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Fanfictions

Traces de Sang: Chapitre 28

PRÉCÉDEMMENT: au cours de son voyage, Razzia et Nobisa ont croisé la route d'un marchand ambulant, Aqruna. Ce dernier essaya de les arnarquer, mais l'enfant révéla la supercherie. Cela eut pour effet de mettre en colère Razzia qui dégaina son épée pour ordonner à l'escroc de partir.
C'est ce même escroc qui porta plainte et fit arrêter Razzia. Il pousse même le vice jusqu'à venir le narguer dans sa cellule !
Le guerrier est tout de même rassuré: nul n'a encore découvert qu'il était Korbo l'Ombre Rouge.

Néanmoins, le procès va bientôt débuter...

 

 

 

 

18 de Frimios, 9h du matin.

Au tribunal de Matasa les voix fusent et vont bon train. Au premier rang, un coquet coiffé d’un haut-de-forme se pomponne, pas inquiet pour un sou.

Soudain les voix s’effondrent et leurs porteurs se lèvent : Madame la Juge fait son entrée.
Surplombant toute la pièce avec son air ferme et dur, d’un coup de marteau sur son pupitre elle fait se rassoir la foule.

 

« Faites entrer l’accusé. » ordonne-t-elle simplement.

 

Aussitôt un garde se retire. Il revient peu après, escortant un colosse enchainé à l’air digne.
Cependant il fléchit la nuque quand les regards, semblables à des vautours, se posent sur lui et le mutilent de leurs serres pointues. Pire encore : ces volatiles jacassent des murmures qui sont autant de coup de becs donnés dans sa chair. Pourtant il demeure ferme dans sa démarche jusqu’au banc des accusés.

Quand il l’atteint il s’immobilise jusqu’à ce qu’on lui intime l’ordre de s’asseoir.

 

Enfin, les hostilités démarrent, embrasées par la juge.

 

« Je déclare le procès de Razzia de Rymar ouvert. Greffier, vos déclarations préliminaires, je vous prie. »

 

À ces mots un petit homme se dresse et déroule un parchemin grand comme une demi-toise et prononce :

-Le dénommé Razzia ici présent est accusé d’avoir menacé la victime, le dénommé Aqruna également présent. Il aurait d’abord saccagé sa boutique avant de le menacer de son arme si ce dernier venait à en parler. À cela s’ajoute la suspicion d’enlèvement et de destruction de la ville de Tergiverse.

 

Il achève et se rassoit sous les bruyants murmures accusateurs et l’expression incrédule du prévenu.

 

-Merci greffier.
Accusé, levez-vous.

Reconnaissez-vous les faits ? demande la juge au guerrier une fois debout.

-Non Votre Honneur. Ces derniers ont été falsifiés.

-Quelle est donc votre version des faits ?

-C’est un scandale ! s’emporte Aqruna, bondissant sur son banc. Cet homme a attenté à ma vie et ma carrière et vous lui donnez la parole !


D’un coup de marteau la haute autorité le rappelle à l’ordre.

 

-M. Aqruna, ceci est la procédure et vous devez la respecter.

 

Fulminant, le bafoué se rassoit.

 

« Accusé, votre version des faits. » poursuit-elle.

-J’ai croisé la route de M. Aqruna et ce dernier a essayé de m’extorquer. La supercherie dévoilée, je lui ordonné de partir-

-Votre Honneur ! Cette version est falsifiée ! s’emporte avec plus de mesure la victime du procès.
« Ce Razzia ne vous dit pas qu’il m’a demandé de partir en me menaçant avec son immense épée ! »

-Qu’avez-vous à répondre à cela, accusé ?
 

-…

-Eh bien ?

 

-C’est vrai, Votre Honneur.

-Je souhaiterais ajouter quelque chose à la cour, madame la Juge !

-Et qu’est-ce donc, M. Aqruna ?

-Je souhaiterais présenter l’arme de l’accusé à la cour en guise de pièce à conviction !

-Hm… Faites donc.

 

D’un claquement doigt le marchand escroc fait venir des gardes à la barre. Ils peinent à avancer, ployant sous le poids d’un immense morceau d’acier qu’ils déposent péniblement au vu et au su de tous.

Dans la salle, les regards se font admiratifs avant de sombrer dans la méfiance. Un sentiment qu’exacerbe Aqruna :

 

-Madame la Juge, vous constaterez qu’une arme pareille est dangereuse ! Aussi dangereuse que le truand qui la manie !

-Mmh…

-Objection ! intervient Razzia. « Porter une arme par les temps qui courent est justifié et ne fait pas de moi un dangereux criminel ! »

-Vous auriez raison si vous aviez une épée normale. Mais à la place vous portez ce morceau d’acier absurde que vous seul pouvez manier ! Vous chassez le dragon avec une horreur pareille ?!

-Vous vous trompez : une femme a su manier cette arme !

-Eh bien que cette femme témoigne !

 

Un nouveau coup de marteau vient calmer les esprits qui s’échauffent.

 

-Il suffit. Reprends calmement la juge. « M. Aqruna, la cour accepte cette arme en tant que pièce à conviction. »

À ces mots, le visage de la victime se fend d’un rictus de jubilation.

« Veuillez cependant ne pas outrepasser vos droits ; c’est à moi que revient le droit d’accepter ou non des témoins à la barre. » assène-t-elle, brisant le rictus.

« Accusé, vous pouvez présenter cette femme comme témoin de moralité. Veuillez nous donner son nom ». conclut-elle.

 

 

Mais le colosse demeure interdit.

La demande lui fait courber la tête et le voilà qui redoute les mots qu’il s’apprête à dire. Quand la juge le presse de nouveau, il se met à trembler.

 

-Cette femme ne pourra pas témoigner.

-Et pour quelle raison ? interroge la juge.

-Elle s’appelait Sheyla.
Elle était ma sœur et garde du corps du roi à Cymbalia, sous le nom de Valiha.
Elle est morte lors de l’attaque du Sorcier Noir il y a deux ans.

 

 

 

Un lourd silence se pose dans la salle. L’invasion de Cymbalia a été terrible pour tout Alysia, tant et si bien que nul n’ose ne serait-ce que murmurer…

 

Il n’y en a qu’un qui ose :

 

-Et on est censé vous croire ?! attaque Aqruna, soulevant des murmures divisés.
Cependant, sa cible demeure digne.

-Je ne peux pas vous prouver que Sheyla et moi étions à Cymbalia lors de l’invasion de Darkhell. Mais je peux prouver que j’ai bien une sœur qui s’appelle Sheyla : il vous suffit de consulter les archives de la capitale. Mon nom est-

-Et pourquoi pas celle de votre ville natale ? rétorque l’escroc avec un ton hautain.

-Parce que nous sommes originaires de Jonsenrih. Cette ville a été rasée par le Sorcier Noir il y a presque 25 ans. J’avais 11 ans à l’époque.


 

Un nouveau silence. Cette fois Aqruna ne rétorque rien. Seule madame la Juge donne discrètement des directives à un garde avant de briser le silence.

 

 

-Cela sera vérifié. À présent, veuillez faire comparaitre vos témoins. M. Aqruna ?

 

À ces mots le godelureau se redresse, et la main sur le cœur, clame fièrement :

-Je n’ai nul besoin de témoin. Mon intégrité parle pour moi.

 

 

Sa voix solennelle lui octroie quelques applaudissements. Toutes ces mains qui s’agitent lui excusent presque son arrogance. Même un coup sur le pupitre de la juge ne les fait pas taire immédiatement.

Quand ceux-ci acceptent de s’évanouir, elle poursuit.

 

-Accusé, avez-vous des témoins ?

 

Le colosse se relève.
Du coin de l’œil il voit le demi-sourire narquois de celui qui l’accable. Mais déjà il ne le regarde plus : ses yeux balayent la salle.
Comme ils ne trouvent pas ce qu’il cherche, le guerrier soupire de soulagement et s’adresse à la juge.

 

-Votre Honneur, je n’ai-

-Si !

 

 

Tous les regards se tournent vers cette voix qui a fendu la déclaration de l’accusé. Son porteur, un jeune enfant, surprend encore davantage.

Avant que madame la juge ne l’interroge, il lui donne des réponses.

 

-Je m’appelle Nobisa. Je suis originaire de Rorefa. Et je viens témoigner en faveur de l’accusé.

 

 

 

Razzia ne peut y croire. Et il n’y croit toujours pas quand l’enfant est appelé à se rendre près de lui, sur un banc du public.
Plus grave encore : ses yeux surprennent Aqruna troquant son visage choqué pour des traits plus sournois.

N’y tenant plus, Razzia assaille Nobisa de ses mots :

 

 

-Je t’avais dit de ne pas venir !

 

 

 

Ses mots se heurtent à un visage qui se détourne. Renvoyés, ils font trembler le colosse.

 

« Tu m’avais dit que tu ne pouvais plus me faire confiance ! » insiste-t-il !

 

 

Ses mots-là atteignent leur cible : le visage de l’enfant fait face à Razzia. L’espace d’un instant ses traits s’adoucissent, frappés par un doute.
L’instant d’après ils redeviennent durs en se tournant vers l’ennemi.

 

 

-Je n’ai pas plus confiance en lui. »

 

 

 

Le procès est à ses balbutiements

Nobisa est impliqué à présent.

 

Razzia prie pour qu’aucune de ses

TRACES DE SANG

N’éclabousse son compagnon.

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shimyandvioline
Le mer 16/09/2026 - 15:21

Wah...