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Fanfictions

Pourquoi sauver le monde... Livre II chapitre 11 Final

SI VOUS N’AVEZ PAS LU LES CHAPITRES PRECEDENTS, LISEZ LES AVANT CELUI-CI, CAR SINON, VOUS N’ALLEZ PAS COMPRENDRE GRAND-CHOSE !

Artémus n’était autre, pendant tout ce temps, que l’hôte de l’âme d’Anathos ! Il vient de tuer Shun Day et Razzia, et va sans doute faire subir ce même sort aux autres légendaires ! Sans épée d’or, ni machination de Kalandre, comment le tuer ? Est-il simplement possible de l’arrêter ?

 

Chapitre 11

« Orgueil… Et pouvoir ! » Un éclair d’argent se dressa entre le dieu et la jeune fille, renvoyant le projectile à son lanceur. Le dieu réincarné mugit de douleur et recula de deux pas, mais les effets se limitèrent, hélas, à cette simple contrariété. Une énorme hache à deux mains se matérialisa dans sa main, et le combat s’engagea. Savinasse était probablement le meilleur bretteur des deux mondes ; mais face à Anathus, ça n’était pas suffisant. Au bout de quelques minutes de passes d’armes trop rapides pour l’œil humain, lui-même finit par faiblir, et son adversaire lui infligea plusieurs plaies profondes. Il tomba, son corps mutilé le trahissant, et pourtant vierge de toute peur, sur le sol moussu. Son meurtrier se tourna vers ses autres ennemis, une bande d’elfes élémentaires, un jaguaran, un pirate armé du bâton de Jadilyna, un paysan armé d’une épée trop grande et l’ancienne apprentie de son hôte. Les elfes le bombardèrent d’attaques élémentaires ; il les para difficilement, mais réussit finalement à s’en débarrasser en lançant une fine sélection de ses plus puissants sortilèges. Ses opposants les plus dangereux mis à terre, il se tourna vers les survivants, qui semblaient vouloir opter pour un prudent repli.

-Puissant Anathos ! Se risqua le paysan. Tu as vaincu nos alliés, certes ; mais épargne nos vies, et je te promets que dans 24 heures…

-ça ne marche pas deux fois, chevalier Danaël.

Indifférent, il leur lança une autre volée de projectiles magiques – interrompus par une nouvelle attaque élémentaire. Il porta son attention sur le responsable – la responsable, car c’était l’elfe marron qui avait osé un tel affront. Les yeux fermés (il aimait plutôt ça), le dieu marmonna quelques paroles en un dialecte inconnu, entendant sûrement ôter de ce monde la coquine qui en infectait, selon lui, la surface. Il n’en eu pas l’occasion ; car, voyez-vous, lecteur, les sorts incantés nécessitent de pouvoir parler, et on parle difficilement avec une épée en travers du poumon. Il baissa les yeux – « Savinasse ! » - se tenait devant lui. On aura compris où était son épée. « Et non, Artémus… rien de ce que tu écriras dans ton journal ne m’affectera jamais… C’était toi qui l’avais marqué, non ? » Réduit au silence, le dieu maudit acquiesça. « C’est amusant… J’aurais plutôt pensé que ça pouvait s’appliquer à moi. Parce que moi, on ne me manipule pas, ni me plume… » Il ricana, sèchement interrompu par son piètre état. « J’imagine que tu te crois invincible, maintenant que tu peux contrôler la destinée des deux mondes… Mais il y a, dans cette équation -toute équation subit ce sort – quelques grains de sable. Le premier, c’est moi, évidemment, qui suis immunisé aux effets du journal, faute d’être originaire ultraque orbis (d’une ou l’autre planète), qui n’ait eu de cesse, d’abord d’essayer d’arrêter Artémus, puis toi… Et le deuxième, c’est que tu n’as pas saisi la nature exacte des néants. Ce ne sont pas seulement des catalyseurs d’énergie pouvant te renforcer, comme tu l’as cru ; car cette énergie, il faut bien la faire venir de quelque part… et je vais te dire quel est ce quelque part : Les plus importants mondes des Gaules ! En te réincarnant, tu n’as fait qu’accélérer un processus de destruction méthodique et programmée de ton essence ! Tu n’as fait qu’accélérer l’action… Du Pourfendeur des Etoiles !

-Qu’est-ce ?

Le gaulois ne s’expliqua pas tout de suite, ménageant avec plaisir l’effet de cette révélation. Où peut-être qu’il souffrait de ses blessures ? A moins qu’il n’inventât. Tu vois et souffre, lecteur, le sale petit plaisir que je prends à retarder la description du Pourfendeur. Sentant votre impatience ronger votre attention, je m’explique. Les gaulois ont une histoire complexe, qui fut en grande partie vierge de toute influence de ce que l’on appelle les dieux. La seule destruction de la moitié de la galaxie par Anathos fut suffisante pour qu’il commence à les craindre. Mais alors qu’une civilisation normalement constituée se serait réfugiée dans l’idolâtrie – regardez Byskaros -, les gaulois, eux, décidèrent qu’il était meilleur pour leurs intérêts et leur liberté de s’arroger le moyen de tuer les dieux. Leurs expériences furent longtemps aussi dispendieuses qu’infructueuses ; mais ils finirent par trouver, à défaut d’un moyen de tuer de façon instantanée un dieu, un moyen de capturer son essence et de la drainer dans un plan d’existence où elle est vulnérable, et de lentement l’y aspirer, jusqu’à la détruire, une distribution permanente d’énergie magique donnant l’illusion à la divinité piégée d’au contraire se renforce, jusqu’à ce que le piège soit refermé : Le pourfendeur des Etoiles était né. Un mécanisme encore plus rapide consiste à y envoyer un homme suffisamment fou, ou courageux, pour le défier et, oui, le tuer, mais ce plan n’est, dans l’esprit des gaulois, qu’une solution de de dernier recours. Et Savinasse avait décidé qu’il était temps d’y recourir. C’était pour lui un défi ultime, la main du commandeur à serrer pour ce Don Juan de l’escrime ; mais place, puisque ses jours sont comptés, à l’action.

-Et je peux, Anathus, en ouvrir un à tout moment…

Le gaulois ferma les yeux, et porta la main à son cou. Il y attrapa son torque, que tout ce temps il gardait dissimulé derrière ses cheveux ; l’arracha, magnifique stoïque, le passa à la ceinture ; cependant que son corps grandissait et fortifiait, que l’enfant pâle et maigrichon laissait place à un homme de six pieds de longs, barbu, moustachu, et animé par la fureur épique…

-… Car je ne suis pas un homme ordinaire.

 

  *** 

 

Les mots résonnèrent dans les crânes assistants, et le néant s’ouvrit, tout proche, tout proche... Le gaulois, d’un coup de poing surpuissant, envoya la réincarnation du dieu en dedans, et l’y rejoignit rugissant. L’assistance en resta coite. Puis, brisant le silence, Gryf déclara : « Et maintenant, on fait comment pour restaurer la réalité ?

 

  *** 

 

L’empyrée se dilatait et explosera, dans toutes les directions de la folie temporelle qui la caractérisa. Les deux combattants s’étant redressés, ils eurent repris le combat. L’un d’entre eux aura l’idée de lançant un sort de stabilisation temporelle, et la notion de temps fut à nouveau. « Voilà qui est mieux, Anathus ! Rugit le Gaulois. Et maintenant, prépares-toi, car nous sommes les deux plus grands combattants de l’univers ! (Oui, c’est plat.) Nous allons, au sein de cette machine, nous affronter, et condensant mon énergie vitale jusqu’à devenir un vulgaire cadavre desséché, je vais te vaincre. Superbus et Potentius ! En le Pourfendeur, il n’y avait plus d’acier, plus de maille ; seulement des condensés d’énergie magique. Ce furent donc des âmes qui s’affrontèrent, croisant le fer spectral dans la dimension de la magie, se tournant autour. Ils se déplacèrent, et devinrent deux armées en marche ; et sur les plaines octarines, se rencontrèrent légions gauloises et Vulturs d’Anathos. Epouvantable carnage qui fut donné en ces champs ! Les combattants périrent par milliers, les forts et fiers légionnaires qui lancent leurs javelots puis triomphe à l’épée, les sveltes Vougerons qui découpent les rangs de la cavalerie adverse, les balistarii au pied léger qui apportent la mort au loin, les redoutables Dragons qui vident leurs arbalètes avant de charger au sabre… Le massacre se répercuta au centuple dans les rangs du dieu, qui décida de fuir. Les âmes désarmées reprirent le combat dans une troisième face. Et leur lutte se prolongea, s’étalant sur les jours, sans que l’un ou l’autre ne prenne l’avantage, jusqu’à ce qu’enfin, l’une s’estompe. L’autre seule resta au milieu du néant, ne sachant quoi faire, maintenant qu’elle avait détruit son adversaire ; le pourfendeur, certainement, allait finir par la consumer… Il lui fallait trouver un moyen de s’échapper. Elle ramassa un peu d’essence de son adversaire, et se tourna vers l’endroit où, un temps, s’était tenue le portail qui l’avait emmené en ces lieux. Refermé, bien sûr. Tels avaient été les ordres de Savinasse. Il savait ce qu'il faisait, du reste ; son enveloppe charnelle avait été endommagée trop gravement pour espérer guérir ; il ne s'était donc pas ménagé de porte de sortie. Il n’y avait plus rien à faire, maintenant, à part attendre, mais attendre quoi ? Il n’y avait rien, dans cette dimension. Pas d’armes, pas de femmes, pas de pitance, pas de témoin.  probablement pas de moyen de s'échapper. Pas de masque. L’âme émit l’équivalent astral d’un soupir ; et alors, il pleura.

 

  *** 

 

EPILOGUE

 

« Du coup, comment fait-on pour rétablir la réalité ? »

-Je n’en sais rien Gryf. Soupira Danaël. Savinasse a emporté dans le néant le seul objet capable de… Attendez. Que se passe-t-il ?

L’air, autour du petit groupe, se gondolait. Puis les arbres se mirent à couler, et leurs oreilles s’emplirent d’un sifflement toujours plus fort et aigu. Danaël tomba à genoux, foudroyé par une fulgurante migraine, qui se répandit rapidement au reste de son corps. Il eut ensuite l’impression que chaque atome de son corps était arraché pour être envoyé partout sur Alysia, alors que d’autres venaient se greffer à lui. Il eut un temps le sentiment d’être un jeune homme vif ; l’instant d’après, il était un vieillard décati ; enfin, il eut vaguement l’impression de n’être plus rien, et tout s’effaça.

 

ICI FINIT LE TOME II DES AVENTURES DE SAVINASSE, « LES LARMES DERRIERE LE MASQUE ». DECOUVREZ SOUS PEU LE LIVRE III, "VOYAGE AU BOUT DU NEANT »…

Mais si Savinasse revient, sera-t-il seulement Savinasse ?

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CenturionSavinasse
Le jeu 23/04/2026 - 17:17

Mais que se passera-t-il donc ensuite...