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Fanfictions

Pourquoi sauver le monde... chapitre 9

"Les Gyptitiens ont un dieu à tête de chien qu'il nomment Anubis. Nous, nous avons un dieu cynique nommé Toussastix..."

Savinasse, alors manipulio, à Razzia, étudiant en droit, dans Rymar occupé par l'armée Gauloise.

Chapitre 9 : Cette scène ne fait pas spécialement avancer l’intrigue, mais elle offre des informations sur la culture gauloise et un détail important sur la nature exacte du Primipile…

 

La vitesse à laquelle le Gaulois avait accepté qu’Amy se joigne à notre petit comité était tout simplement stupéfiante. Peut-être n’avait-il pas envie de mourir ; peut-être n’avait-il pas aussi envie de rendre à Razzia sa fille que ne le laissait présager ses beaux serments… En admettant que ce soit bien la fille de Razzia, évidemment. Il semblait surtout surpris que sa prétention de devenir le plus grand héros d’Alysia l’ait si vite portée à ce grade ; nous entendrons, lecteur, que je pris la liberté de lui attribuer quelques exploits qu’ils n’avaient pas réalisés de sa main propre et qu’Amy, jeune adolescente rebelle décidée à échapper à son père et à venger sa mère, ait vu dans le grattage dans le sens du poil du terrible guerrier un moyen de s’assurer de m’accomplissement de ses desseins. Sans compter que le chevalier avait compris que notre jeune compagnon avait de la ressource – et faire quelque chose mieux qu’Artémus del Conquisador, à mon sens, et preuve d’excellence, voire de perfection. J’ajouterais que si le gaulois ne m’avait assigné cette tâche de conduire son esquif que pour voir Amy en prendre les commandes prouve qu’une pareille situation est en règle générale utopique. Non, un homme suffisamment intelligent pour dépasser Artémus del Conquisador mérite bien son titre de héros. Si Savinasse n’était guère avancé pour comprendre comment il pouvait déjà recevoir les honneurs de sa fonction, avant son investiture, je l’étais encore moins pour comprendre comment Nous avions pu nous retrouver sur un autre monde, dans une autre vie ! Il m’apprit qu’il avait configuré le générateur de trous de ver afin que seul nos âmes voyagent entre les dimensions ; ainsi nous n’avions jamais quitté physiquement Alysia, mais nos âmes, celle de nos adversaires et surtout celles des Méduses arcaniques s’étaient retrouver à cohabiter avec leurs plusieurs d’une dimension parallèle suivant une histoire présentant des similitudes avec la nôtre ; ainsi avions nous occis les Méduses en détruisant les bouées radar. Nous nous étendîmes un peu sur les personnages en lesquels nous nous étions incarnés ; je me déclarai surpris qu’alors que le Savinasse de ce monde semblait similaire à celui du mien, cet Arlchibaldo dont je m’étais fait un temps le colocataire m’avait paru lâche, arrogant et efféminé – des traits que l’on ne retrouve évidemment pas chez moi ! Le gaulois prit plusieurs secondes pour réfléchir, puis déclara que la similitue entre ce personnage et moi était effectivement fort subtile.

 Il se préoccupa ensuite de s’affairer dans la cuisine du Sous-marin, où je le vis enduire une entrecôte d’une viande non pas violacée, comme tout morceau de girawa qui se respecte, mais rouge carmin ; il enduisit, disais-je, cette viande de farine et la jeta dans le sas. Je lui demandais d’où lui venait cette fantaisie ; il me répondit qu’il remerciait Toussastix, dieu gaulois de la guerre, de l’avoir soutenu durant la bataille contre les elfes pâles. J’en tombais des noues : non seulement il priait des divinités païennes, mais en plus il ne leur faisait des sacrifices qu’après en avoir tiré le bénéfice ? Savinasse m’expliqua doctement que lorsque l’on faisait un sacrifice aux dieux, l’on ne savait pas s’ils exhausseraient le souhait ou non ; alors qu’en agissant d’abord et en priant ensuite, on savait si le dieu voulait bien, selon le succès ou non de la tâche, de l’offrande. Le seul succès, évidemment, garantissait audit dieu le fruit de son labeur. Une logique qui tenait plus du commerçant que du vrai croyant, lui dis-je ; autant être athée. Il me répondit qu’au vu de la quantité de prières et de sacrifices qui avaient été consacrés aux dieux depuis leur départ d’Alysia, le résultat de cette idolâtrie, et la réussite de l’empire gaulois, on pouvait supposer que la théologie gauloise était la bonne. Je me rendis à son point de vue, mais ne put m’empêcher d’écrire en mon journal : « après plusieurs minutes de réflexion, j’avais bon espoir de ramener Savinasse à la raison. » J’eus tort ; lorsque je l’entretins de nouveau de la chose, il n’avait pas bougé d’un iota quant à sa conception de la religion…

(Le commentaire suivant a été griffonné dans la marge, à la va-vite, après les premiers écrits)

« Et non, Artémus… Rien de ce que tu écriras dans ce journal ne m’affectera jamais directement… »

Fin du chapitre 9.