Image de profil
Fanfictions

Traces de Sang: Chapitre 29


PRÉCÉDEMMENT: le procès opposant Razzia à Aqruna a démarré. Le marchand escroc attaque avec agressivité le guerrier et présente le Léviathan comme pièce à conviction, sans pour autant prendre l'ascendant. Soudain débarque Nobisa... 

 

 

 

18 de Frimios, 9h30 du matin.

Nobisa est à la barre sous le regard inquiet de Razzia et celui sournois d’Aqruna. Devant lui, Madame La Juge le surplombe avec son allure ferme et juste, chassant les murmures du public d’un geste ample.

 

« Ainsi, vous venez témoigner en faveur de l’accusé. commence-t-elle.

-C’est exact, votre Honneur. répond calmement l’enfant.

-Quel est votre lien avec l’accusé ?

-Nous voyageons ensemble depuis peu. Je dois voir un docteur et il m’accompagne car nous allons au même endroit.

-Et où allez-vous ?

-Nous devons le chercher ici, à Matasa.

-Vous et l’accusé vous connaissez depuis longtemps ?

-Je vais vous le dire votre Honneur ! intervient brutalement Aqruna !
« Ils ne se connaissent que depuis le début de ce soi-disant voyage, car l’accusé a enlevé cet enfant ! »

 

Des indignations sont jetées dans les airs et fondent sur le colosse avec la voracité d’un vautour. Mais il demeure ferme.

Madame la Juge arme son marteau pour chasser ces oiseaux de mauvais augures… Mais c’est finalement quelqu’un d’autre qui les abats :

 

-C’est faux ! Je n’ai pas été enlevé !

-Mon enfant vous ne risquez plus rien. reprend le semblant de gentleman dans un faux mélange de dignité et d’étrange compassion.
« Le méchant monsieur est capturé et sa terrifiante arme est confisqué. Tu peux dire la vérité ! »

-Je vous ai dit la vérité : je n’ai pas été enlevé !

-Madame la Juge, je pense que le témoin n’est pas fiable : il a été traumatisé.

-Vous allez arrêter de raconter n’importe quoi ?!

-Nobisa-

-Du calme ! Du calme ! tempère à grand coups de marteau la juge à la place de Razzia.
« M. Aqruna, qu’est-ce qui vous fait dire que le témoin n’est pas fiable ? »

 

-J’ai mené une petite enquête après l’affront dont j’ai été victime et je souhaiterais présenter mes conclusions à la cour !

 

D’un geste simple, la haute autorité accorde au plaignant ce qu’il demande. Ce dernier ne se fait pas prier.

 

« J’ai découvert que ce jeune Nobisa, vivant à proximité de Tecres chez une dénommée Cordia, a perdu très jeune ces parents. »

-Témoin, est-ce exact ?

-Oui votre Honneur. réponds le petit témoin avec une triste lassitude pesant sur ses mots.
« C’était lors de la mise à sac de Rorefa il y a- » 

-Permettez-moi une question, jeune enfant : depuis combien de temps voyagez-vous avec l’accusé ?

-Oh… Deux semaines, à peu près ?

-C’est bien ce qu’il me semblait ! prononce narquoisement le vendeur escroc.

-Quoi donc, M. Aqruna ?

-Madame la Juge, mon enquête m’a amené à découvrir un autre fait troublant concernant le témoin.

 

Dignement, l’individu retire son haut-de-forme pour le placer près de son cœur, révélant une ondulante et longue chevelure, tombant jusqu’à ses épaules. Son visage si misérable frappe d’inquiétude la salle.

 

« Le témoin a perdu sa dernière famille. »

 

-!
Non !

 

-Madame Cordia, qui élevait cet enfant, nous a quitté.

 

-Non ! Ce n’est pas possible !

 

Nobisa s’effondre.
Razzia voudrait le réconforter, mais on l’en empêche.

 

-Et comble de malheur-

 

Le gentleman arnaqueur s’interrompt sous le bruit des larmes de l’enfant qui tombent sur le sol de la cour. Du moins, quelques instants ; trop impatient, il enfonce le clou.

 

« Et comble de malheur, disais-je, l’accusé est à l’origine de cette disparition. »

 

Aussitôt la salle oublie les pleurs de l’enfant pour juger férocement le colosse. Ce dernier s’indigne !

-Voulez-vous insinuer que j’ai tué cette femme ?!

-Je n’insinue rien. Je présente seulement à la cour des faits.

-Des faits invérifiés, oui !

-L’accusé n’a pas tort. tempère Madame la Juge avec des coups sur son pupitre. « M. Aqruna, quelles preuves avez-vous ? »

 

Pour première réponse, l’accusateur brandit un étrange carnet avant de déclamer :

 

-Je prie à la cour de consulter mon rapport. Et en complément de celui-ci, je l’invite à comparer avec les pièces à conviction dont elle dispose déjà.

 

Sur ces mots, le calepin passe dans les mains d’un garde qui le délivre à la haute autorité. De brefs regards en diagonal plus tard, elle dépêche d’autres garde pour lui approcher le Léviathan.

Et alors le verdict tombe.

 

-La cour l’accepte comme pièce à conviction. »

 

 

 

 

Le procès se renverse.

Aqruna a pris les devants.

 

 

Et s’il n’a laissé aucune

TRACE DE SANG,

Il a répandu au tribunal indignation et larmes salées.