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Fanfictions

Pourquoi sauver le monde... chapitre 13 final

Chapitre 13

 

Les arbalétriers s’approchaient à grande vitesse, et je ne voyais aucun moyen de leur échapper. Le gaulois encore moins, car il était trop occupé à regarder, en position accroupie, la scène qui se déroulait à l’intérieur de la salle de réception. Soudain il se leva, et se jeta en dedans en tirant le battant derrière lui, me laissant seul avec une véritable petite armée d’elfes, accompagnés d’une manticore, décidée à ôter de la surface du monde l’impureté que j’étais à leur sens – il me vint alors à l’esprit que mon grimoire contenait, pour ce genre de situation, un ou deux sortilèges des plus intéressants…

 

Cellumbra regarda avec un amusement mêlé de dédain la jeune fille agenouillée à ses pieds.

« Ma jeune et belle amie… Vous avez, c’est un fait, tenté d’obéir à l’instruction de votre maitre en m’attaquant. Mais je crains fort que je ne sois un trop gros morceau pour une aventurière inexpérimentée comme toi… Je consens néanmoins à me montrer clémente, et te conseille…

-De refuser, car la clémence d’un vaincu ne vaut rien.

Cellumbra fit volte-face. Devant elle se tenait Savinasse – mais sans le gratte-papier qui lui servait de chaperon lors de leur précédente rencontre, ce qui voulait dire que le gaulois l’avait laissée en arrière, probablement dans le but de retarder les arbalétriers. Adjoints à la porte, cela lui offrait une trentaine de secondes. Cellumbra prit donc le parti de laisser échapper un rire léger, puis de le corriger d’un ton condescendant :

-J’ai bien peur, mon bon ami, d’avoir gagné… Vous n’êtes pas sans savoir, en effet, que les pirates de la forteresse auront tôt fait de tailler en pièce votre escorte, puis d’ouvrir cette porte…

-C’est en effet probable, concéda-t-il, mais admettons une seconde qu’ils perdent le contrôle de la manticore...

-Ne soyez pas ridicule ! rétorqua-t-elle. La manticore est dressée, elle ne peut pas se retourner contre…

Un rugissement primal l’interrompit. Peu de temps après, résonnèrent le claquement sec des cordes d’arbalètes, très vite enrayé par l’humidité, puis des hurlements suppliciés teintés de bruits de mastication, et puis plus rien.

-Madame, en respectant les règles de la galanterie, je suis au regret de vous informer que vous vous êtes trompée…

Cellumbra recula d’un pas ; Savinasse avança de deux. Elle continua de trois, il en fit quatre. Puis elle se mit à courir, mais il fut sûr elle en un instant, et l’immobilisant d’une clé de bras, lui chuchota tout bas : « Permettez-moi de vous inviter sur mon esquif… »

Puis il la balança par-dessus son épaule, et se dirigea vers la sortie. Je choisis ce moment-là pour rentrer, assez content de moi-même. Le gaulois manifesta sa gratitude en me lançant son adversaire gigotant dans les bras, puis il fit demi-tour pour aller chercher Amy, dont il passa un bras par-dessus son épaule, et l’épée, qu’il rangea au fourreau – Il tenait sa brette de mithril à la main. Alors qu’il se dirigeait vers la sortie, je m’enquérais de la façon dont il comptait quitter la forteresse flottante.

« De la plus simple des façons ! Me répondit-il. En utilisant le Squale Chirac.

-Mais l’appareil n’est pas supposé être resté à quai, dans la grotte où les elfes pâles nous ont capturé ?

Il rit, puis me répondit :

-Si, mais le Squale n’est pas immobilisé pour autant. Je m’explique. La cellule de commandement assistée du sous-marin – l’ordinateur – a la capacité de lui faire faire quelques manœuvres élémentaires, comme le ramener juste en dessous de cette forteresse pour qu’on y embarque – c’est pour cela que je vous ai confié les commandes lors de notre première tentative de fuite ; je savais que le sous-marin se dirigerait tout seul.

-Donc, ça n’était pas Amy qui tenait les commandes ?

-Hmmm… (Savinasse parut hésiter quelques instants) nous allons dire ça. Ne devrait-on pas nous dépêcher d’embarquer ? »

Et sur ces bonnes paroles, il sauta dans l’océan. Je n’aurais pas voulu le suivre ; mais Je fus entrainé par l’elfe pâle – Cellumbra – qui se laissa tomber à la suite de notre héros. Nous regagnâmes ensuite à la nage le sas d’entrée, que nous franchîmes. Aussitôt, le gaulois s’empara de sa diabolique ennemie (ou fiancée, on ne savait guère) et, à l’aide d’une corde qui, vraisemblablement, avait attendu son heure un moment dans le réduit dont il l’avait tirée, la ligota. Puis il se dirigea vers le poste de tir, aligna la forteresse, et tira. Une torpille partit à la vitesse d’un cheval au galop et percuta la coque ; et le bâtiment, à une vitesse impossible, sombra. Savinasse regagna le poste de timonier, et il nous reconduisit jusqu’à la baie, où il refit surface, trainant derrière lui Cellumbra. Mais lorsqu’il revint, il était seul.

« Où est passée l’elfe pâle ? demandais-je.

-Relâchée. Répondit-il. Le jeu n’est pas drôle, sinon.

Je ne pus obtenir plus de renseignements, car Savinasse s’était emparée de l’épée démoniaque, et d’un coup de la sienne, la trancha en deux parties égales. Je sentis mon esprit être caressé par ce qui ressemblait fort à un cri d’agonie.

-Et voilà, déclara-t-il en rassemblant les deux morceaux. Arwen, ma femme, ma fille que je n’ai jamais pu nommer – vous êtes vengées. Puis il se tourna vers moi, et déclara, tout sourir : « Et si maintenant, on allait se charger de Skroa, et de ce fameux… Sombrepuit ?

-Darkhell ? Demandais-je. Pourquoi pas ? »

 

EPILOGUE

 

3 ans plus tard

« Et voilà, chers lecteurs, vous avez eu entre les mains le premier tome de la geste de Savinasse. Une façon assez rocambolesque, je l’avoue, de narrer ma rencontre avec Amy ; mais je vous promets que ce héros, aux côtés des cinq légendaires, reviendra pour de nouvelles aventures… Même s’il n’existe pas, bien entendu ! »

Artémus le Légendaire.

L’ombre encapuchonnée referma l’onvrage d’un coup sec. Puis il se retourna vers le village en contrebas – Tékinbolos, si ses souvenirs étaient bons.

« Ainsi, Artémus, Savinasse n’existe pas… déclara-t-il. Voilà qui est intéressant ! Mais je crais fort que tu n’aies voulu dire : « je ne me méfie pas »… Il ouvrit une page au hasard, et griffona dans la marge : « Et non, Artémus… Rien de ce que tu écriras dans ce journal ne m’affectera jamais directement… » Puis il remonta en selle, et levant les yeux au ciel, l’apostropha : « Il a raison, car la vie est une farce amusante pour ses spectateurs ! Mais maintenant que j’ai son journal, nous allons voir s’il peut toujours me la nier ! »

Et il alla obscur dans la nuit solitaire.

FIN De l’épisode…