PRÉCÉDÉMMENT: Razzia est de retour à Rymar. Cependant il n'est pas encore prêt à prendre un nouveau départ: il veut d'abord se venger de Darkhell.
Mais sa vengeance devra attendre: à contrecoeur il accepte d'escorter un enfant, Nobisa. Ce dernier souffre d'une malédiction: les plus terribles secrets des gens qui lui parlent se déversent dans sa tête.
Au seuil d'un âpre voyage, les deux rencontrent enfin un médecein-sorcier, le docteur Hingo, qui lui forge une amulette pour sceller la malédiction.
Cependant, il précise que l'enfant est toujours maudit. Razzia et Nobisa repartent donc sur les routes à la recherche du maître du docteur, un certain Myksval.
S'autorisant un détour poussé par leur passion commune des aventures de Korbo L'archéologue aventurier, les deux débarquent à Tergiverse, la plus grande bibliothèque de la région. Ils la découvrent anéantie. Ils offrent leur aide à l'unique rescapé.e du carnage, un.e ménestrel.le du nom de Troubadour, avant de repartir tous les trois sur les routes... Jusqu'à ce que la garde rymarienne vienne arrêter Razzia.
Arrêté. Bientôt condamné.
Voilà quatre jours que Razzia gis dans cette cellule avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids.
Cependant, il redoute moins la condamnation du douloureux verdict que celle des regards assassins. Ceux que personne ne manquera de lui asséner et qui meurtriront son âme écroulée.
Sa peur l’enveloppe et durcit la tombe qu’il devient peu à peu. Tant et si bien que même le brûlant brasier vengeur en lui ne le réchauffe guère, rendu muet par un vent violent, le souffle redoutable de ses erreurs.
Tout son être est perdu dans cette bourrasque, luttant désespérément, cherchant à s’échapper. C’est un conflit qu’il ne peut regarder en face, qui lui semble perdu d’avance.
« Tu as de la visite ! » l’arrache subitement de sa torpeur un gardien.
Sa vaine tentative d’autorité se heurte au colosse sans le remuer. Ce dernier s’inquiète davantage du regard que lui décochera l’âme qui vient le trouver dans son trou. Cette dernière s’approche à pas légers.
Finalement Razzia est soulagé quand il aperçoit l’enfant qui l’accompagnait du bon côté des barreaux. Seulement, son soulagement dure peu, abattu par cet air si soucieux qu’il découvre sur ce visage d’enfant.
-Nobisa ! s’empresse-t-il.
« Est-ce que tu vas bien ?? »
-Je vais bien Monsieur Razzia. répond-il d’une voix effacée. « Et vous ? »
-Ne m’appelle pas Monsieur et ne t’inquiète pas pour moi je vais bien !
Et Troubadour ? Comment-
-Iel a commencé à chanter les mémoires de Tergiverse à cette ville. Avec un peu de chance, grâce à lui vous aurez la sympathie du public pour le procès.
-Le procès ? Quand ça ?
-Demain.
Pris de court par ce délai si restreint, Razzia broie par inadvertance un barreau de sa cellule. Le gardien, attiré par le bruit, est désarmé et repoussé par la voix de l’enfant. Une parole calme mais sèche, frappée d’un ton trop lourd.
Une fois l’indésirable écarté, le prisonnier s’active à redonner forme au barreau.
Mais soudain une autre parole sèche l’arrache à sa tâche. Levant les yeux, l’inquiétude s’empare de lui tandis qu’il découvre que les traits d’enfant ont disparu sous un visage inquiet.
« Monsieur Razzia. Vous me devez la vérité. »
-L-La vérité ?
-Je sais que vous me cachez un truc. Je ne peux plus l’ignorer avec… Ça.
Je dois savoir. Qu’avez-vous fait.
Même s’il tremble, Nobisa prononce durement ses mots hérissés de crainte.
Ils viennent se planter dans la chair du guerrier désarmé avant de venir se consumer dans son brasier. Le choc est tel qu’il tombe à genoux avant de faire tomber sa tête.
-Nobisa… commence le pauvre Razzia acculé.
« …
Je te raconterai tout ce tu veux. J’en fais le serment. Mais tu dois me promettre de ne pas assister au procès. »
L’enfant ne rétorque rien. Du moins, pas avec des mots : ses traits se durcissent.
« Tu risques d’être pris à tort pour un complice. » poursuis le colosse abattu. « S’il te plaît. »
Nulle nouvelle réponse. Rien que des traits encore plus durs.
« Promets-le-moi !! » s’emporte Razzia affolé, tordant plusieurs barreaux !
Cette fois son visiteur se fend d’un pas en arrière, tandis que son visage si dur endosse un air terrifié.
Quand ses yeux tremblants détaillent le colosse à genoux, ils ne perçoivent qu’une sincère vulnérabilité.
Pourtant la peur prend le dessus et lui arrachent des mots choqués.
-Je ne peux plus vous faire confiance.
Il dit et s’en retourne dans le sombre couloir qui le mène à la liberté, malgré les bruyantes supplications du guerrier emprisonné.
Toute son attention est rivée sur le lointain poste de garde.
Une fois arrivé après ses pas précipités, il y récupère… Son amulette.
Incrédule, il la fixe avant de jeter des yeux sur cette obscurité où est retenue son compagnon. Dans sa tête des questions tourbillonnent tant qu’elles lui cachent cette silhouette qui s’engouffre dans ces ténèbres.
Derrière ses barreaux le guerrier abandonné gît, impuissant, ces yeux attirés par le sol.
De tout son être il espère que l’enfant finisse par l’écouter.
Son cœur, quant à lui, manque presque un battement quand il entend des pas venir à lui.
-Nobisa ! D’accord je veux bien t’expliquer en partie mais tu dois me promettre que-
Soudain il s’interrompt. Son souffle se stoppe et arrondit ses yeux tandis que les pas finissent de le rejoindre.
« V-V-Vous ??! »
Ce n’est pas l’enfant. Mais un semblant de gentleman.
-Moi ! assène-t-il en jubilant.
Lentement Razzia se relève. Le poids en lui fond pour se changer en épines d’indignation.
-Vous. Juste vous. répète-t-il, serrant davantage les barreaux.
-Vous voulez rajouter Insultes aux chefs d’accusation ? Ça ne me dérange pas, vous savez !
-Vous ne vous en tirerez pas ! prononce le prisonnier avec aplomb.
-Ah, vraiment ? C’est votre parole contre la mienne, cher monsieur. Et j’ai des preuves pour l’appuyer !
-Peu importe.
Razzia achève de se relever. Projetant sa haute stature sur le visiteur, il l’aurait intimidé si les barreaux de sa cellule ne ternissaient pas son aura.
« Il n’y a qu’une vérité et vous ne pourrez pas la changer. » prononce-t-il froidement, réprimant une forte envie de l’agripper.
Envie qui se renforce quand dans un sursaut d’arrogance, l’outrecuidant ricane.
-La vérité, c’est moi qui la dicte.
Et la vérité, c’est que personne ne menace Aqruna sans le regretter. »
Les ennuis reprennent.
Aqruna a piégé Razzia.
Heureusement ce dernier n’a fait gicler aucune
TRACE DE SANG
Qui aurait pu être retournée contre lui au procès.