Chapitre 6
Note à l’information du lecteur : le personnage de « Shaak-ti » que j’ai fait apparaitre dans les précédents épisodes de cette histoire était bien le Fabuleux Shaki, et nom le maitre jedi Shaak-ti. Mes plus plates excuses.
Campement des fabuleux
« Diantre ! » Cracha Danaël. En jurant de façon tout aussi pittoresque mais autrement plus grossière, le chevalier suivit la jeune guerrière. Cette dernière engageant l’espèce d’emplumé -Shaki -, il jeta son dévolu sur le samouraï – Michi-gan. « Comment puis-je connaitre leurs noms ? » se demanda Danaël. Mais il ne s’attarda pas à réfléchir plus avant ; il arriva au contact du Nipponois, et d’un seul coup d’épée, trancha l’un de ses katanas. Puis il lui envoya son poing dans le plexus, ce qui l’assomma proprement. Il fit alors volte-face, pour constater qu’Amy avait réussi à se débarrasser du Comanshawa. En revanche, le jaguaran était en fuite et Toopie se dirigeait vers Shimy. Danaël soupira, et avança vers la Fabuleuse, en balançant négligemment son épée sur son épaule. Son adversaire s’aperçut de la manœuvre et se retourna pour lui faire face.
« Misérable ! Cracha-t-elle. Je vais te donner ce que tu mérites pour avoir ainsi vaincu ma bande !
-Je crois, mon enfant, lui dit Danaël d’un ton paternel, que tu n’as pas démérité une bonne paire de claques…
Il n’eut pas le temps de mettre sa menace à exécution, car une ombre gigantesque s’abattit entre Toopie et lui.
« Toopie ! l’apostropha le cavalier, dont le visage était couvert par une capuche, et un masque de théâtre représentant un personnage souriant. Va te charger à l’écart de la femme, je m’occupe du mari : »
Il était déjà hors de selle lorsque son instruction finit de claquer. L’arme au clair, il engagea le combat contre le chevalier de Larbos, et l’or et la pourpre se heurtèrent à l’argent et au céruléen, dans un ballet mortel magnifique de claquantes passes d’armes.
Forêt, quelques dizaines de mètres du combat principal.
Shimy courrait aussi vite que lui permettait ses jambes graciles et sa poitrine de phtisique ; derrière elle se pressait, juchée sur ses patins, les couettes rousses volant au vent, son impitoyable adversaire. « Vous savez, lui dit-elle, je n’ai beau avoir que 15 ans, je n’ai plus l’âge de jouer à chat ! »
-Elle courrait, elle courrait, et le rouquin la poursuivait. « Tu sais, lui disait-il, nous avons beau avoir des corps d’enfant, nous avons passé l’âge de jouer à Chat ! » Et elle lui envoyait en riant un caillou à la figure, ou quelque chose comme ça, elle n’était plus sûre… - l’arbre mit fin au souvenir. Elle se prit sa branche de plein fouet, et se retrouva étalée, sur le dos, tandis qu’une douleur sourde naissait progressivement dans ses membres, et que la gamine apparaissait dans son champ de vision, au-dessus de sa tête… « Voilà ce qui arrive quand on joue à courir partout ! On tombe et on se fait mal… En même temps, ça n’était rien à côté de ce que je vais te faire…
-NON ! Hurla Shimy enfermant les yeux très fort, et en espérant que quand elle les ouvrirait, la méchante aurait disparu. Et, effectivement, lorsqu’elle les rouvrit, c’était le cas. Elle avait même grimpé à l’arbre, et il semblait qu’elle avait tiré la terre sur tout le chemin allant de devant Shimy jusqu’à la haute branche.
« Impressionnant, fit une voix. Je n’aurais jamais cru qu’une simple humaine puisse ainsi accomplir un tel exploit. Surtout une humaine aussi mignonne…
Shimy releva brutalement la tête. Devant elle se tenait un elfe à la peau couleur Trump, au regard engeôleur, et à la main tendue vers la jeune femme.
-ça ne te dirait pas de venir avec moi, poupée ? lui demanda l’apparition.
Shimy lui administra un soufflet suffisamment puissant pour l’envoyer valser, se redressa d’un bond et s’enfuit en criant.
-Oh, bon sang ! s’exclama l’elfe. Ce n’est pas avec ses pouvoirs élémentaires qu’elle a envoyé la gamine au sommet de l’arbre, Solaris. Tout est dans le poignet, niaf niaf ! Ce qui lui valut de découvrir que le traitement administré méritait, du point de vue de sa comparse, une piqure de rappel.
Campement des Fabuleux.
Les lames dansaient et s’entrechoquaient, tout près, tout près. L’or passe en terce, l’argent glisse et se redresse, et brillamment replia ce qui portait : le bras ! Les deux duellistes firent un pas de côté, et à la lumière de la lune, argent, ils se jaugèrent, pourpre et or, bleu argent, et reprirent leur tango de mort, pourpre argent, bleu et or. Enfin l’argent feinta vers le les yeux bleus de l’or, qui virent rouge ; l’attaque arrêté, l’ennemi en repli, l’on voulut sabrer, éclair doré ; erreur grossière ! L’argent changea de main, la victoire de camp, le sabrage emmena l’or loin de son porteur, l’argent revint, triomphateur, et pointa la gorge explosée… Le combat était terminé. Victoire de l’argent ; l’or se laisse tomber. Savinasse, en Brennus, rajoutant l’humiliation du verbe à celle de l’épée, déclara, amusé :
« C’est vrai que sans son or le bourgeois à l’air niais.
Et dire que tu m’affirmais être ruiné !
Mais trêve de vers ! pour toi, en prose parler.
Comme vous pouvez le constater, messire, vous êtes vaincu ; constata le gaulois en ramassant l’épée d’or. Et je ne pense pas que vous vous croyiez capable de réitérer un tel exploit. Aussi vais-je vous suggérer de ne pas retirer l’épée contre moi, rajouta-t-il en remettant l’arme d’or au fourreau de son propriétaire. Mais si l’on pensait plutôt à aller rattraper votre bien-aimée ?
La bien aimée en question déboula à ce moment-là, et se jeta dans les bras de son mari ; débarquèrent à sa suite deux elfes, l’un marron, l’autre orange, qui semblaient intéressés par la fille. Savinasse remit en vitesse son capuchon et se replia dans les ombres.
-Ah, madame ! s’exclama l’orange, tout sourire. Vous tombez bien, car nous aimerions que vous nous suiviez.
-Obtempérez ou votre mari mourra. Précisa la marrone, laconique.
-Jamais ! s’exclama la femme, en tendant ses deux bras en croix entre elle et son époux.
-Ah oui ? réagit l’orange d’un ton méprisant. Et comment vas-tu nous empêcher d’agir ? Par la force ?
-La force me convient tout à fait ! rugit Amy en apparaissant dans les nues. Les elfes se tournèrent vers elle ; mais avant que le combat puisse commencer, plusieurs bêtes surgirent et s’emparèrent du trio, les emmenant au loin. La marrone voulut lancer un bras de pierre ; mais son comparse l’arrêta.
Route d’Orchidia.
« Nous avons eu une chance de maris trompés s’exclama Artémus, qui conduisait les montures. Les Fabuleux étaient du menu fretin, mais les elfes élémentaires sont des guerriers d’exception ! pour qu’ils soient ainsi intervenus contre nous, cela ne peut signifier qu’une chose : que Savinasse a convaincu tout ou partie le monde elfique des avantages générés par la concrétisation du projet qu’il doit avoir avec l’épée d’Anathos pour qu’on lui confie ces soldats d’exception !
-Maitre, si je puis me permettre, ce monsieur Savinasse n’est pas forcément avec les elfes !
-Alors ils travaillaient pour leur compte. Je ne vois pas quel état irait prendre le risque d’oser s’attaque à moi ! S’exclama le Légendaire. Je suis désolé, Amy, mais à la vue des risques qui courent sur nos personnes, nous devons nous mettre en sécurité. Et le seul endroit accessible, en considérant le nombre potentiel de nos ennemis, est la cité d’Orchidia !
Bivouac des fabuleux.
LA bête se posa majestueusement sur Gryf, prenant l’elfe élémentaire dans une patte. Solaris se mit en position de combat… Et se figea en voyant l’armure du cavalier. Un gaulois ? Qu’allait-il faire dans cette histoire ?
« Bonsoir, chérie. Lui souhaita le capucheux. Vous n’êtes pas sûre de vous sentir un peu seule ? Peut-être voudriez-vous faire un tour, ajouta-t-il, l’air malicieux (enfin, elle supposait qu’il prenait un air malicieux ; son visage était couvert par un masque) L’elfe prit plusieurs instants, affectant l’air d’une potentielle groupie attirée par tout ce qui pouvait se montrer grand, barbu, viril, alcoolique et chevauchant une puissante moto, puis répondit :
« D’accord, mais embarquez mon petit frère. S’il vous plait… Ajouta-t-elle. Cela ne vous dérange pas ?
Le gaulois sourit, puis d’un bras puissant, il saisit la jeune fille par la taille, et la posa devant lui ; puis il grogna une suite de sons nasaux et sans rythme aucun – du gaulois – et sa monture s’élança dans les cieux en grondant.
« Alors, poupée, on n’est pas bien ? Lui demanda-t-il, d’un ton qui fleurait bon le machisme – elle aimait ça. Elle partit d’un petit rire, un bon rire qui semblait dire oui… Mais comme il se penchait pour l’embrasser, elle lui dit, coquine : « Je suis mariée. »
-Formalité, répondit le gaulois.
-Et mon conjoint me manque, précisa-t-elle.
-je suis sûre que dans quelques secondes, il te manquera beaucoup moins.
-C’est une femme, et vous, vous êtes un vaurien…
Le gaulois s’immobilisa ; puis il donna un léger coup de talon, et sa monture partit en piquée ; arrivée à la hauteur du feuillage, elle lâcha Gryf, le laissant tomber à travers les feuillées, avant de reprendre de l’altitude.
-Une femme ? Demanda-t-il rhétoriquement. Ah ah ! et comment s’appelle-t-elle ?
-Regen.
-Et toi ?
-Solaris.
-hm hmm… Solaris, je peux te jurer qu’avant minuit, tu l’auras oublié, ta rengaine…
Solaris voulut le corriger ; mais avant qu’elle n’ait pu ouvrir la bouche, le gaulois avait enlevé son masque, et l’embrassait. Et, effectivement, elle oublia Regen.
Fin du chapitre 6.
Je n'aimais pas les briseurs de couple. J'avais tort ; c'est un exercice des plus amusants.