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Fanfictions

Pourquoi sauver le monde... chapitre 10

Chapitre 10

« Pfff… L’honneur ! L’honneur n’a jamais sauvé personne. C’est un prétexte barbare afin de justifier que l’on ne tue pas son prochain selon les méthodes les plus horribles, ou plutôt qu’on puisse le tuer dès lors qu’il déroge à un code dont il ignore les principes et qui, s’il était loi, ferait de ses fidèles les êtres les plus puissants du monde ! »

 

Sur ces entrefaites, nous regagnâmes la base où le gaulois avait récupéré le squale. Tragique erreur ! Les elfes pâles nous y avaient tendu une embuscade. A peine avions nous mis pied à terre que trente ombres nous saisissaient par le col, nous désarmaient et nous trainaient devant Spectrâs. Celui-ci éructait de joie. Il était si content de nous voir qu’il dépêcha Amy dans une chambre ordinairement réservée à ses maitresses, en compagnie de l’épée démoniaque, et nous offrit, à Savinasse et moi, l’hospitalité d’un cachot humide dans l’attente d’un allez simple vers le fond de l’océan, en compagnie de vingt livres de plomb ; afin de faciliter notre voyage, l’on ne nous avait pas retiré nos armures. La nuit s’écoula dans l’angoisse pour moi, et, pour Savinasse, dans la veine fureur. Comme on ne m’avait pas retiré mon journal, j’y fantasmait que, peut-être, un garde négligent nous apporterait notre dernier repas sans refermer la porte, nous laissant le champ libre pour nous évader ; amusant hasard ! Une dizaine de minutes plus tard, le cas de figure se présentait. Sous le regard stupéfait du gaulois, on vint nous apporter une pitance, et le garde, dont l’arme n’était pas à portée de main, laissa la porte ouverte et tourna le dos à son prisonnier. Revenu de sa surprise, le gaulois bondit sur l’argousin et l’assomma d’une manchette ; puis il entreprit de le défaire de son trousseau de clefs, et de son armure, qu’il me tendit : il désirait que je me revêtisse de son habit ! je voulus refuser, mais l’impitoyable resta sourd à mes protestations, et je dus m’habiller tel un garde elfe noir, simulant le transport d’un simple esclave, recouvert de son misérable manteau (le mien, que Savinasse enfila par-dessus sa cape). Nous pûmes ainsi aller à travers la forteresse flottante, sans que personne ne nous importunât. Chose dont nous ne pouvions guère faire de profit, du reste, car nous n’avions aucune idée d’où nous devions nous rendre pour accomplir les objectifs de Savinasse : libérer Amy, récupérer l’épée Anikhan et, si possible, récupérer son épée en mithril. Il finit apparemment par se rendre compte de son égarement, car il m’arrêta et me dit : « Artémus, nous sommes perdus. »

« Sans rire ? » Répondis-je, sarcastique.

« Je ne plaisante pas ! répliqua-t-il. Lorsque nous avons été menés en cellule, j’ai mémorisé le trajet. Mais je ne retrouve aucun point de repère ! Comme si la forteresse avait changé depuis notre dernier passage. »

« Peut-être que nous sommes passés dans une autre dimension ? » suggérais-je, inquiet.

« Non. En revanche, je peux affirmer une chose… Quelle que soit le coin de la galaxie où l’on se rend, les Elfes Pâles n’ont jamais eu, n’ont jamais et n’auront jamais de geôliers ! »

« Il s’agit peut-être d’une suggestion de l’épée démoniaque qui… »

« Cela n’expliquerait pas pourquoi il aurait envoyé un agent aussi incompétent ! Mais, s’interrompit-il, comment sais-tu que l’épée démoniaque peut… »

Le reste de sa question fut noyée alors qu’une alarme stridente se mettait à résonner à travers le navire. Les elfes pâles autour de nous s’écartèrent prestement tandis que plusieurs de leur pairs, engoncés dans des armures complètes, finement ciselées, s’avançaient l’épée à deux mains vers nous. Je voulus courir ; le gaulois m’en empêcha en me montrant du doigt les ombres, où rôdaient des arbalétriers.

« Messire Savinasse, je suppose ? » nous interpella le chef du groupe.

« C’est bien moi… » répondit le gaulois.

« Le seigneur Skroa exige que vous teniez à sa disposition. Veuillez nous suivre » gronda-t-il en réponse.

Le bon sens exigeait que nous nous exécutiâmes ; du reste, nous étions perdus...

Fin du chapitre 10...