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Fanfictions

Vis pour nous deux, Nadia {Tout les chapitres}

/!\ Contient du spoil concernant les Résistances (tome 4) /!\

 

 

 

Tout les chapitres

Vis pour nous deux, Nadia

{Partie 1}

Blottie sous ma couette, mes doigts glissent lentement le long du livre que je viens de refermer.

Ce livre. Une des choses matérielles les plus précieuses à mes yeux. Une des seules choses que j'ai pu prendre avant de commencer une fuite. Fuite qui n'aura peut être jamais de fin.

Ce livre. Je me souviendrais toute ma vie comment je l'ai obtenu ! C'était mon anniversaire. Celui d'Aidan également. C'est le livre qui achève la saga. Ma saga préférée. Une histoire qui m'a fait voyagé. J'ai beau l'avoir lu des dizaines de fois, je frémis toujours autant dans les moments inquiétants ; je souris toujours autant dans les moments romantiques ; je rigole toujours autant dans les moments drôles.

Je n'oublierai jamais la mine ébahie de maman, quand elle m'avait emprunté le tome 1 pour le lire et comprendre pourquoi je le lisais toujours autant.

Son histoire me fait voyager au fin fond du monde. Elle raconte la vie de 12 personnes qui se sont retrouvés au même endroit par hasard. Et qui apprennent à se connaître, et qui essaient coûte que coûte de survivre. Survivre à la tyrannie. Tout cela ressemble fortement au combat de la Résistance.

Résistance que je ne connaissais pas. Une larme coule le long de ma joue. On ne peut parler Résistance sans penser à Amy. Ma cousine. Disparue. Emportée. Après, mon oncle, ma cousine.

Puis, penser à sa mort, me fait penser à la raison qui m'empêche de sortir de ma "chambre", les pertes de ses derniers temps. Amy et Sidonys. Mais, au fond de moi, une flamme. Flamme d'espoir. Flamme d'amour. Flamme de vengeance. Flamme de la Résistance. Cette flamme s'est plantée quand j'ai vu Jadilyna. Autrement dit Maman. Et elle a germé. Elle continuera de germer. Elle s'épanouira quand on aura retrouver Maman vivante. Pourquoi pas Papa, Gryf, Shimy et Tante Ténébris aussi ?! Ce serait tellement magnifique.

 

Une main toque à ma porte. Ça me tire de ma rêverie. Je prends mon livre et je le pose à côté de moi. Je me lève et vais ouvrir.

"- Nadia. Viens manger.

- Pas faim.

- Nadia. Je ne veux pas te perdre. J'ai déjà trop perdu.

- Aidan. J'ai perdu autant que toi.

- Tu es si froide. C'est quoi le problème ? Murmure mon frère d'une voix éteinte.

Il est si fatigué, ces derniers temps.

- Rien. T'inquiètes pas. Je descends dans 10 minutes, le temps de mettre des habits plus propre.

- Je te fais confiance."

Aidan est tellement attentionné avec moi. Un peu trop. Je ne le reconnais plus depuis qu'Amy nous a quitté. Je comprends le choc mais il faut aller de l'avant. Il a facilement (je pèse mes mots) réussi à tourner la page avec Maman et Papa. Enfin plus vite que moi.

J'ouvre mon armoire. Vide. Je pioche au hasard des habits et les enfile après avoir enlevé l'équivalent de mon pyjama qui commençait sérieusement à me gratter. Logique, après deux jours blottie dans mon lit, en allant chercher des biscottes à minuit, et les manger dans mon lit, mon lit et mon pyjama sont pleins de miettes.

 

J'ouvre la porte, et je me mets en route vers le premier sous-sol, celui de la cuisine. Deux étages à descendre. C'est parti ! Je tourne à gauche, descend d'un demi étage, tourne à droite, continue tout droit, retourne à gauche. Je vous laisse imaginer la suite.

Arrivée à destination, j'ouvre la porte et j'y vois Aidan :

"- Nadia, tu es là. Super.

- On a une super bonne nouvelle pour toi et Aidan. Dit Toopie.

- Ah.

- Ne vous inquiétez pas. C'est une excellente nouvelle pour vous.

- Toopie. Dis nous tout ! Je suis prêt à entendre. Et toi Nadia ?

- Moi, ah, euh, oui. Naturellement.

Mon instinct me dit de me méfier. Ils nous ont quand même caché la vérité de leur pacte.... C'est douloureux de penser à tout ça. C'est une période disparue. Inexistante à présent.

- Nadia, tu écoutes ? Me questionne Aidan, coupant court à mes pensées.

- Oui. Excusez moi. Je suis dans la lune, en ce moment.

- Donc, je disais. Vous allez avoir l'opportunité de faire parti du convoi en direction de Astria. Les tests faits sont positifs, la Tour des Mensonges étant détruite, le passage Astria- Alysia est de nouveau opérationnel. Vous aurez ainsi l'occasion de faire une pause, de vous trouver une famille d'accueil, ou de vivre tout les deux ensemble.

- Mais et la Résistance ?

- Elle continuera de fonctionner ! Et quand vous saurez prêts vous reviendrez. Ces dernières semaines ont été éprouvantes pour vous, je veux que vous preniez une pause, d'accord ?

- Oui, Toopie.

- Alors, acceptez vous cette opportunité ?

- Bien sûr ! Je répond.

- Pardon ?

- Désolé Aidan. Mais, ce n’est plus possible pour moi. Plus depuis qu’Amy n’est plus de ce monde. Depuis Papa et Maman, j’ai besoin d’un amour. Amy ne l’apportait. Toi seul, tu ne peux pas me l’apporter. Libre à toi de rester ici pour ta pause. Moi, je pars.

- Mais, et nous deux ?

- On est jumeaux, rien ne nous sépara longtemps.

- Très bien Nadia. Tu peux aller faire ta valise. Le convoi part demain à la première heure”

_____

Quelques heures plus tard

PDV Aidan

Nadia. Partir. “j’ai besoin d’un amour”, “tu ne peux pas me l’apporter”, “ je pars.”

Elle me quitte. S’envole. Les larmes coulent. C’est tous ce qui me reste qui vient de m’échapper. J’aurai pu tendre la main pour le conserver. J’ai préféré le laisser voler. J’aurai pu partir aussi. J’ai préféré rester à Exmakina. Pour retrouver Maman. Peut-être même Papa. Refonder ma famille. Notre famille. Nadia reviendra à mes côtés.

(fin du PDV)

____________

Ma valise est faite. Mon sac aussi. Mais, je suis chagrinée. De quitter mon frère. Je sais que j’ai pris la bonne décision. J’ouvre la porte et j’éteins la lumière. Sans doute la dernière fois que je vois cette chambre. Je rejoins le rez- de- chaussé. Je vois Toopie. Je vais lui dire au revoir, sans oublier de la remercier pour son accueil et bien sûr cette porte de sortie ! Aidan... Je cours dans ses bras.

“- Aidan... Ne m’en veux pas, je t’en prie !

- Nadia. Profites. Libères toi. Fais ce que tu veux, mais ne m’oublies pas. Mais, vis ! Vis pour nous deux Nadia !

- Je vais vivre. Vivre pour toi !

- Je t’aime Nadia. Et je resterai toujours avec toi. Là. A-t-il en posant son doigt sur mon cœur.”

(NDA : j’ai pensé très fort à une partie très sentimentale de mon livre préféré pour écrire ce dialogue)

Puis, mon visage trempée par mes larmes, je monte dans le vaisseau qui m’emmènera jusqu’au port où démarra une nouvelle vie pour moi.

{Partie 2}

Assise dans une charrette, je serrais contre moi ma sacoche. Dedans, mes biens les plus précieux. Mes rares habits, mes livres et le plus important à mes yeux, la seule photo de famille que j'ai pu récupérer.

À ma gauche, il y a une mère et sa fille. Des Alysiennes. À ma droite, un elfe. Son visage est écorché. Il a dû subir les dieux. J'ai pitié pour lui. J'espère de tout cœur qu'il réussira à avoir une meilleure, arrivé à Astria.

En pensant à Astria, j'espère que je trouverai l'asile. Il n'y a pas de raisons. Mais, j'ai un peu peur... Imagine, j'ai quitté Aidan pour rien. Non, non, non. Je n'ose pas imaginer. Je glisse ma main dans ma sacoche. Mes doigts effleurent un objet que je ne reconnais pas. Je le prends et je le sors doucement. Je le regarde et j'ai une bouffé d'amour envers Aidan. C'est un collier. Ou plutôt un pendentif. Ou pour être plus précise encore un médaillon. Je l'ouvre délicatement. Une photo. Photo d'Aidan et moi. Une qu'on a pris dans nos années d'insouciance. Nos années de bonheur.

Je le mets autour de mon cou. Et je le glisse sous ma veste. Le plus près possible du cœur.

Le trajet jusqu'au port s'est déroulé sans problème. Maintenant, nous sommes arrivés. Le vaisseau se vide petit à petit. Lorsque c'est à mon tour de sortir, je suis stupéfaite de la joie de vivre de ce port. On entend de la musique, les bars sont ouverts et rayonnent de bonheur. C'est hallucinant. Je suis le mouvement de foule qui m'emmène jusqu'au pont. Là, des pêcheurs, sans doute payés pour l'occasion, nous demandent des autorisations de navigation. Mince, je n'ai rien. Alors que je m'apprête à sortir, une jeune fille âgée d'une quinzaine d'années, je prends la main et me dit :

"- Tous le monde te connait. Toopie nous a dit que tu venais. Viens, tu es sur le bateau *Céleste*"

Je la suis en silence. Je monte sur le bateau. Et elle me dit :

"- Le trajet dura deux jours. Tu as une cabine à ta disposition. Pont n°3, chambre 221

- Pouvez vous m'y emmener, s'il vous plaît ?

- Bien sûr. Et tutoies- moi, je me sens plus vieille avec vous. Dit-elle en rigolant.

J'observe avec attention le chemin que nous empruntons.

- Je suis à la chambre 222. Celle d'en face. Au moindre problème, hésites pas ! Ah, j'oubliais. Ta clé de chambre. Bon, j'y vais. Je dois aider mon père à faire monter les autres dans les chambres. A plus !"

J'ai la clé dans les mains. La meilleure chose à faire, c'est d'entrer. J'insère la clé et j'ouvre la porte. Ma cabine est juste magnifique !! Un lit double est placé au centre de la petite pièce. Une table avec une chaise est installée près d'un des trois hublots. La pièce est petite, mais chaleureuse.

Je pose ma sacoche sur la table et je m'assoie sur le lit. Aucune idée de l'heure. Mais, je suis fatiguée. Je me glisse sous la couette et rapidement, je sens mes paupières se refermer, mon esprit se taire, mes forces me lâcher. Je m'enfonce dans un profond sommeil.

____

(Rêve)

“- Nadia ! Nadia !

- Aidan ? Je murmure en regardant tout autour de moi.

- Par ici !”

Impossible de trouver mon frère. Soudain, le noir infini de l’espace prend vie. Des arbres dorés commencent à briller. Des mots apparaissent. “Vis pour nous deux !”,”Je resterai à jamais à tes côtés”, “Ne n’oublies pas”, “Je t’aime”. 

Des rires se font entendre. Je reconnais les miens et ceux de mon frère. Je ferme les yeux. Et je les ré- ouvre. Et je vois mon frère avant que tout commence. Une joie débordante l’habitait. Le fou rire le prenait si souvent. J’aurais dû rester à ses côtés. A l’heure qu’il est, il est peut-être mort. Je sens un peu d’eau sur mes joues. Puis, mes larmes s’illuminent et s’envolent dans le ciel. Ça me rappelle un chapitre qui m’avait fait pleurer. Il était tellement touchant. Même quand ceux qu’on aime meurent, ils restent en vie dans nos coeurs. C’était la leçon que j’avais gardé. Et ça c’était avéré vrai avec Papa et Maman.

“- Vis pour toi Nadia. Vis pour moi. Vis pour toi et moi. Vis pour nous deux, Nadia” A murmuré une voix. Mon frère sans aucun doute.

__________

“-Nadia ! Réveilles toi !

J’ouvre les yeux. Le bel univers a disparu. C’était un rêve. Une larme coule le long de ma joue. Je n’ai même pas la force de la retenir. C’est tellement dur d’être séparer de ceux qu’on aime. Je n’ai aucune idée de combien de temps j’ai dormi. Aucune idée de si on est arrivés. Tout ce que je sais, c’est que j’ai peur. Peur d’avoir mal fait mon choix. Peur que personne ne m’aime et que je me retrouve dans un orphelinat. Oui, à Astria, il y a des orphelinats. Peur que celui que j’aime rejoigne ma cousine. C’est tellement dur la vie. On dit que c’est un cadeau. Avec les dieux, c’est un fardeau. Tu es constamment surveillé. Tu es espionné. Impossible d’être tranquille. Et ceux que tu aimes, ils les retournent contre toi. 

“- Nadia ! Viens déjeuner !

- J’arrive !”

Je suis constamment perdue dans mes pensées. C’est une catastrophe ! Je repousse la couette. Je me lève et sors de ma cabine. Je descends sur le pont n° 1. Le pont principal avec la cantine. J’entre dans la cantine. C’est un self. Je prends un plateau, et je prends une crème brulée, ainsi qu’une part de tarte aux pommes. Je me dirige vers une table. Je mange tranquillement. La crème brûlée est délicieuse ! Un arrière goût de citron complète le goût, une explosion de fraîcheur dans la bouche ! C’est la plus délicieuse crème brûlée de toute ma vie ! Une fois mon petit déjeuner fini, je mets mon plateau avec les autres, et je sors. Le soleil est au zénith, il brille et réchauffe le ciel. Une lumière vive, comme un flambeau éclairant le monde contre les dieux. Aidan, c’était mon soleil. Il me manque tellement.

____ 

2 jours plus tard

Me voilà sur Astria. Prête à démarrer une nouvelle vie. Prête à vivre pour deux. Quand Aidan a posé son doigt sur mon cœur, c’est comme si une partie de lui était venue en moi. Il ne me quittera plus jamais.

{Partie 3}

Les légères vagues caressent la proue du bateau. Cela donne un bruit apaisant qui me berce. Je ferme les yeux et j'écoute. Silencieuse, je laisse mon esprit vagabond s'échapper parmi des souvenirs tout comme mes rêves tout droit sortis de l'imaginaire.

Nous sommes entrés dans le monde elfique, il y a maintenant 3 heures. La nuit, peuplée d'étoiles, éclaire le ciel et guide notre convoi. Je devrais aller dormir mais, je préfère me faire bercer par le silence de la nuit infinie.

Ici, je me souviens d'un soir. Juste avec mon frère. Nous étions partis en fin de soirée, mais nous n'avions pas mangé. Nous avions préparé un petit panier de fruit avec de l'eau pour manger dans la forêt, à la lumière du ciel. Aidan avait eu l'idée de dormir à la belle étoile, alors nous avions pris deux chaudes couvertures. Et puis, nous étions partis. Juste lui et moi. Il m'avait fait rigolé ce soir-là ! Je me souviens encore de mes côtes douloureuses, mais malheureusement, mon rire était incapable de s'arrêter, donc mes côtes devaient prendre leur mal en patience. 

Je me souviens aussi que nous croyions que nous restions tout le temps ensemble. Que nous étions inséparables. Nous nous étions fait une promesse : celle de ne jamais partir loin de l’autre. Cette promesse, que nous avions fait il y a 4 ans, vient d’être rompue. Preuve que rien n’est éternel. Preuve que chaque promesse, chaque union, chaque chose dite ou prononcée, ne sont sont que des paroles. Et que pour réellement prouver les choses, il faut faire des actions. Et Aidan l’a fait. Il m’a laissé partir par amour. Pour que je puisse vivre sans regrets d’avant. Sans regretter de ne pas être partie. Sans regretter d’essayer d’avoir une nouvelle vie à peu près normal.

Tout cela me fait penser au fait qu’Aidan avait un don pour répandre la joie autour de lui. Et il l'a toujours ce don ! Ces dernières années, c'est lui qui m'a donné le courage d'avancer malgré la douleur, la volonté de survivre, la force de vivre. Sans lui, je ne serais pas là. Je ne vivrais pas. Alors, pour lui, maintenant, je dois vivre. C'est un devoir, une obligation, ce serait lui rendre hommage. L'honorer.

Certaines personnes pour leur survie préfèrent honorer les dieux, moi, c'est mon frère qui mérite de l'être. Car, à mes yeux, son existence est bien plus importante que celle de ces dieux. Ils disent apporter amour et bonheur. Ils apportent tristesse et malédictions. Rien de positif. Que du négatif.

Je pense à mon ancêtre, Jadilyna. Elle a été oubliée du monde quand les dieux et leurs apôtres sont revenus, il y a maintenant 15 ans de cela. Elle apportait beaucoup plus de bonnes choses. Elle ne méritait pas d'être oubliée. Abandonnée. Si lâchement. Le peuple Orchidien avait le droit d'avoir peur, mais, précédemment, il se tournait vers Jadilyna, pourquoi pas maintenant ? Pourquoi pas comme avant ?

"- Nadia ? Tu devrais aller dormir.

- Qui est là ?

- C'est moi ! Célestine ! La fille du capitaine du bateau *Céleste* et aussi la fille qui t'a emmené jusqu'à ta cabine, ce matin. Tu te souviens ?

- Maintenant que tu dis tout cela, ça me revient !

- Nous arrivons demain tout début de matinée. Tu devrais aller dormir, il se fait tard. et le fait de se lever à cinq heures du matin, ne t’aidera pas. Nous devons marcher demain, enfin tu devras marcher avec le convoi. Nos routes se sépareront lorsque tu auras quitté ce bateau.

- Ne t'inquiètes pas pour moi.

- Si, Nadia. Tu es si jeune, et tu as tant perdu ! Tu mérites qu'on veille sur toi. Enfin selon moi.

- Bon, d'accord. Je vais me coucher.

- Je t'accompagne."

Je n'ai pas l'envie de négocier. Je la laisse m'accompagner. Si cela lui fait plaisir. Je retourne dans ma cabine. Je m’allonge dans mon lit. J’attends qu’elle ferme la porte pour m’asseoir sur mon lit. Et j’adresse une prière muette aux étoiles 

“Veillez sur mon frère. Veillez sur mes parents si ils sont vivants. Tant qu’eux le seront, j’aurais la volonté de survivre. Plus librement qu’eux, c’est certain”

Puis, j’adresse une nouvelle fois, une prière muette, mais à mon frère directement. 

“Je t’aime Aidan. Je n’attends qu’une chose. Te revoir. Je suis sûre au plus profond de mon âme que nos routes se recroiseront. Il faut juste que nous attendions le bon moment. Bonne nuit, Aidan”

Maintenant, je suis vraiment prête à dormir. Je me glisse sous ma couette, lance un dernier regard aux étoiles, ainsi qu’aux deux lunes d’Alysia et Astria ; séparées cette fois ; et je ferme les yeux. Le sommeil ne tarde pas à toquer à ma porte.

____________________

“- Nadia. Debout. Il est temps pour toi de t’envoler vers ton avenir. Ton destin. Ta vie. 

Vie. Le verbe, vivre. Ce mot. Encore ce mot. On dirait que le futur veut que je cohabite avec ce mot. Aidan me l'avait dit il y a quelques jours, et maintenant c'est au tour de Célestine. Ce mot est destiné à rester au plus profond de moi pour fort longtemps. 

- J'arrive ! Je range mes affaires et j'arrive ! 

Rapidement, je sors de mon lit, j'attrape mon sac que je n'ai même pas vidé depuis que je suis sur le bateau. Je vais vérifier vite fait qu'il y a toutes mes affaires, c'est bon, tout y est. La photo familiale y est. Je suis mieux. Autant, je me pourrais perdre mes vêtements, cela ne sera pas grave, que perdre ma photo. JE ne préfère même pas imaginer. Je passe une main auprès de mon cœur pour vérifier que le médaillon de mon frère y est toujours. Je sens le métal contre ma poitrine. Un faible sourire apparait sur mes lèvres. 

Je passe mon sac autour de mes épaules et je sors. Je n'oublie pas de récupérer la clique que je tends à Célestine qui m'attendait à la sortie. Puis, elle s'approche de moi, passe sa main étonnamment chaude sur ma joue et me murmure à l'oreille :

"-Nadia, tu es une grande fille. Je compte sur toi. Je suis sûre que tu te trouveras une famille. Fais extrêmement attention à toi. J'espère de tout cœur que nous nous reverrons un jour. Ravie d’avoir pu te rencontrer.”

Puis, comme c'était prévu, je sors du bateau et je pars. 

Quitter Célestine me fait un peu mal au cœur. J'ai l'impression que c'est avoir quitté Aidan en un peu moins douloureux. Mais le sentiment reste le même. Quitter ceux qu'on aime, même si on ne les connaît que depuis 2-3 jours, ça fait toujours aussi mal. 

Et puis, je rejoins le convoi. Je n’ai jamais été aussi proche de ma nouvelle vie. Une petite pensée traverse mon esprit.

“- Je t’aime Aidan. Et pour toi, je vais vivre. Regarde jusqu’où je suis prête à partir pour toi”

{Partie 4}

Le monde elfique est tellement beau. Et très différent de celui que j'imaginais. Avec le mensonge des dieux, le commerce Alysien et elfique a dû cessé. Et le paysage elfique en a payé le prix. Alysia peut subvenir seule à ses besoins planétaire. Pour Astria, un peu moins peuplée, c'est plus difficile. J'ai entendu dire que les tout petits villages elfiques se sont pilés de multiples fois, affamant les paysans et ruinant les coffres. Certains ont dû mourir de faim, d'autres devaient se tuer à la tâche, essayant de sauver leurs femmes et enfants pour les nourrir. En tout cas, les terres sont sont asséchés. Du moins, celles qui apparaissent dès que nous quittions l'enceinte du port.

Je dirais que cela fait une heure que nous marchions. Le soleil se lève petit à petit. Lorsque nous sommes partis, les étoiles illuminaient encore notre route. Mais, la nuit a laissé place au jour, avec son soleil chaud et pour certains rassurant. Si on devait me demander de choisir entre *Lune* et *Soleil*, je choisirai la Lune. Dans la nuit étoilée, je me suis toujours sentie mieux. C'est un sentiment délicat à expliquer mais, la Lune à côté des étoiles, c'est pour moi comme une mère et ses enfants. Une grande soeur avec ses petites soeurs. Une amie avec ses amies. Elles illuminent autant le ciel toutes ensemble que le soleil, lui seule. Comme pour démontrer qu'ensemble, on est plus forts. Ensemble, nous si petits, on peut dépasser les plus grands. Ensemble, nous les Résistants, on peut surmonter les Dieux. Voilà l'image que me donne le spectacle de la nuit. Voilà mon image de la nuit. Ma vision. Je ne l'ai jamais dit à personne. Même à Aidan. C'est mon imagination, c'est mon secret.

Une douce main attrape mon bras. Une femme, vêtue d'une robe bleue très légère ; qui contraste avec son teint brun tropical, deux tresses blondes le long du visage, des oreilles d'elfes derrière ses nattes, se place à mes côtés. Sa voix chaude entame la conversation :

"- Eh, petite. Si tu le souhaites, il y a une place dans la charette.

- Non. Merci. Je préfère marcher.

- Oui mais tu sais, tu pourrais

- Je vous ai dit non. J'ai répondu, exaspérée.

Voilà, j'avais réagi trop vite. Je ne suis pas comme ça habituellement.

- Excusez- moi. Je traverse une période compliquée en ce moment. Je voulais pas paraître désagréable.

- Tu sais. Tout ceux ici sont réfugiés, ou elfes précédemment enlevés par les dieux. Pour personne, ce n'est facile. Je ne t'en veux pas. Mais, si tu veux te trouver une famille d'accueil, détends-toi un peu.

- Je ne sais pas comment me détendre pour être honnête.

- Attends, j'ai une idée. On va aller s'asseoir dans une charrette."

On accélère le pas, histoire de rattraper une charrette. En deux minutes, nous sommes dans l'une dans d'entre elles.

"- Imagine un endroit paradisiaque. Une plage. Avec un sable fin. Et une eau turquoise. Dis toi que la vitesse de tes inspirations sont le rythme des vagues. En inspirant vite sous la panique, tu détruirais tout ce petit écosystème. Maintenant, fermes les yeux. Et là, au loin, tu peux apercevoir des dauphins."

Je laisse mes paupières cacher toute source de lumière. J'aperçois les dauphins. Oui ! Ils sont là ! Ils sautent hors de l'eau et y reviennent aussi vite qu'ils en ressortent !

Je reste comme ça un bon moment, bercée sous le rythme des vagues. Sous mon rythme respiratoire. Dit comme ça, ça fait un peu moins rêveur. Comme quoi ce qui fait rêvé, ce n'est que paroles. Et les paroles ne sont pas toujours pertinentes. Pas toujours utiles. Aidan n'était pas le plus grand bavard du monde. Mais, lorsqu'il parlait, une bonne raison justifiait toujours ses paroles. Redonner le sourire, donner du courage, ou tout simplement dire qu'il m'aimait. C'étaient celles là mes paroles préférées. *Je t'aime, ma Nadia*. Quatre mots. Quatres petits mots. Mais, des mots qui pansaient mon coeur malheureux. Je l'aime Aidan !

La charette s'arrête. Nous sommes arrivés. Arrivés. Arrivés à la propriété du roi Kash-Kash. Ici, s'achève mon long périple. Ici commence ma nouvelle vie.

C'est seulement au moment de descendre pour récupérer un cadeau, sans doute offert par la Résistance, que je me rends compte que nombreux sont orphelins. Et je réalise que ceux de bas âge sont une grande partie des enfants. Ça me fend le cœur. Comment des dieux qui se disent Amour peuvent détruire des famille ? C'est eux qui brisent l'amour plutôt que de le créer !

Des familles, des mères, des couples, de jeunes elfes... Tout le monde attend ce convoi. Nouvelle du dehors sans doute. Aucune idée. Aucune envie de savoir. Moi, je veux me rebâtir. Et quand je serai solide, prête à servir de soutien à d'autres, je retournerai voir Aidan. Et il se reconstruira. Je le sais. Je le connais.

Une petite voix, au plus profond de mon esprit, me dit de ne pas m'occuper d'Aidan tout de suite. Je préfère l'écouter maintenant.

Je récupère mon sac. Le cadeau de la Résistance. J'ouvrirai ça plus tard. Plutôt que de suivre les enfants orphelins, je me glisse parmi les adultes et j'arrive au coeur de la foule. Je parviens sans difficulté à sortir de la place. Je me retrouve dans les ruelles vides de la propriété du roi. Il a construit sur ses terres, une grande ville protégée par des remparts. Il a l'air d'être un bon roi. Le monde elfique paraît bien moins troublée qu'Alysia !

"- Et toi ! Pssicht !

Je me retourne. Une elfe aux cheveux roux, avec deux mèches d'un léger violet, est arrivée dans mon dos.

- Irisyna ! Mais, tu peux m'appeler Iris. Que fais tu ici seule ?

- Oh, rien.

- Tu es Alysienne. Tu ne veux pas de famille ?

- Je ne vois pas d'intérêt à rester là bas. On montre les familles comme les dieux montrent leurs victimes ; comme les conquérants montraient leurs esclaves. Je n'aime pas ça.

- J'apprécie ton raisonnement. J'ai le même ! Maman aimerait une nouvelle fille, mais pas la trouver dans de telles conditions. C'est refaire les erreurs du passé, elle me dit !

- Pourquoi me dis tu ça ?

- Je... Je ne sais pas. Tu... Murmure-t-elle.

Puis, deux larmes se forment au coins de ses yeux. Larmes qui coulent. Ou plutôt serpentent. Elles passent d'abord du coins de ses yeux au millieu des joues, pour glisser, comme on glisserait sur un toboggan, en dessous de ses lèvres. Puis, elles tombent, telles des gouttes d'eau, sur les habits de Irisyna. La voir pleurer me fait mal au cœur. J'ai beau la connaître ; enfin, si adresser une poignée de mots est considéré comme connaître ; depuis un cinq minutes, mon cœur est sensible. Je pleure pour un rien.

- Irisyna ! Pourquoi tu pleures ?

- Je... Rêve... d'avoir une soeur. Sanglote-t-elle.

Ses yeux brillent de larmes. Je ne peux me retenir guère longtemps, je passe ma main sur sa joue, et j'essuie ses larmes. Tel faisait Aidan quand j'étais triste. Elle sourit et achève son explication :

- Mais, c'est malheureusement impossible pour moi. Depuis que mon père est parti, emmené par les dieux.

{Partie 5}

Mon coeur se serre. Les dieux. Toujours eux ! Quand est ce qu'ils vont comprendre que on a rien demandé ! On a même pas choisi de vivre. On risque déjà suffisamment. Dans mon livre, une beauté. Une pure beauté, un des garçons, a dit quelque chose qui m'a frappé. C'est beau, c'est vrai, c'est poétique ; un mot de plus et je pleurais presque en lisant ce passage. Il a dit que nous risquons tous dès notre premier souffle. Dès que nous inspirons de l'air pour la première fois, la mort peut frapper. Oui. C'est tellement une explication simple.

Je reporte mon attention sur Irisyna. Son visage, naguère si joyeux, est une rivière. Elle pleure et pleure. Je ne peux pas la laisser comme ça ! Non. Non. Je lui prends la main. Je m'assoie et l'incite à faire de même. Elle s'assoie. Elle est malheureuse. Et paraît si tourmentée.

"- Irisyna ? Je peux te dire quelque chose, moi aussi ?

- Oui... Bien... sûr. Me dit-elle de sa voix si douce et calme, malgré son chagrin.

- J'ai également perdu ma famille. Mon père et ma mère. Ils ont voulu tenter de repousser les dieux. Ils ont échoué. Il ne me restait plus que mon frère...

À la mentionnant Aidan, je sais, au plus profond de moi, que je ne pourrais pas retenir mes larmes. Que c'est trop me demander.

- Mon frère était tout pour moi. Il a toujours joué tout les rôles pour mon bonheur. Mais, le meilleur rôle, celui pour lequel il mérite une médaille. Non, plus qu'un médaille, tout l'or du monde ; tout le bonheur du monde ; tout l'amour d'une sœur. C'est pour le rôle de frère.

- Et pourquoi n'es-tu pas avec lui ? Vous vous êtes fâchés ?

- Oh, non. On aurait pas eu le courage de nous fâcher. Nous avons rejoins ensemble la Résistance, alliance qui regroupe toute les personnes qui sont contre les Dieux. Nous y avons rencontré, que dis-je, retrouvé mon oncle et ma cousine.

Ça y est, je pleure. Mais c'est au tour de Irisyna d'essuyer mes larmes. Elle me sourit, un petit demi- sourire, qui me donne la force de continuer mon récit.

- Mais, les dieux nous ont retrouvé. Mon oncle y est mort. Il s'est battu comme un héros. Nous avons donc fui, avec ma cousine. Et nous avons trouvé un autre abri. Et nous avons mené un premier assaut. Nous nous sommes fait attaqués par Jadilyna. Une créature contrôlée par les dieux. Et c'est ma mère. Et plus tard, une mission nous a été donnée, à ma cousine, mon frère et moi. On nous a donné une bombe. Pour détruire la tour des Mensonges. Et nous avons livrés un combat contre deux apôtres. Ma cousine y est morte. Et nous avons failli vaincre Sokatar. Mais, ce s'est joué de peu. Nous avons juste, ou plutôt Aidan, a pu voir dans l'armure de Sokatar, mon père.

- C'est une sacrée histoire. Mais, pourquoi es tu partie si ton frère est toujours en vie.

- Je suis profondément chagrinée de la mort de ma cousine, et je veux vivre une vie. Je veux être bordée d'un amour. Je veux arrêter de me battre, je n'aime pas ça.

- Je suis tellement désolée pour toi. Attends moi là. Je reviens vite promis"

Et elle est partie. Moi, je reste là. Assise. J'observe l'architecture elfique. A quoi bon raconter n'importe quoi ? J'essaie de me réconforter. Je suis perdue. Au milieu d'elfes. Sans famille. Sans mon frère. Il me manque. Je veux le revoir. Ses yeux verts pétillants de joie. Ses cheveux blonds, ainsi que sa petite touffe verte. Son collier, où sur le bout, un éclat de l'épée d'or de Papa. Son épée, qu'il garde constamment contre lui. Son regard si rêveur. Lui. Lui. Je pourrais y passer des heures. Heures à me refaire son image.

Le soleil commence à se coucher. Déjà. Je sais que j'ai promis à Irisyna de ne pas partir. Mais je veux juste aller jusqu'au clocher. À moins qu'il sonne avant. Je vais encore attendre un peu.

Je lève la tête. Le clocher est deux ruelles plus loin. En courant, je devrais pouvoir faire l'aller et le retour rapidement. Je me lève et commence à courir. Je traverse la première rue, et ne ralentis que devant l'église. Je regarde et bingo, l'heure. 18:57. Je cours de nouveau. Mais dans le sens inverse. Hop là. Personne ne se doute que je suis partie.

Je me mets à réfléchir. Célestine. J'ai l'impression que cela fait déjà des jours que je ne l'ai pas vue. Enfin, bon, tel était mon choix. Elle m'a dit que nous arrivons du port à 5 heures du matin. On a dû prendre une heure à descendre. Trois quatre heures à venir du port jusqu'ici. Donc, si on fait le calcul : 5+1+4 = 10. Cela signifie que nous sommes arrivés vers 10 heures. Oui, mais, il est 19 heures. Les cloches ont sonné. Donc, cela voudrait dire que j'ai mis plus de temps à sortir du rang que je ne le pensais.

Pourquoi je m'entête à tout calculer. Je n'en ai rien à faire du temps. Si. Si. Si. C'est le temps depuis lequel je suis séparée d'Aidan. Mon âme-soeur. Mon moi au masculin. Ma vie.

Je n'ai jamais eu d'amies. Aidan l'était pour moi. Je ne suis pas vraiment chanceuse. La seule chose où je sais avoir été vraiment chanceuse de l'avoir, c'est d'avoir un frère du nom de Aidan.

 

 

{Partie 6}

Je ne sais pas après combien de temps Irisyna est revenue. J'étais trop perplexe pour y songer. Mon esprit me rappelle sans cesse mes souvenirs avec Aidan. Les deux dernières années. Juste avec lui. Et Amy aussi. Le temps s'écoule toujours à la même vitesse. Pourtant, cela peut paraître plus rapide. Et des fois, quelques minutes sont ressenties comme une éternité. Je ne me suis jamais intéressée au temps. Mais maintenant, sans Aidan, je me rends compte que c'est précieux. Le temps est précieux, très précieux. 

 

"- Nadia ? 

 

- Oui ?

 

- C'est moi ! Irisyna. Je suis avec ma mère. Cheryna.

 

- Enchantée Nadia.

 

- Ravie de vous rencontrer. Je murmure.

 

- Nadia, viens avec nous. Tu nous raconteras ton histoire en route. 

 

___

 

Sur le chemin, je leur ai tout dit. Quitte à être perdue sur Astria, autant tout dire ! 

 

"- Mais, dis moi, as tu de la famille sur Astria ?

 

- Non. Je suis venue ici dans l'espoir de retrouver une famille. 

 

- Oh. Et tu n'en a pas trouvé ?

 

- Ils nous ont exposés comme des bêtes de foire. Et foi de Nadia, jamais je n'accepterai. 

 

- Tu as bien raison.

 

- Maman, le soleil se couche. Où Nadia peut- elle dormir ?

 

- Je sais, mon ange. Elle passera la nuit à la maison et pourquoi pas les autres nuits ?

 

- Oh, oui ! Nadia, dis oui !!

 

- Mais, j'ai peur de vous importuner.

 

- Nadia. Si je le propose à Irisyna, c'est que je suis d'accord.

 

- Merci. Dix millions de merci !!" Ai- je dit, heureuse.

 

 

 

Nous avions continué à marcher, une trentaine de minutes peut-être. Nous sommes arrivés devant une jolie maison dans le style très paysan. Tout en bois, mais, magnifique je trouve. Nous avons franchi la petite porte de la clôture, en bois. Nous avons avancé sur quelques mètres sur le chemin dallé. Cheryna a sorti des clés de sa poche et nous a ouvert. Et là, explosion de chaleur. C'est une maison dans laquelle tu sens la joie de vivre. Tout a l'air si parfait. Irisyna me prend par la main. Elle me guide jusqu'au premier étage. Elle me murmure "Deuxième porte à droite". Je la vois descendre les escaliers. 

 

Je m'avance vers la porte et je l'ouvre. J'entre dans un autre monde. Cette pièce est tellement éclairée. La grande baie vitrée apporte beaucoup de lumière. Et le lit contre le mur libère beaucoup d'espace. 

 

 

 

Après avoir rangé toute mes affaires, je redescends. Cheryna avait fini de faire à manger. Nous nous sommes mises à table. Cheryna nous sert, moi d'abord et ensuite Irysina. La soupe est super bonne. Ça change de la nourriture de Toopie. Ensuite, Irysina débarrasse, et je l'aide naturellement. Tous ses gestes me rappellent la maison et ça me fait du bien. Le sourire de Maman quand on rentrait de l'école était tellement heureux. Et si insouciant. Mais maintenant, c'est du passé. 

 

Je monte de nouveau dans ma chambre, après avoir dit Bonne nuit à Irysina évidemment. Cheryna a toqué et je l'ai fait entrée. 

 

"- Bonne nuit, Nadia !

 

- Bonne nuit, et merci pour tout !

 

- C'est naturel. 

 

- Certaines personnes auraient refusé de prendre une inconnue chez eux. Surtout avec la menace des dieux. 

 

- Oui, c'est sûr. Mais maintenant, il est temps de dormir. Bonne nuit. 

 

- Bonne nuit"

 

Et elle est repartie. Moi, la tête sur mon cousin, une pensée s'envole vers le ciel. Et puis doucement, le sommeil m'attrape et je sombre dans le mystère des rêves.

 

 

 

PDV Narrateur

 

Parfois, pour rêver une meilleure vie, il faut se dire que rien n'est jamais vraiment oublier. On pourrait plutôt dire que c'est mis de côté. Alors, dans notre histoire, Nadia n'oublie pas son frère. Mais si elle veut avancer, elle doit le mettre de côté. C'est l'une des choses compliquées quand on a fait la promesse qu'on vivrait pour l'autre. 

 

 

{Fin du Chapitre du côté de Nadia}