopie. Même s’il voulait le cacher.
Confronté à sa mort, sa carapace se fendait .
— Comment est-ce arrivé ? marmonna Nadia.
— Elle a été mortellement blessée par Asmodée pendant leur duel, expliqua Xi-Wing.
Je vis Aidan serrer les poings de frustration. De colère aussi. Et de tristesse.
— Ce n’est pas possible ! explosa-t-il. Elle était en super Chiridirelle ! Grâce à Éloa, elle était en état de vaincre ce dieu abominable. Pourquoi n’a-t-elle pas gagné !? »
J’aurais voulu le consoler. Mais une fois encore, ce n’était pas dans mes capacités.
Xi-Wing se tordit nerveusement les mains. Je savais ce qu’elle allait dire. J’avais entendu Élis et Razkef en parler. Je connaissait la nouvelle.
— Parce que…Éloa est partie. Et Toopie n’a plus eu assez d’énergie.
Aidan eut l’air d’avoir reçu un poing en pleine figure. Le souffle coupé, la voix hasardeuse, il répéta :
— Partie ? Éloa est…partie ? Comme ça ?
Je le savais attaché à cette petite rousse. Je le comprenais, c’était une gamine adorable. Et je savais aussi qu’il aurait besoin de s’assurer une deuxième fois qu’elle s’était bel et bien enfuie.
— Oui.
Telle fut la réponse de Xi-Wing.
Et alors, il s’effondra, sans connaissance, évanoui, sous le choc.
Les infirmiers, Nadia, Shain et les gens présent dans la salle se précipitèrent alors à son chevet, affolés, en poussant cris et conseils.
— Il respire ?
— Quelles sont ses données cardiaque ?
— Dieux du ciel !
— Courage mon garçon.
— Petit, va chercher du renfort matériel en salle 4 !!
— Comment va-t-il ?
— Aidan, je t’en prie !
— Ça va aller, Nadia.
— Mes dieux faites qu’il n’ait rien !
— Depuis quand est-il réveillé ?
— Dix minutes.
— Faites vite !
— Aidan, tu m’entends !?
— C’est ton frère ?
— Ne t’en fait pas petite il ne mourra pas.
— Il est en état de choc ! Il faut le transporter en réanimation !
— Mais non il va se réveiller !
— Pas du tout ! Tu vois ces tremblements ? C’est sûrement grave !
— Ça va pas oui !? Sa sœur est présente !
Et alors que tous se pressaient autour de lui, moi, j’étais resté en retrait.
J’aurais voulu être avec eux, j’aurais voulu les aider, faire quelque chose, mais je ne pouvais pas.
Je ne pouvais pas me faire comprendre précisément. Je ne pouvais pas transporter des objets lourds. Il y avait même un paquet de choses que he ne pouvais pas comprendre.
Personne ne voyait une quelconque utilité en moi.
J’aurais voulu tenir la main d’Aidan, le rassurer, le consoler, le calmer, lui promettre de la retrouver. Lui assurer que tout se passerait bien.
Mais je ne pouvais pas.
Après tout, je ne suis qu’un chat.
THE END
J’espère que vous avez apprécié cette fanfiction qui se termine avec la révélation du narrateur. Vous attendiez-vous a une identité pareille ? 😉