Je suis dans une sacrée veine d'inspiration !
Chapitre 9
Le capitaine Shamira tournait comme un ours en cage quand la réalité se déforma pour laisser passer un adulte qui, apparemment, n'avait aucun talent pour discerner les humeurs du capitaine - une caractéristique souvent fatale pour qui la fréquentait.
-Bonsoir, capitaine. Mon nom ne vous dira rien ; mais puisque vous aviez un vaisseau prêt à partir pour l'arbores Elementiae, je vais vous demander de m'y déposer. Et de me suivre, accessoirement.
Et d'embarquer sur ledit vaisseau. Shamira fut tellement surprise par l'attitude de l'individu qu'elle resta de longs instants immobile, ne sachant comment réagir. Puis elle se précipita à sa suite, alors qu'il embarquait.
-Il est hors de question que vous réquisitionnez un vaisseau de la marine elfique ! Et d'abord, qui êtes-vous ?
L'homme ne répondit pas. au lieu de ça, il se dirigea tranquillement vers le tableau de commandes, et mit les moteurs en route. Le vaisseau partit en vrombissant.
-Mon nom n'a pas d'importance. Sachez juste que mon œuvre peut sauver votre fille...
-Ma fille est morte de la main de Darkhell ! Répliqua-t-elle. Escouade bleue...
Et Shamira se rendit compte qu'elle était seule avec lui.
***
Arboris Elementia
Le vaisseau se posa en douceur devant l'arbores, et l'inconnu sauta au sol. Shamira bondit à sa suite.
-Attendez ! Seul un elfe élémentaire a le droit de...
-Inexact . Tout individu ayant des liens de sang avec les elfes et la magie peut se rendre dans le sanctuaire. Suivez-moi : vous ne résisterez pas à l'envie de m'arrêter par ignorance, alors je préfère vous avoir sous les yeux.
-Un être suffisamment vil pour tenter d'exploiter l'amour d'une mère....
-Où êtes-vous allé imaginer que je voulais vous exploiter ? Je n'avais besoin que de votre vaisseau, mais le fait est que mes agissements vont aller dans les intérêts de votre fille, alors...
-Ma fille est morte !
-Ça peut s'annuler.
Il s'immobilisa devant l'arbores, et cria d'une voix forte :
"Statut du Catalyseur Arcanique !
Et l'arbores répondit.
-Défaillances critique des fonctions vitales. Préconisons remplacement...
-Personnel irremplaçable , Répliqua l'inconnu. Mesure de la température corporelle.
-30 degrés, pièce froide et humide. Mort datant de moins de vingt-cinq heures. Préconisons réinitialisation temporelle sur ce délai.
-Éxécution.
-L'arbores se mit à vibrer. L'inconnu se tourna vers Shamira :
-Ne soyez pas étonné de me voir commander à l'arbores. Son créateur était un de mes meilleurs amis. Le seul véritable, à vrai dire. vous devriez quitter les lieux.
-Pas sans réponses !
-le subjonctif n'induisait pas une suggestion.
Il leva la main ; et Shamira s'envola, s'envola loin, jusqu'à son vaisseau. Une brume orangée se méla à la blanche habituelle. Shamira se précipita au pied de l'arbores, mais il n'y avait plus rien...
***
Arboris Elementia, 24h plus tôt .
-Statut ?
-Fonctions vitales faibles mais constantes. Inconscience.
-ouvre-moi l'armurerie.
L'arbores chuinta, puis produisit des tréfonds de ses racines deux râteliers d'armes et trois mannequins en armure. Savinasse hésita un instant, puis enfila une cotte de maille en mithril, une cape en cuir de dragon et prit sur le râtelier de gauche une dague dont la lame bruissait doucement d'une lueur orangée. Puis il se saisit d'une lame tueuse de démon qu'il rangea dans son fourreau ; il marmonna un sort, et il n'eut plus l'apparence que d'un vulgaire vagabond. Comme il voulait transplanter :
-L'arbores : n'est ce pas contre les règles ?
-Savinasse : Darkhell les a déjà outrepassées. il disparut.
***
Élysio, charge-toi des légendaires...
Lui commanda Darkhell. commander ? Il ne donnait pas d'ordres. juste des conseils. toujours de bons conseils, pour le bien suprême et la paix dans le monde. l'entendre le rendait heureux ; le satisfaire était une petite apothéose. il allait maintenant tuer les misérables qui osaient menacer le projet.
"Non, ce sont des alliés, ils ne me veulent pas de mal, je dois les sauver pour me libérer de Darkhell , pour qu'il sorte de ma tête...
Qui osait ? encore L'homme qu'il avait été ? il jeta un regard vers Darkhell. Le bienfaiteur de l'humanité comprit ; une vive douleur naquit à la base de son crâne , et la voix s'estompa. il allait maintenant accomplir son destin. la voix-qui-fut lui parlait de libérer ? il allait justement les libérer, par l'absolution de la mort... Son maître s'écarta : son regard n'était plus un prolongement du Sien. Alors qu'il s'apprêtait à instaurer la paix dans le monde, un vagabond survint : Avec une vitesse surhumaine, il lui bondit dessus, et - Sacrilège ! - il écrasa le talisman qui le protègait du libre-arbitre, source de violence et se mort. Et...
***
Que fais-je ici ? Libérer les légendaires !
-Je m'en charge. lui dit le vagabond.Les branchages qui retenaient les héros d'Alysia cédèrent.
-Vite, Criai-je, il faut se débarrasser de Darkhell !
-Tu t'es libéré ? Réalisa-t-il. Jadina ! Neutralise ce rebut ! Elle chargea son bâton ; je voulus esquiver, mais mes muscles devinrent flasques, et je m'immobilisait. Oh, non, me sussura-t-il, tu ne m'échappera pas : n'oublie pas que sans moi, tu ne serais même pas apprenti sorcier... tu avais la chance de m'obéir au nom de ma douceur, je vais maintenant te mettre au pas... par la douleur !
Un premier me frappa la poitrine, puis un deuxième, et ils se succédèrent, toujours plus douloureux, car Darkhell, par l'intermédiaire du lien psychique qui nous unissait, excitait mon système nerveux.
-Non ! Pitié ! Hurlai-je alors que Jadina armait son bâton.
-Zhârr-Maniak ! Rugit le vagabond. Touche à un cheveu de sa tête et j'offrirai ton âme aux artificiers de la forge des âmes !
-Com... Savinasse ? Changement de plan ! Jadina, fait sauter le jade !
Au dernier moment, la princesse s'éxecuta et détourna son bâton-aigle.
-Diantre ! Légendaires, rassemblez-vous autour de moi ! Grogna Savinasse.
Je ne sais pourquoi ils s'éxécutèrent ; ce que je sais, c'est que je trouvais les ressources pour former un champ de force autour d'eux. Mais Darkhell avait raison ; sans lui, je ne pouvais pas dépasser longtemps le niveau d'un apprenti sorcier. L'explosion retentit, menaçant de balayer la barrière ; mais elle tint, et nous survécûmes. Je dissipait le sortilège.
***
Élysio, mon Chroniqueur, et bien plus encore, dissipa la barrière. Puis il me fit un petit sourire triste, et s'effondra dans mes bras.
***
Le sort était trop puissant pour moi. Vais-je mourir ?
-Non, Élysio. Tu m'as renié ; je me vengerai, et ta mort viendra de ma main. Oh, oui, je me vengerai...
-Non... marmonnai-je.
-Je ne lui en laisserai pas l'occasion, fiston. Me dit doucement Savinasse. Dort, maintenant, ajouta-t-il en me caressant les cheveux. Dort et remets-toi.
Je plongeai dans le sommeil, ma main dans la sienne.
***
-Vous l'avez endormi ? Demanda Danaël.
-Vous êtes observateur. Commenta le nouveau venu. Transportez-le.
-Vous me donnez des ordres ? Écoutez, je vous connais, et de ce que Mamy m'a dit de vous...
-Tu n'écoutais mamy que quand ça t'arrangeais. Et moi, je n'ai pas eu besoin de l'écouter pour savoir ce que l'on dit de toi. Mais sache ce qu'elle ne t'as pas dit : de toutes les créatures de l'univers, je suis la seule que Zhârr-Maniak - enfin, Darkhell - craigne ; et si je tente de sauver ta misérable peau et ton petit monde , c'est uniquement pour Élysio ! Je ne le laisserai pas seul face à Darkhell... pas une nouvelle fois. Transportez-le. Où renoncez à mon aide.
-Razzia ?
-Danaël ?
-Fais ce qu'il nous dit de faire.
Fin du chapitre 9