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Fanfictions

À travers la culpabilité - Partie 1

À travers la culpabilité

 

My Demons - STARSET

 

 

Elle y est. Enfin. Après plus de deux ans interminables de recherche. Cette petite maison en bois, chaleureuse, abrite certainement celui qu'elle cherche. Danaël avait disparu depuis deux ans. Mais elle savait pourquoi : il y a deux ans, ils combattaient des ennemis puissants et redoutés. Mais la mission a mal tourné. Ils avaient tous été blessés gravement. Jadina avait dû être transférée à l'hôpital en urgence, à Orchidia. Danaël l'avait accompagné, malgré ses propres blessures, jusqu'au bout. Mais elle voyait le regret, la honte dans ses yeux. Il se sent coupable. Tout le monde avait eu des séquelles. Mais quand elle s'est réveillée, Danaël n'était plus là. Vangelis lui avait dit qu'il n'avait pas voulu rester, et qu'il fallait qu'il s'éloigne. Elle avait voulu se lever de ce lit, et de courir pour espérer le rattraper. Mais il était trop loin, et son cœur s'est brisé. 

 

Maintenant, elle est sur pieds, depuis longtemps, à vrai dire. Et elle s'est mise en quête de Danaël depuis le moment même où je suis sortie. Il n'était nulle part. Ni à Orchidia, ni à Larbos... Elle avait même engagé trois détectives privés pour le trouver ! Mais rien…

 

Aujourd'hui, elle se tient devant cette maison, entre la frontière de Sabledoray et Orchidia. Dans un petit village coupé du monde. Là où son homme est supposé être. 

 

Elle toqua, et attendit. Il faisait très froid à l'extérieur, car c'était l'hiver, mais voir Danaël la réchaufferait en un rien de temps. Tout à coup, la porte s'ouvrit, et elle dévouvrit une femme, âgée, mais avec un sourire radieux. 

 

— Bonjour mademoiselle. 

 

Elle resta figée sur place. 

 

— B... Bonjour madame. 

 

Incapable de détailler plus, Jadina se tut. Elle plissa les yeux, puis son visage s'illumina. 

 

— Oh ! Vous êtes Jadina, n'est-ce pas ? 

— Oui, c'est moi. Vous me connaissez ? 

 

Un rire cristallin lui échappa. 

 

— Oh, ma jolie... Comment ne pas connaître la femme qui fait battre le coeur de mon petit-fils ? 

 

Ses yeux s'écarquillèrent. 

 

— Vous... Vous connaissez Danaël ?! 

— Bien sûr que je le connais ! Je suis sa grand-mère, Miriana ! Mais il m'appelle mamie Riri. 

 

Jadina soupira de soulagement. 

 

— Vous... Vous me rassurez. Et... Danaël est-il là ? Je le cherche depuis deux ans... 

— Entrez, ma jolie. Je vais tout vous expliquer ! 

 

La chaleur du feu de bois remplit les poumons de la princesse, et elle ôta ses épaisseurs. Miriana lui propose de s'asseoir à la table pour boire un chocolat chaud. 

Une fois sa tasse servie, Jadina la remercia et la questionna :

 

— Danaël ne m'avait jamais parlé de sa grand-mère... 

— Oui, j'habite dans un village assez éloigné, comme tu l'as vu. Mais quand il est venu, en larmes, je n'ai pas pu résister quand il m'a demandé s'il pouvait rester près de moi. 

 

Le cœur de Jadina se serra. 

 

— Ça me fait mal qu'il ait ressenti tant de peine... J'ai passé deux années entières à vivre sans lui, et j'ai souffert aussi.

 

Jadina la supplia de ses yeux. 

 

— S'il vous plaît... Dîtes-moi où il est. Je meurs d'envie de le voir. 

 

Mariana but une gorgée, et lui répondit :

 

— Depuis qu'il est arrivé, Danaël essaie de noyer sa culpabilité et son chagrin dans le sport. La musculation, plus précisément. Il va dans un petit parc où des installations de sport sont installées, et y passe ses journées. 

— Pour quoi faire ? 

— Pour oublier, ma jolie. Pour oublier sa peine, et son cœur qui bat toujours pour toi. 

— ... Quand va-t-il revenir ? 

— Bientôt, normalement. 

— Et... je présume qu'il n'a... retrouvé personne ? Je veux dire... s'il... 

— S'il a eu une autre femme ? 

 

Jadina hocha la tête. 

 

— Rassure-toi, il a toujours refusé les avances. Il m'a dit qu'il n'y avait qu'une seule femme dans son cœur. 

— Oh... Il... Il n'a pas changé. 

— Non. Il s'enferme souvent dans sa chambre.

— Je peux aller voir sa chambre ? 

— Bien sûr. 

 

Jadina se leva, monta à l'étage, et ouvrit une porte entrouverte. Une chambre simple se présentait à elle. Un lit double collé au mur, un bureau, des armoires... Mais quelque chose attira le regard de Jadina. Sur le bureau, des dizaines de photos d'elle et de lui. À la plage, avec des perruques, un coucher de soleil... Ils étaient si heureux... Et tout fut détruit. Dans un tiroir presque fermé, son épée d'or semblait oubliée. Il a tout renié. 

Jadina redescendit, les larmes aux yeux. 

 

— Toutes ces photos de lui et de moi... Ça me fait tellement mal... 

— Quelque part, il voulait oublier. Mais il ne souhaite pas t'effacer, toi. 

 

Tout à coup, la porte s'ouvrit. Un vent frais parvint jusqu'aux deux femmes. Une silhouette imposante entra. Épaules larges, manteau noir, cheveux légèrement mouillés par la brise. 

 

— Mamie, j'ai pris du pain, mais je sais pas s'il est-

 

Quand il se retourna et fit face à sa grand-mère et à Jadina, le temps sembla s'arrêter. Le pain s'effondra par terre, et ses yeux bleus la détaillèrent de haut en bas, pensant qu'il rêvait. 

 

— Ja... Jadina ?! Qu'est... qu'est-ce que tu fais là ?! 

 

Jadina s'avança, doucement. 

 

— Je t'ai cherché partout, Danaël... 

 

De près, elle admira sa nouvelle carrure imposante. Il était encore plus beau comme ça. Quand elle arriva devant lui, ses mains se posèrent sur son torse, presque avec timidité. 

 

— Tu m'as tellement manqué... lui avoua-t-elle, droit dans les yeux. 

 

Ses yeux, autrefois écarquillés, s'embuèrent. Pourtant, il détourna la tête. 

 

— Tu... tu aurais dû m'oublier, Jadina. Je suis source de problème pour toi, parvint-il à dire, une rage infime dans la voix. 

 

Elle posa une main sur sa joue, le forçant à la regarder dans les yeux. 

 

— C'est faux. Tu es ma source de bonheur. Et je suis tellement contente de t'avoir retrouvé... 

 

Il secoua violemment la tête. 

 

— ... Non. C'est à cause de moi si tu es allée à l'hôpital, si tu as été blessée ! 

— Danaël, c'est du passé, tout ça. Ça fait deux ans. Deux ans que je n'ai pas senti ta chaleur et ta présence...

— Jadina... 

 

Ses bras vinrent entourer son cou, et elle se hissa sur la pointe des pieds. Tout près, elle lui murmura :

 

— S'il te plaît, dis-moi que je t'ai manqué aussi... 

 

Son doigt entrouvrit sa lèvre inférieure, et Danaël ferma intensément les paupières. Son front se colla contre le sien. 

 

— Bien sûr que tu m'as manqué... Plus que tout au monde... 

 

Des larmes coulèrent les joues des deux amoureux, et Danaël la serra fort dans ses bras. Jadina l'embrassa tendrement, comme pour le rassurer. 

 

— Comment m'as-tu retrouvé ? lui demanda-t-il, tout bas. 

— Tu n'as pas été simple à trouver, monsieur le chevalier ! 

 

Un rire nerveux s'échappa de la bouche du blond, mais il posa son front sur celui de la brune. 

 

— C'était fait exprès. Après tout ce qui s'est passé, j'ai pensé qu'il serait mieux si je m'éloignais. Je t'ai blessée, et ce sera toujours mon plus grand regret. 

— C'est du passé, Danaël. Et tu…

— Tu dois repartir, Jadina. 

 

Jadina s'écarta de lui, choquée. 

 

— Q... Quoi ?! Je t'ai cherché pendant deux ans, et tu veux que je m'en aille ?! 

— C'est mieux comme ça. 

 

Il la lâcha complètement, mais ses yeux restaient embués. 

 

— Mais je suis content de voir que tu vas bien. Tu vas pouvoir te reconstruire, à présent. 

 

Elle secoua la tête, y croyant à peine. 

 

— Idiot ! C'est à tes côtés que je veux me reconstruire ! Et ce n'est pas comme s'il me manquait quelque chose ! Je suis vivante, sur pieds ! Tu n'as pas le droit de me rejeter ! 

 

Les larmes coulaient librement sur les joues de Jadina, qui ne prenaient même plus la peine de les retenir.

 

— Et si vous discutiez calmement, tous les deux ? proposa Miriana, en posant une main sur l'épaule de son petit-fils. 

— Non. Il n'y a rien à dire, refusa Danaël, en détournant le regard. 

 

Comprenant qu'il ne céderait pas, Jadina attrapa son manteau et son écharpe, les gestes tremblants. 

 

— Attendez, ma jolie. Il n'est pas... commença Miriana.

— J'ai compris, la coupa froidement Jadina.

 

Avant de franchir la porte, Jadina se planta en face de Danaël. Elle était certes plus petite que lui, mais son regard émeraude intense comblait ces centimètres. 

 

— Toi qui voulais être seul, eh bien... tu l'es définitivement.

 

Elle flanqua la porte derrière elle. Mais elle n'exécuta pas un autre pas immédiatement. Elle se laissa tomber contre la porte, ses joues humides. Elle était revenu pour lui. Et même si elle savait qu'il s'en voulait probablement, elle ne pensait pas autant, au point de la rejeter. 

Qu'importe qui parlait. Lui, ou sa culpabilité, il avait fait son choix. Et ce n'était pas elle. 

 

***

 

Arrivée près d'un lac gelé par le froid, Jadina se laissait guider par ses pas sans vraiment savoir sa destination. Les souvenirs d'elle et lui, entre deux missions mais heureux, fusaient dans son esprit. Il semblerait que Danaël voulait se détacher d'eux, mais les photos accrochées dans sa chambre sous-entendaient le contraire. Jadina s'assit sur l'herbe figée, qui se brisa sous son poids. Qu'allait-elle faire, maintenant ? Elle avait voué deux ans de sa vie à le chercher, mais c'était comme si elle ne l'avait jamais trouvé. Le Danaël qu'elle connaissait n'était plus de ce monde. Celui qui lui avait promis de toujours être là pour elle s'était renfermé sous sa couche de regrets, impossible à transpercer. 

Des pas s'approchèrent d'elle. Pendant un instant, elle crut que c'était Danaël, mais il aurait déjà prononcé quelque chose. Elle tourna lentement la tête, et découvrit un jeune homme, dissimulé sous une capuche. Elle ne le connaissait pas, mais sentait déjà le danger. 

 

— Qui êtes-vous ? 

— Jadina, n'est-ce pas ? rétorqua l'homme. 

— Oui. Et vous ? Vous êtes qui ? répondit-elle en se relevant.

 

Sans qu'elle ne puisse le prévoir, l'homme bondit sur elle, sa main sur sa gorge. Il avait des yeux sombres, presque noirs. Mais pas de couleur. De vengeance. 

 

— Lâ... lâchez-moi ! 

— Rends-moi un petit service, ma jolie.

 

Il accentua sa prise sur son cou. 

 

— Quand tu te réveilleras, dis à Danaël qu'il est temps que lui et moi réglions nos comptes. Seul à seul. Dans le cas contraire... 

 

L'homme rapprocha son visage de celui de Jadina. 

 

— C'est toi qui paieras de ton sang.

— Vous... Vous vous trompez ! Je ne compte plus pour lui ! parvint à crier Jadina. 

— Oh, vraiment ? Dans ce cas, pourquoi aurait-il tué mon frère qui voulait te massacrer ? 

— Je... Je ne n'en sais rien ! 

— Dis-lui de m'affronter. Sinon, je te retrouverai, ma belle, et je te viderai de ton sang devant lui. 

 

L'homme frappa Jadina au visage, la faisant perdre connaissance. Le froid recouvrit son corps, et elle sombra peu après. 

 

***

 

PDV Danaël 

 

Je regardai le feu crépiter dans la cheminée. À l'intérieur de moi, tout brûlait encore. Sa chaleur corporelle, son parfum, la douceur de ses lèvres... Rien n'avait changé. Et pourtant... Je me haïssais encore plus. 

 

— Danaël... 

 

Je tournai la tête vers ma grand-mère, qui tricotait sur la table basse. 

 

— Je t'en prie, mamie, ne me fais pas la morale. 

— Peut-être qu'elle a raison, mon chéri. Tu t'accroches encore trop au passé. Rien de tout ce qui s'est passé n'est ta faute. 

— À chaque fois que je pense à elle, je revois ses plaies, son corps ensanglanté, ses larmes de souffrance... Tout ça parce que je n'ai pas su la protéger. 

— Tu as réussi, il y a un an. 

 

Je fermais durement les paupières. 

 

— À quel prix ? J'ai tué quelqu'un. 

— Mais cet homme aurait pu s'en prendre à elle ! Et tu l'en as empêché ! 

— Son frère rôde toujours. Quelque part. Il veut se venger.

 

Mes phalanges blanchirent tant je serrais le bois. Soudain, ma grand-mère étouffa un cri d'horreur. 

 

— Qu'est-ce qu'il y a ? paniquai-je.

— Son frère... Erman. Il ne va pas se venger de toi... Il va se venger sur Jadina ! 

— N'importe quoi ! rétorquai-je, bien qu'un stress infondé me saisit. Il ne sait même pas que Jadina est arrivée ici ! 

 

La peur se dessina dans les yeux de mamie. 

 

— Quand j'ai ouvert la porte à Jadina, j'ai vu une silhouette parmi les arbres. Elle se cachait. Aussi ai-je décidé de la faire rentrer. Mais... je crois que c'était... 

 

Elle n'eut pas besoin de terminer sa phrase. Elle avait raison. Erman traquait Jadina, parce qu'il savait que c'était elle que son frère voulait. Et quoi de plus logique qu'achever ce que son frère voulait ? 

J'enfilai mes chaussures et ma veste sans attendre. 

 

— Que fais-tu ? me demanda Riri. 

— Je refuse qu'il la touche. Jadina est en danger. Je dois la retrouver avant lui. 

 

Elle monta à l'étage, et revint avec mon épée d'or. Celle que je pensais enterrée à jamais. 

 

— Prends-la. Et va la sauver, mon chéri. 

 

J'embrassai sa joue. 

 

— Merci, mamie. 

 

Je refermai sans attendre la porte. Le froid glaça mes os, mais je m'en fichais. 

 

***

 

— Jadina ! Réponds-moi ! 

 

Je l'appelais depuis des heures. Le village n'était pourtant pas grand. Mais aucune trace d'elle. Les larmes me montèrent. Tout ça est ma faute. Si je l'avais retenue, comme je mourrais d'envie de le faire, elle serait en sécurité. 

 

— Tu cherches quelqu'un, Danaël ? 

 

Je me figeai. Lentement, je me retournai, pour tomber face à Erman. Les mains dans les poches, le sourire victorieux. 

 

— Que lui as-tu fait ?! Réponds-moi !!! 

— Ah... Tu parles de Jadina ? J'ai par hasard croisé son chemin. Elle avait l'air triste... 

— Où est-elle ?! Réponds-moi, ou je te tue comme ton frère ! 

— Mmm, je n'ai fait qu'alléger sa souffrance. 

 

Mon souffle se coupa. 

 

— Qu... Quoi ? 

— Relax, elle est encore en vie ! Enfin, du moins, pour l'instant... 

— OÙ EST-ELLE ?! 

— Je doute que sa tristesse ne lui permette de remonter à la surface, hélas... 

 

Les yeux écarquillés, je compris. Le lac. 

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Jadina0511@09
Le lun 16/02/2026 - 18:43

Hello ! Un long temps s'est passé depuis ma dernière fanfiction. Une vraie fanfiction. 

Mon livre étant envoyé à plusieurs maisons d'édition, je peux enfin souffler, et j'ai décidé de me remettre aux fanfictions ! J'en avais commencé tellement... J'espère en faire un maximum, car ça m'a trop manquée 

Cette fanfiction sera disponible sur Wattpad, en version non censurée ! Je peux me permettre plus de choses sur Wattpad, donc voilà. La partie 2 arrive dans quelques jours !

Au plaisir de revenir ici 

la photo d'illustration est sur Pinterest, mais je n'ai pas le nom...

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Jadina.C@momille
Le lun 16/02/2026 - 22:37

Wawwww ❤️❤️❤️❤️

 Incroyable ❤️❤️❤️❤️❤️

Si contente de te reliiiire ❤️❤️❤️

Hâte d'avoir la suite ❤️❤️❤️

(Serait il possible que tu m'envoies ton pseudo Wattpad ???)