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Fanfictions

Pourquoi sauver le monde... Livre II chapitre 5

Résumé de l’intrigue : A la fin du tome précédent, il s’est révélé que Savinasse, à l’instar des légendaires, était le fruit de l’imagination débordante d’Artémus, un avatar à partir duquel il avait narré certaines de ses aventures. Mais à la suite d’un vol commis par les Fabuleux, il est contraint de révéler que le personnage existe bel et bien, même s’il est plus sombre…

C’est une réédition des chapitres 5 et 6, non modifiés et comprimés en un seul, le chapitre 5 (nouveau), pour vous rafraichir la mémoire. Pour mon histoire en monde moderne, je ne sais pas si je l’amènerai jusqu’au bout, mais sachez que j’ai déjà un chapitre et demi dans mes cartons…

Chapitre 5

« Mais, Maitre… Je croyais que j’étais votre seul disciple ! S’exclama Amy. Et que toutes vos aventures, avant de me rencontrer, étaient des aventures solitaires !

Je déglutis, mal à l’aise. L’histoire, en effet, était compliquée, et il fallait, pour pouvoir l’expliquer en peu de temps, légèrement la reformuler.

-Je t’ai effectivement caché des choses, Amy, commençais-je d’un air coupable. Mais je ne l’ai fait que parce que je croyais que l’homme qui fut mon apprenti était mort, et… (je fis une pause dramatique, afin de préparer psychologiquement mon auditoire à ce que j’allais dire) Je voulais te protéger.

-Pourquoi, maitre ? Me protéger de qui ?

 

- De Savinasse ! C’était un jeune garçon intelligent et doué dans tout ce qui concernait les arts de l’escrime. Trop intelligent et doué, d’ailleurs. Il avait épluché de nombreux traités de philosophie et avait fini par conclure que seule une peuplade puissante, unie par une même idée d’appartenance à un bloc un et indivisible, dont la politique étrangère consistait à lentement absorber les peuples faibles lors de guerres rapidement gagnées, dues à une supériorité militaire sur tous les plans, et qui se gouverneraient par eux-mêmes, sans roi ni chef qui n’ait dû, avant chaque décision autre que de l’ordre du champ de bataille, le peuple tout entier ou du moins une assemblée de leurs représentants… Et il avait trouvé cet idéal dans les Gaules. Après leur départ, du fait de Darkhell, il s’est persuadé qu’Alysia était une planète décadente et émasculée à jamais par les dieux, où les nations ne pourraient réussir qu’à condition d’éradiquer l’humanité telle que les dieux l’ont conditionnée… Mais ça, je ne les savais pas lorsque je l’ai rencontré. Je l’ai pris pour un pauvre enfant dépassé par les événements, qu’il fallait guider dans ce monde hostile pour éviter qu’il commette l’irréparable – tenter de tuer Darkhell, ce qui aurait signé son arrêt de mort. Nous avons alors mené un combat de longue durée contre le sorcier noir, jusqu’à ce que ce dernier s’empare de la pierre de Jovénia. A ce moment-là, il a fait tomber son masque et brisé la pierre, afin de faire commencer l’apocalypse. Le sorcier noir ayant temporairement disparu, je l’ai confronté, mais même si je l’ai vaincu, je n’ai pas réussi à l’achever… Je le croyais mort, mais après ce que j’ai vu aujourd’hui, je peux affirmer que je me suis trompé.

-D’accord, mais quel rapport avec moi ?

-Tu te souviens que dans le premier tome des aventures de Savinasse, j’avais écrit que ce dernier était l’amant de ta mère, qu’il s’estimait responsable de sa mort, et que tu avais juré de traquer ce meurtrier ?

-Oui… Sous-entendez-vous, maitre, que cet homme a tué ma mère ?

-Je ne le sous-entends pas ; je l’affirme. C’est en tout cas que ce m’a dit ton père, m’empressai-je d’ajouter, car ça aussi, je ne le savais pas quand il était mon apprenti.

Amy hocha la tête, septique. Elle ne semblait pas très convaincue par mes explications ; mais il lui faudrait s’en contenter. Afin d’éviter de la laisser en proie au doute, je pris la résolution d’attaquer manant le campement des Fabuleux.

Plus le temps passait, plus Amy sentait le poids de ses ruminations peser sur ses épaules, et marcher sur ceux qui avaient dérobé à son maitre des artéfacts qui, entre de mauvaises mains, pourraient détruire le monde tel qu’on le connaissait, n’aidait pas à la sortir de ses réflexions. Un autre apprenti ? Admettons. Mais un apprenti plus dangereux que le sorcier noir, et qui avait tué sa mère… Le doute commençait, insidieux, à s’immiscer dans l’esprit de la jeune fille, qui ne comprenait pas pourquoi Artémus lui avait caché ces choses, pourquoi personne ne lui en avait jamais parlé, et surtout, pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu que cet être se fasse le meurtrier de sa mère ? Il devait y avoir une raison, pour qu’une créature dotée de la prétention d’annihiler la race humaine s’abaisse à un meurtre pareil ; et elle ne désirait qu’une chose, la découvrir. Ils arrivèrent alors devant le campement des Fabuleux.

« Bon. Ecoutez-moi bien, les jeunots. Pontifia Artémus. Nous sommes devant un bivouac qui, en dépit de ses airs anodins, est gardé par plusieurs féroces truands, protégé sûrement par une série de pièges mortels, et qui peut espérer le secours d’un bretteur d’exception et de sa monture démoniaque si par malheur cela ne suffisait pas à nous arrêter. Autant de défis exaltants que nous allons relever ! Conclut-il en pointant du doigt la clairière qui, pour l’heure, semblait sans autres prétentions que d’être vierge de toute présence humaine autre que sous forme de tentes désertes. Son regard fut alors attiré par un objet placé en évidence au milieu de la clairière, au pied d’un gros rocher moussu. « Mais c’est mon coffre ! s’exclama-t-il. Et, fort de tous ses beaux conseils, il se prit pour Harpagon, son coffre pour une cassette ; et il se rua sur son précieux bien.

-Maitre, attendez ! lui cria Amy. Nous n’avons pas encore sécurisé la zone ! Mais il était trop tard. Le Légendaire avait déjà les mains sur le coffre qui s’effaçaient, en même temps que le sol et le gros rocher moussu, révélant une fosse d’à peu près deux mètres de profondeur, au fond de laquelle Artémus vint déposer son séant avec la souplesse qui le caractérise.

-Maitre ! s’écria Amy, en s’élançant vers le héros à terre. Une main la saisit brusquement par l’épaule, et la rangea de force sous l’ombre des futaies ; une main qui se révéla appartenir à Danaël. L’arme au clair, son regard était porteur d’une lucidité et d’une détermination qu’elle n’avait jamais vue. « Reste ici ! lui intima-t-il. Artémus a pris un risque inconsidéré ; il nous faut maintenant éviter de brûler nos chances stupidement en se précipitant sur lui. »

Il avait raison ; rapidement, plusieurs personnages armés se pressèrent autour d’Artémus.

« C’est intéressant… Constata la première ombre. Je n’aurais jamais cru que l’on pourrait neutraliser le plus grand héros d’Alysia aussi facilement…

-La solution était pourtant simple ! fit remarquer une deuxième. Il suffisait de te relever du commandement.

-Shaki, imbécile ! répliqua la première. Je n’ai jamais eu la moindre once d’autorité sur ce groupe !

-Comment ? Tu oses me traiter d’imbécile ?

-Assez ! Ordonna la troisième. Nous venons de nous débarrasser du légendaire, mais sa disciple court toujours ! Et aussi longtemps qu’elle sera en liberté, elle nous gênera. Autrement dit, il faut nous montrer prudents vis-à-vis du danger qu’elle représente ! Artémus, d’un autre côté… Je pense que celle qui a demandé l’épée d’Anathos sera également capable d’apprécier l’arme qui l’a tué…

La perspective que l’on dépouille son maitre en fut trop pour Amy ; elle se dégagea de l’étreinte du chevalier et chargea.

 

Campement des fabuleux

« Diantre ! » Cracha Danaël. En jurant de façon tout aussi pittoresque mais autrement plus grossière, le chevalier suivit la jeune guerrière. Cette dernière engageant l’espèce d’emplumé -Shaki -, il jeta son dévolu sur le samouraï – Michi-gan. « Comment puis-je connaitre leurs noms ? » se demanda Danaël. Mais il ne s’attarda pas à réfléchir plus avant ; il arriva au contact du Nipponois, et d’un seul coup d’épée, trancha l’un de ses katanas. Puis il lui envoya son poing dans le plexus, ce qui l’assomma proprement. Il fit alors volte-face, pour constater qu’Amy avait réussi à se débarrasser du Comanshawa. En revanche, le jaguaran était en fuite et Toopie se dirigeait vers Shimy. Danaël soupira, et avança vers la Fabuleuse, en balançant négligemment son épée sur son épaule. Son adversaire s’aperçut de la manœuvre et se retourna pour lui faire face.

« Misérable ! Cracha-t-elle. Je vais te donner ce que tu mérites pour avoir ainsi vaincu ma bande !

-Je crois, mon enfant, lui dit Danaël d’un ton paternel, que tu n’as pas démérité une bonne paire de claques…

Il n’eut pas le temps de mettre sa menace à exécution, car une ombre gigantesque s’abattit entre Toopie et lui.

« Toopie ! l’apostropha le cavalier, dont le visage était couvert par une capuche, et un masque de théâtre représentant un personnage souriant. Va te charger à l’écart de la femme, je m’occupe du mari : »

Il était déjà hors de selle lorsque son instruction finit de claquer. L’arme au clair, il engagea le combat contre le chevalier de Larbos, et l’or et la pourpre se heurtèrent à l’argent et au céruléen, dans un ballet mortel magnifique de claquantes passes d’armes.

Forêt, quelques dizaines de mètres du combat principal.

Shimy courrait aussi vite que lui permettait ses jambes graciles et sa poitrine de phtisique ; derrière elle se pressait, juchée sur ses patins, les couettes rousses volant au vent, son impitoyable adversaire. « Vous savez, lui dit-elle, je n’ai beau avoir que 15 ans, je n’ai plus l’âge de jouer à chat ! »

-Elle courrait, elle courrait, et le rouquin la poursuivait. « Tu sais, lui disait-il, nous avons beau avoir des corps d’enfant, nous avons passé l’âge de jouer à Chat ! » Et elle lui envoyait en riant un caillou à la figure, ou quelque chose comme ça, elle n’était plus sûre… - l’arbre mit fin au souvenir. Elle se prit sa branche de plein fouet, et se retrouva étalée, sur le dos, tandis qu’une douleur sourde naissait progressivement dans ses membres, et que la gamine apparaissait dans son champ de vision, au-dessus de sa tête… « Voilà ce qui arrive quand on joue à courir partout ! On tombe et on se fait mal… En même temps, ça n’était rien à côté de ce que je vais te faire…

-NON ! Hurla Shimy en fermant les yeux très fort, et en espérant que quand elle les ouvrirait, la méchante aurait disparu. Et, effectivement, lorsqu’elle les rouvrit, c’était le cas. Elle avait même grimpé à l’arbre, et il semblait qu’elle avait tiré la terre sur tout le chemin allant de devant Shimy jusqu’à la haute branche.

« Impressionnant, fit une voix. Je n’aurais jamais cru qu’une simple humaine puisse ainsi accomplir un tel exploit. Surtout une humaine aussi mignonne…

Shimy releva brutalement la tête. Devant elle se tenait un elfe à la peau couleur Trump, au regard engeôleur, et à la main tendue vers la jeune femme.

-ça ne te dirait pas de venir avec moi, poupée ? lui demanda l’apparition.

Shimy lui administra un soufflet suffisamment puissant pour l’envoyer valser, se redressa d’un bond et s’enfuit en criant.

-Oh, bon sang ! s’exclama l’elfe. Ce n’est pas avec ses pouvoirs élémentaires qu’elle a envoyé la gamine au sommet de l’arbre, Solaris. Tout est dans le poignet, niaf niaf ! Ce qui lui valut de découvrir que le traitement administré méritait, du point de vue de sa comparse, une piqure de rappel.

Campement des Fabuleux.

Les lames dansaient et s’entrechoquaient, tout près, tout près. L’or passe en terce, l’argent glisse et se redresse, et brillamment replia ce qui portait : le bras ! Les deux duellistes firent un pas de côté, et à la lumière de la lune, argent, ils se jaugèrent, pourpre et or, bleu argent, et reprirent leur tango de mort, pourpre argent, bleu et or. Enfin l’argent feinta vers le les yeux bleus de l’or, qui virent rouge ; l’attaque arrêté, l’ennemi en repli, l’on voulut sabrer, éclair doré ; erreur grossière ! L’argent changea de main, la victoire de camp, le sabrage emmena l’or loin de son porteur, l’argent revint, triomphateur, et pointa la gorge explosée… Le combat était terminé. Victoire de l’argent ; l’or se laisse tomber. Savinasse, en Brennus, rajoutant l’humiliation du verbe à celle de l’épée, déclara, amusé :

« C’est vrai que sans son or le bourgeois à l’air niais.

 Et dire que tu m’affirmais être ruiné !

Mais trêve de vers ! pour toi, en prose parler.

Comme vous pouvez le constater, messire, vous êtes vaincu ; constata le gaulois en ramassant l’épée d’or. Et je ne pense pas que vous vous croyiez capable de réitérer un tel exploit. Aussi vais-je vous suggérer de ne pas retirer l’épée contre moi, rajouta-t-il en remettant l’arme d’or au fourreau de son propriétaire. Mais si l’on pensait plutôt à aller rattraper votre bien-aimée ?

La bien aimée en question déboula à ce moment-là, et se jeta dans les bras de son mari ; débarquèrent à sa suite deux elfes, l’un marron, l’autre orange, qui semblaient intéressés par la fille. Savinasse remit en vitesse son capuchon et se replia dans les ombres.

-Ah, madame ! s’exclama l’orange, tout sourire. Vous tombez bien, car nous aimerions que vous nous suiviez.

-Obtempérez ou votre mari mourra. Précisa la marrone, laconique.

-Jamais ! s’exclama la femme, en tendant ses deux bras en croix entre elle et son époux.

-Ah oui ? réagit l’orange d’un ton méprisant. Et comment vas-tu nous empêcher d’agir ? Par la force ?

-La force me convient tout à fait ! rugit Amy en apparaissant dans les nues. Les elfes se tournèrent vers elle ; mais avant que le combat puisse commencer, plusieurs bêtes surgirent et s’emparèrent du trio, les emmenant au loin. La marrone voulut lancer un bras de pierre ; mais son comparse l’arrêta.

Route d’Orchidia.

« Nous avons eu une chance de maris trompés s’exclama Artémus, qui conduisait les montures. Les Fabuleux étaient du menu fretin, mais les elfes élémentaires sont des guerriers d’exception ! pour qu’ils soient ainsi intervenus contre nous, cela ne peut signifier qu’une chose : que Savinasse a convaincu tout ou partie le monde elfique des avantages générés par la concrétisation du projet qu’il doit avoir avec l’épée d’Anathos pour qu’on lui confie ces soldats d’exception !

-Maitre, si je puis me permettre, ce monsieur Savinasse n’est pas forcément avec les elfes !

-Alors ils travaillaient pour leur compte. Je ne vois pas quel état irait prendre le risque d’oser s’attaque à moi ! S’exclama le Légendaire. Je suis désolé, Amy, mais à la vue des risques qui courent sur nos personnes, nous devons nous mettre en sécurité. Et le seul endroit accessible, en considérant le nombre potentiel de nos ennemis, est la cité d’Orchidia !

Bivouac des fabuleux.

LA bête se posa majestueusement sur Gryf, prenant l’elfe élémentaire dans une patte. Solaris se mit en position de combat… Et se figea en voyant l’armure du cavalier. Un gaulois ? Qu’allait-il faire dans cette histoire ?

« Bonsoir, chérie. Lui souhaita le capucheux. Vous n’êtes pas sûre de vous sentir un peu seule ? Peut-être voudriez-vous faire un tour, ajouta-t-il, l’air malicieux (enfin, elle supposait qu’il prenait un air malicieux ; son visage était couvert par un masque) L’elfe prit plusieurs instants, affectant l’air d’une potentielle groupie attirée par tout ce qui pouvait se montrer grand, barbu, viril, alcoolique et chevauchant une puissante moto, puis répondit :

« D’accord, mais embarquez mon petit frère. S’il vous plait… Ajouta-t-elle. Cela ne vous dérange pas ?

Le gaulois sourit, puis d’un bras puissant, il saisit la jeune fille par la taille, et la posa devant lui ; puis il grogna une suite de sons nasaux et sans rythme aucun – du gaulois – et sa monture s’élança dans les cieux en grondant.

« Alors, poupée, on n’est pas bien ? Lui demanda-t-il, d’un ton qui fleurait bon le machisme – elle aimait ça. Elle partit d’un petit rire, un bon rire qui semblait dire oui… Mais comme il se penchait pour l’embrasser, elle lui dit, coquine : « Je suis mariée. »

-Formalité, répondit le gaulois.

-Et mon conjoint me manque, précisa-t-elle.

-je suis sûre que dans quelques secondes, il te manquera beaucoup moins.

-C’est une femme, et vous, vous êtes un vaurien…

Le gaulois s’immobilisa ; puis il donna un léger coup de talon, et sa monture partit en piquée ; arrivée à la hauteur du feuillage, elle lâcha Gryf, le laissant tomber à travers les feuillées, avant de reprendre de l’altitude.

-Une femme ? Demanda-t-il rhétoriquement. Ah ah ! et comment s’appelle-t-elle ?

-Regen.

-Et toi ?

-Solaris.

-hm hmm… Solaris, je peux te jurer qu’avant minuit, tu l’auras oublié, ta rengaine…

Solaris voulut le corriger ; mais avant qu’elle n’ait pu ouvrir la bouche, le gaulois avait enlevé son masque, et l’embrassait. Et, effectivement, elle oublia Regen.

Fin du chapitre 5