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Fanfictions

Traces de Sang: Chapitre 31

PRÉCÉDEMMENT:  le rapport accablant présenté par Aqruna est vivement contesté par Razzia. Cependant, le marchand présente également le morceau éventré de sa roulotte qui vient appuyer sa précédente preuve. Malgré les huées du tribunal, le colosse maintient son accusation et obtient que son épée soit analysée en profondeur. 

 

 

 

18 de Frimios, 10h15 du matin.

Un rapport d’analyse atterrit sur le pupitre de madame la Juge, qu’elle parcourt soigneusement. La salle toute entière retient son souffle, plongée dans un silence que le discret sanglot de Nobisa ne trouble guère.

Soudain, le silence meurt.

 

« Les experts certifient que le bois retrouvé sur l’arme de l’accusé est identique à celui de ce morceau de roulotte. » prononce la Juge.

 

Aussitôt les voix fusent. Avec à leur tête, la jubilation du vendeur chapeauté :

-Je vous avais dit que vous n’auriez pas dû… !

 

Seulement, sa narquoiserie s’écrase sur une parole certes sèche et dure, mais surtout mesurée.

 

-Je vous répète que je ne nie pas cet aspect de votre rapport.

-Quant aux taches de sang ! prononce plus fort la Juge, éteignant les caquètements de la foule…

 

 

« Les experts ont décelé de très vieilles taches, datant pour la plupart de presque une trentaine d’années. Mais il y en a des plus récentes, formellement identifiée comme étant du sang humain…

Et ces dernières…

Sont vieilles de 3 jours. »

 

À nouveau des chuchotements sortent de leurs tanières. Cependant, cette fois, une autre voix les surplombe.

 

-Votre Honneur ! Ceci est parfaitement impossible ! Il y a 3 jours j’étais détenu dans une cellule ici, à Matasa !

-En effet. Et votre épée seule n'aurait pas pu faire le voyage; Tecres est à plusieurs jours de marche.
Comment expliquez-vous cela, M. Aqruna ?

 

Tous les regards se braquent sur l’accusateur. D’un coup il frissonne, personne ne le remarque ; il balaie tout d’une phrase paraissant assurée :

 

-Dans ce cas il doit s’agir du sang d’un garde qui aura mal transporté cette monstruosité !

-Et qu’en est-il de votre rapport ? Et de l’accusation que vous avez prononcé à l’encontre du prévenu ?

 

L’espace d’un instant, le gentleman arnaqueur demeure interdit. Puis une nouvelle pique est jetée en sa direction :

 

-Votre Honneur, puis-je ajouter une question ? demande Razzia.

-Faites… autorise-t-elle, après une courte hésitation.

-Aqruna, vous saviez pour le sang sur ma lame. Or, comme je l’ai dit, j’ai été emprisonné et mon arme m’a été confisquée.
Alors je voudrais savoir : comment avez-vous pu savoir qu’il y avait du sang ? Qui vous a autorisé à approcher mon sabre ?

 

 

Le bonimenteur distingué tourne alors des yeux effrayés vers le colosse de Rymar, tant et si bien que nulle âme dans la salle ne manque l’horrible expression. Seulement, ces globes si terrifiés empêchent les regards de se poser sur ce léger sourire carnassier qui s’esquisse.
Une seule âme s’en rends compte. Elle comprend un peu tard que cette pique qu’elle a lancé à son adversaire est devenue une perche.

 

-Votre Honneur. On m’a effectivement autorisé à approcher l’arme de l’accusé. prononce-t-il avec un calme inquiétant.

-Ça par exemple ! s’emporte la haute autorité. « Ceci constitue une grave violation, M. Aqruna ! »

-J’en suis conscient et m’en excuse. Mais j’avais des motifs impérieux !

-Je serais curieuse de connaître vos soi-disant motifs. poursuit-elle sèchement.

-Je m’en revenais de Tecres quand j’ai appris l’emprisonnement de l’accusé. Mon enquête prit un tournant à ce moment-là : j’ai appris que l’accusé avait été appréhendé à Tergiverse.

-En effet, c’est exact. Où voulez-vous en venir ?

 

Une fois encore, le gentleman ôte son haut-de-forme pour le presser contre son cœur.

 

-Je suis passé par cette ville dans l’espoir de contenter quelques gens de mes marchandises. Malheureusement elle était déjà réduite en cendre. Des cadavres calcinés jonchaient les rues. Et à ce jour, on ignore encore qui a pu commettre ce crime.
Mais maintenant, j’en ai la preuve.

-UN-UN INSTANT ! s’emporte le porteur du Léviathan !
« De quoi est-ce que vous- »

-Votre emportement renforce mes soupçons.

- !

-Venez-en au fait M. Aqruna !

 

-Madame la Juge…

Le coupable de la mise à sac de Tergiverse est dans cette salle. »

 

 

 

Le public se déchaîne.

Razzia, comme lui, est choqué.

 

 

Le sournois Aqruna lui fait porter le poids de

TRACES DE SANG

Qu’il n’a pas laissé.

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shimyandvioline
Le mer 07/10/2026 - 12:14

Toujours aussi bien ! 20/20 pour ce chapitre haletant plein de suspense !