Chapitre 3
Tout était calme dans le sous-bois ; tout était harmonie ; les oiseaux gasouillaient, les feuilles dansaient dans le vent… Un squelette ! Un squelette, les membres jaunis, les vêtements en loque, l’armure rouillée, une épée à portée des osselets disloqués de la senestre, reposait dans ce tombeau bucolique. Il était là, rappel de la fatalité, attendant que la terre nourricière l’engloutisse, et peut-être le fige dans un charbon, un fossile… La forêt fut prise d’un frisson ; des branches tombèrent, des cailloux roulèrent, de petits insectes se recroquevillèrent sous l’action des doigts de la mort. Lentement, au milieu des feuilles mortes, sur la terre, autour de cette ruine de corps humain, se réunissait une bien étrange mixture, mélange de tous ces composants, tournant lentement sur elle-même. Mais il manquait quelque chose. Ce quelque-chose, ce fut un imprudent marcassin. Il avait, orienté par les fragrances langoureuses de cette soupe, gagné la clairière, et s’était mis au milieu. « Grouik ? » fit-il. Et soudain, il se fondit dans la masse. La bouillie siffla, et étendit des tentacules couleur chair, vers les arbres alentours ; quelques branches prises parmi les meilleurs des chênes vénérables, un coq qui y était imprudemment perché, du bon calcaire venu des profondeurs de la planète se réunirent, et ça prit forme humaine ; et comme le premier gaulois, Savinasse gagna un corps de l’organisation logique de cette chose. Mais il était nu ; le vent souffla, et des moutons de la région, de la laine vint s’assembler, formant des braies et une cape de velours ; un vieux sanglier, moribond dans la région, offrit son cuir, qui vint renforcer la peau du gaulois, et lui fournir ceinture, fourreau et bottes ; accroché au bois d’un chêne qui se détachait, il fit un bouclier de bon aloi. Mais il manquait encor une chose. Aux côtés du guerrier, frémissante, son épée, reprenant son lustre et sa garde ouvragée, se dressa ; il la prit de la main gauche, et soulevant ses deux armes en même temps, les ailes du coq sortirent de ses aisselles, venant se greffer à du bronze apparu par miracle en casque sur sa tête. Les plumes de la queue, vaillantes, dépassèrent du nez, et vinrent se changer en moustache : Et Savinasse revint à la vie. Un torque, la cotte de maille dégrippée vinrent compéter l’ensemble. Car ce n’était pas un homme ordinaire.
Mais, encor, il manquait quelque chose. Quelque chose que les deux mondes ne possédaient pas. Et il allait le trouver.
***
Le réveil avait toujours été, pour Colinus, un moment délicat depuis le départ des légions gauloises d’Astria. En soupirant, il se saisit de la craie sur sa table de nuit, voulant rajouter un nouveau trait – il n’y avait pas de table de nuit. Il voulut se lever – il se cogna contre du bois. Il se rendit alors compte qu’il n’avait plus de matelas. Inspiré par quelques années de fréquentation des archers de la légion, il poussa un pittoresque juron emprunté au parler gaulois.
***
Le prêtre sursauta ; les nonnes alignèrent jésus-Marie-Joseph (enfin… Leur équivalent elfique), les enfants de cœur furent pris d’un fou rire, et le capitaine Shamira haussa un sourcil. Un deuxième juron, et bis repetita – quoique cette fois, le capitaine n’ait fait que hausser le deuxième sourcil. S’approchant de son mari Albion, qui semblait pris d’un étrange trouble : « Dépêches-toi d’aller voir qui s’amuse à faire des vocalises derrière la fosse commune des archers de la gueuse. Et rattrape l’elfe noire ! J’ai l’impression que cette voix lui est familière. Effectivement, Solaris s’était précipitée devant la sobre pierre tombale, et criait : « Caput exerciti Colinus Faver ? Est-ce vous ? »
-Oui, c’est moi ! Dépêchez-vous de nous sortir de là !
-Super. Soupira Shamira. Prêtres ! Préparez-vous à l’exorcisme ! On a un mort-vivant dans la tombe 34B !
-Commandant, non ! l’implora Solaris. Il est vivant ! Sortez-le d’ici !
-Oui ! Et informez cette cantinière qui veut faire joujou à l’officier que dès que je serais sorti de ce cercueil où l’on a cru plaisant de m’enfermer, si par malheur elle n’a pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour mettre fin à la mascarade, je veillerai personnellement à ce qu’elle soit réaffectée au service personnel du sergent Rajédlachauz !
-Faites disparaitre ce fossile. Ordonna froidement Shamira, qui n’appréciait visiblement pas les promesses de l’auxiliaire.
-ça ne se passera pas comme ça ! Cria Solaris. Puisque vous voulez empêchez Colinus de sortir de là-dessous, je le ferais toute seule ! Elle s’arc-bouta sur la pierre tombale, et tenta de l’arracher ; Shamira s’en saisit de ses mains pour l’en enlever, dans un duel d’obstinations de féminité elfiques, toutes deux plus solides encor que celle de mille nains en leurs tunnels ; l’expérience finit par l’emporter ;et le capitaine allait arracher Solaris, comme un pêcheur qui, après une longue lutte face à la tenace bernique, récupère sa proie ; son adversaire ferma les yeux pour mieux résister à la pierre qui lui raclait les doigts ; et puis soudain, la pierre ne lui fit plus rien, car elle était la pierre. Fureur, elle projeta au loin sa rivale, et ouvrit ses entrailles pour en sortir les cercueils. Ses doigts se glissèrent dans chaque interstice, et gagnant du volume, en firent sauter les couvercles ; En sortirent, en armes, les terribles archers auxiliaires de la légion gauloise. Dégainant leurs arcs, ils balayèrent de flèches les soldats elfiques présents, sans pour autant toucher les civils, car ce qui ne vivait plus pouvait difficilement payer l’impôt, comme leur avaient enseigné les sages adjudants gaulois. Le périmètre sécurisé, les elfes qui ne reconnaissaient pas l’autorité de la Gaule éternelle en fuite, Colinus fit l’inventaire de ses hommes. Il avait à disposition cent-vingt vaillants archers, et… « Où est passée Solaris ?
-Je crois qu’elle est ici, lui montra le sergent Rajédlachauz.
-Fort bien. Solaris, te sens-tu bien ?
-Je… Je crois, oui…
-Peut-être qu’un petit coup de gnôle lui ferait du bien ? Suggéra le sergent.
-Je ne pense pas, non… Vous ! Qui que vous soyez, je vous ordonne de vous éloigner de cette jeune fille !
Droite et stricte dans son armure cabossée, seulement à moitié décoiffée, s’approchant à grandes enjambées, le capitaine Shamira s’approchait du caput exerciti avec fureur.
-Femme ! Est-ce toi qui a ordonné que l’on tente de me maintenir en mon cercueil, moi et mes hommes ?
-Oui, c’est moi ! Et vous me parlerez, à l’avenir, sur un autre ton ! Car, pour votre information, je suis la commandante de l’escouade bleue, l’une des unités les plus prestigieuses de la flotte elfique !
-Tout doux ! Je ne voulais pas vous vexer, madame la commandante. Mais, je le crains, votre seul mari peut être habileté à prétendre à son grade pout tenter d’exercer la moindre autorité sur nous.
Shamira le gifla. « En quelle année vous croyez-vous ? En treize après le départ des légions ?
-Hum… Oui, je le crois bien.
-Eh bien, mon petit bonhomme, vous soulerez que nous sommes en vingt-quatre après le départ des légions, que la tentative de reconstitution de l’empire gaulois a échoué, que nous sommes maintenant un état de non-droit gaulois, et que l’égalité homme-femme a été instaurée !
-L’égalité homme-femme ? Qu’est-ce que c’est que cette diablerie ?
-C’est un principe qui accorde aux femmes les mêmes droits que les hommes. Eh oui, le temps de l’esclavage domestique est fini !
-Vous voulez dire qu’il n’y a plus ni larbin, ni valet, ni domestique ?
-Euh… Si, il y en a toujours, mais maintenant, les femmes ne sont plus cantonnées au foyer*, et elles peuvent exercer un pouvoir en dehors de la maison !
-Vous voulez dire qu’en plus de commander à leur domicile, les femmes commandent aussi sur la place publique, et aux armées ?
-Non ! Mais elles peuvent commander dehors, sans avoir à subir la tyrannie masculiniste en dedans !
-Donc un homme peut recevoir des ordres de sa femme hors de sa maison, sans qu’il n’ait gagné le droit de lui donner des ordres à l’intérieur
-Mais à quelle sous-espèce d’abruti appartenez-vous ? Les hommes commandaient avant au foyer et en dehors, mais ça n’est plus le cas aujourd’hui !
-Non mais ça, que l’on commandait dehors, je le savais déjà ; mais que ma femme n’était pas supposée commander dedans… ça, je ne savais pas ! En même temps, pas mal de mes maitresses étaient au courant…
Deuxième gifle. « Et en plus, il est fier de ses petites conquêtes ! Et pourquoi pas moi ? Ah non ! J’oubliais : Vous m’avez promis à un de vos hommes. Troisième gifle.
-Excusez-moi, demanda l’intéressé, mais s’il y a égalité homme-femme, je suppose que si un homme frappe une femme, on peut considérer qu’il risque la même chose que s’il frappait une femme ?
-Eug, c’est-à-dire que ça dépend du contexte, et…
-Egalité devant la loi, ça signifie égalité devant le gnon, non ?
-Oui, en effet. Pourqu…
-Sergent, non !
-Rajédlachauz envoya à l’elfe un coup de poing qui l’envoya contre le mur du cimetière, cinq mètres plus loin.
-Sergent ! C’est contraire à la galanterie !
-Oui, mais ça soulage !
Albion arriva à ce moment-là, avec les 24 hommes de l’escouade.
- Ah ! Shamira ! mon petit rossignol de l’île de Trembleffroi ! Fichée dans le mur… L’elfe noir ! C’est l’elfe noir qui a fait ça avec sa magie élémentaire ! Attrapez-là !
-Mais je n’ai rien fait !
-Auxilia Sagittaria ! En formation de tir !
-Mais on n’a pas d’arcs !
-Alors dégainez vos armes de mêlée ! disciplinés, les soldats tirèrent leurs thueros et leurs glaives.
-Escouade bleue ! Hurla Albion. Feu !
-1ère compagnie ! Chargez !
-et la bataille s’engagea. Les flèches, tirées à faible distance, auraient dû abattre sans difficulté les fantassins ; mais les boucliers brandis bien devant les arrêtèrent, et chargeant sans peur, surprenant leurs adversaires par cette tactique, les auxilia arrivèrent au contact, et y défirent rapidement la vingtaine d’hommes assemblés – Colinus se chargea personnellement du dénommé Albion. On récupéra les arcs, et l’on fonça à travers la jungle.
*Une petite précision sur la société gauloise : traditionnellement, les femmes commandent à l’intérieur des limites de la maison, et les hommes en dehors. Mais dans de nombreuses contrées, le sexe dominant a interprété cette organisation assez informelle comme une simple suggestion, sans que les gaulois n’y prêtent une grande attention ; Shamira, à sa décharge, croit donc que le système patriarcal qui s’est imposé dans le monde elfique est une norme gauloise, alors que Colinus, qui a été éduqué dans une famille fortement influencée par les gaulois, considère les règles informelles comme établies non seulement en gaule mais en plus en le monde elfique.
***
Le capitaine Shamira se réveilla avec un horrible mal de crâne. Autour d’elle étaient les beaux restes de l’élite de sa troupe. Poussée par un terrifiant instinct, elle se saisit de son crystaphone et cria : capitaines Drusilla, Chaicomcha, Chamembêtpa et Coulracoulrapa ! Rassemblez vos hommes ! Une compagnie d’auxiliaires gaulois s’est échappée ! Rassemblez-vous et tentez de former un front !
-Capitaines Chaicomcha et Coulracoulrapa ici ! Nous allons essayer de leur tendre un piège dans la jungle ! Nous comptons sur Drusilla pour couvrir notre centre !
-Capitaine Chamembêtpa ici ! Nous sommes au rocher de la dent de requin ! J’y laisse douze hommes en garde, et je vous rejoins !
-Parfait ! Capitaine Drusilla ! Vous nous recevez ?
-Les ennemis… Attaquent…
Le crystaphone coupa.
***
C’est gentil de votre part de nous avoir offert non seulement vos arcs et vos flèches, mais en plus toutes les réserves de la compagnie ! Nous n’avons plus besoin de rechercher vos autres sections de combat ! Sourit Colinus au capitaine Drusilla.
-Ouais ! Même qu’on n’aura pas besoin de poursuivre vos commandants Chébêtça, Sfébattrelà et Nananinanana ! renchérit un soldat.
-Chécomça, Chamenbêtpa et Coulracoulrapa ! Le corrigea le capitaine Drusilla.
-Ils sont battus pareils à la fin !
-Silence ! Les elfes donnent les instructions d’une contre-attaque !
Shamira et les autres officiers offrirent leur petit discours, aux oreilles de l’ennemi. L’entendant, prise d’une soudaine poussée d’héroïsme, se jetant sur le micro, Drusilla râla : « Les ennemis… Attaquent… » Avant de s’effondrer, morte.
-Toussastix soit maudit ! Jura le caput exerciti. Elle a été blessée lors de notre attaque !
Cependant, croyant leur ennemi incapable de les entendre, Shamira beugla l’ordre de prendre l’ennemi en tenaille.
-Ah, je vois… Commenta Colinus.
-On abandonne le terrain ? Demanda Ragédlachauz.
-Non, on leur tend une embuscade.
***
Les elfes déboulèrent dans la clairière, l’arc au clair.
-Mais il n’y a personne ! S’exclama un soldat. Les Gaulois surgirent des profondeurs de la jungle, les arcs bandés.
-Lâchez vos armes, et vos vies seront épargnées. Grogna Colinus. Les elfes ne se firent pas prier deux fois. Des cent-vingt-cinq hommes de Shamira, il n’en restait que vingt-six, dont elle.
***
Adossée à une pierre tombale, le commandant Shamira régla son crystaphone, et appela le général Bavarin.
-Général, me recevez-vous ?
-Phârphètement, ma pheuthite Tâme !
Shamira soupira. Face à la menace gauloise, s’était développé dans les terres de l’est une forte opposition à l’autorité d’un roi couché devant l’envahisseur. Ces bonnes provinces avaient donc fait sécession et porté au pouvoir un régime à mi-chemin entre la tyrannie et l’oligarchie militaire. Le résultat avait abouti à un dangereux état ennemi de la fédération, qui cristallisait toutes les rancœurs accumulées au fil des siècles par ce système fédéraliste, enrobant l’ambition d’un peuple désireux d’asservir les autres elfes jugés inferieurs, la faisant ainsi mieux passer, qui réussit rapidement à étendre son influence sur presque tout le royaume, Karakis comprise, jusqu’à ce que les gaulois ne mandent un général, Savinasse, afin de s’en débarrasser. A la tête d’une armée de 36 légions, sans compter les auxiliaires, soit un peu plus de deux-cent-mille hommes, il affronta l’armée de trois-cent-mille soldats des provinces de l’est, et réussit à les vaincre après six batailles. Mais, craignant leur retour, ils restèrent en Astria, avant de se tourner vers Alysia, où ils défirent la plupart des royaumes. Mais, sur le conseil d’une mystérieuse voyante, Il voulut faire la conquête du légendaire et lointain Cathay ; En une saison, l’armée de Savinasse fut défaite par le mauvais temps, la distance de ses bases et les millions de soldats de Cathay. L’empire du milieu, qui avait perdue la moitié de ses forces vives dans la bataille, n’offrit qu’une faible contre-offensive, et Savinasse, qui avait perdu les deux-tiers de son armée de six-cent-mille hommes, put se replier. Mais, revenu dans des royaumes qu’il avait laissés pratiquement vierges de toute réserve, il dut guerroyer, sans lignes de ravitaillement, pour récupérer une petite moitié de son empire, avant de démissionner. Cela permit le repli de son armée, qui se réfugia dans la colonie Gauloise la plus proche, Pavin IV ; mais lui fut traqué jusqu’à une forêt perdue de Larbos, et abattu. Il est à préciser que parallèlement, les gaulois, qui sont dirigés par trois consuls, ont gardé tout le long du conflit, et même après, des concessions placées sous l’autorité des deux autres, qui restèrent neutres. Si Savinasse est mort, on estime qu’il reste une armée de cent-quatre-vingt mille hommes qui n’attend qu’un général pour revenir… De plus, les anciens généraux de la confédération des elfes de l’est, forts de leur expérience, ont servi de conseillers aux royaumes d’Alysia face à l’armée gauloise, et ont même organisé la guerre de retour du consul. Les « grands vainqueurs », Orchidia et Sabledoray, redéfinirent les frontières des deux mondes, permettant la réémergence du royaume de l’est, et l’accession à des postes clés de la confédération elfique, de nombreux dignitaires de cette ancien Royaume. Bavarin représentait ce qu’il y avait de moins pire ; au moins n’avait-il pas été cadre du régime, à l’inverse de Gouderien, l’ancien général en chef du royaume de l’est, qui exerçait maintenant des fonctions analogues dans la confédération… Bref, la confédération était sur le point de tomber entre ses mains, car le roi Kash-kash ne semblait pas croire possible une telle révolution. Aucun renfort ne pouvait être espéré d’Alysia gangrénée par Darkhell ; aussi Shamira avait-elle pris le parti de tenter de soutenir Bavarin, qui pouvait peut-être sauver les meubles. Un bruit de bottes la tira de ses réflexions : Devant elle s’avançaient, raides dans leurs uniformes vert sombre… Un bataillon du royaume de l’est ? il était accompagné d’une section d’elfes très pales de peau, dont l’armure entièrement noire semblait être faite de ténèbres. Et ils tendaient vers elle leurs arbalètes de bois noir, protégés derrière des boucliers en forme d’éclair stylisés. A leur tête, Bavarin.
-Mhâ pheuthite tâme. Che chouis konfu, mais zes chens feulent apchôlument fous phârlez afant de lancher l’offenchiffe, car…
-éloignez-vous d’elle, Général ! Sa parole perfide vous a déjà assez contaminée !
-Phêrfide, cha parhôle ?
Les arbalétriers pointèrent leurs armes vers l’officier, qui les regarda d’un œil morne.
-Mais Fous n’allhez kand même phâs la tuher !
L’un des elfes pâles se retourna et, froidement, tira non pas un mais bien dix coups sur le général, qui périt sur le coup.
-Si. Se contenta-t-il de répondre. A nous, traitresse.
Sur un geste de leur chef, car ce devait être lui, ils la mirent en joue. Elle ferma les yeux, résignée. La plaisanterie s’arrêtait ici… « Mais pourquoi ? »
-Le roi Kash-kash a été déposé ce matin sur ordre du général Gouderien. La capitale sera dans les prochains jours déplacée à Etaisoie, et le pouvoir enfin rendu aux dignes du peuple de l’est ! Et maintenant… Mourrez.
***
Ils étaient arrivés sur la plage avec leurs prisonniers ; prendre la dent de n’était pas nécessaire pour fuir. Mais les vaisseaux qu’ils convoitaient étaient remplis d’elfes noirs ; et de la jungle sortaient des rangs d’elfes de l’est, piques menaçantes pointées sur les auxiliaires. Mais ils n’étaient pas des renforts ; car certains se pressèrent sur la dent de requin, cherchant surement à en extraire ses défenseurs, qui ne devaient pas être nombreux. On réunit Colinus avec les officiers elfes survivants, et sur eux furent pointées les arbalètes des elfes pâles.
-Il semblerait, messieurs, que nous ayons un ennemi commun, commenta le capitaine Coulracoulrapa.
-en effet, lui répondit Colinus. Dommage que l’on ne se le découvre qu’au moment de mourir.
Un dignitaire elfe pâle vint à eux, ses robes violacées claquant au vent.
-Pitoyables elfes de l’ouest ! Regardez-vous, tout petits, tous moches, à vous battre entre vous tandis que le vrai danger s’annonçait en fanfare ! Votre défaite, moins que de votre faiblesse, est le fruit de vos divisions. Et maintenant, vous allez payer vos erreurs de votre vie !
-Comment oses-tu te payer le luxe de nous mépriser ?
-Je ne vous méprise pas ; je suis compatissant. Adieu.
On les mit en joue, et on tira.
Fin du chapitre 3