Salut tout le monde ! Non, ce n'est pas la suite de ma fic (mais je ne l'ai pas oubliée, rassurez-vous !
), mais la première partie de ma participation au concours d'Halloween de Violine !
C'est une petite (ou peut-être un peu longue, je ne sais pas ?
) fic avec pour une fois quelqu'un d'autre que Shimy comme perso central : Ténébris 
!
Voilà, j'espère que ça plaira !
(Et je croise les doigts pour que l'image soit pas tournée...)
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Ténébris alluma la dernière bougie puis se redressa. Elle jeta un regard à la ronde : elle avait orné le salon de plusieurs accessoires tels que des bougies dispersées sur plusieurs meubles, des fausses toiles d’araignée dans les recoins et des feuilles mortes au sol. La lueur tamisée des bougies offrait précisément l’ambiance qu’elle recherchait : une ambiance mi-inquiétante mi-douillette, parfaite pour une soirée d’Halloween.
- Tu t’es surpassée !
La jeune fille tourna la tête : son père venait d’entrer dans la pièce et observait son travail d’un air impressionné. Il avait revêtu un déguisement de magicien qui, selon sa fille, lui allait très bien ; elle trouvait qu’il en avait la prestance.
- Merci ! s’exclama-t-elle.
Ténébris avait choisi de se costumer en vampire : sa peau naturellement pâle, ses cheveux noirs et le rouge à lèvre rouge qu’elle avait appliqué sur sa bouche lui en donnaient déjà l’apparence ; pour compléter ça, elle avait enfilé une robe de velours noir.
Chaque année, elle attendait avec impatience le 31 otcobre puisqu’elle était fan d’histoires d’épouvantes, de faits mystérieux et de décors inquiétants.
- Je descends à la cave ! lança-t-elle à son père avant de s’y précipiter.
Elle avait invité des amis à regarder un film chez elle ; ils devraient arriver d’une minute à l’autre, et c’était dans la pièce d’en bas qu’ils gardaient tous leurs DVD. Elle ouvrit la porte et alluma la lumière.
Mais alors qu’elle descendait les marches en fredonnant, elle entendit soudain un bruit de quelque chose qui tombe. Elle se figea un instant puis se précipita en bas de l’escalier. Ténébris jeta un regard à la ronde mais elle ne vit rien à première vue, comme les étagères où ils entreposaient des DVD ou des livres occupaient le milieu de l’espace. Alors elle les contourna ; et ce qu’elle trouva lui fit écarquiller les yeux : une créature bleu-grise au corps vaguement humain, aux grands yeux noirs, aux mains et aux pieds palmés et avec deux sortes de tentacules qui sortaient de derrière elle. Sa bouche légèrement entrouverte laissait entendre que la surprise de Ténébris était réciproque.
Passé le moment de choc, la jeune fille leva lentement la main vers elle ; mais aussitôt la petite créature eut un mouvement de recul et elle tourna frénétiquement la tête autour d’elle à la recherche d’une issue.
- Je vais pas te faire de mal ! lui assura Ténébris en baissant alors les bras.
Mais l’étrange chimère repéra finalement une fenêtre, étroite, l’unique de la pièce. Elle sauta sur le carton posé en-dessous puis brisa la vitre de ses tentacules avant de se faufiler tant bien que mal à travers.
- Attends ! s’écria Ténébris.
Elle évita les débris de verre au sol et alla voir la direction qu’elle prenait. Comme elle se dirigeait vers la forêt, non loin de sa maison, Ténébris chercha fébrilement une lampe des yeux. Elle en trouva une sur une étagère, s’en saisit puis monta à son tour sur le carton et passa par la fenêtre éclatée. Elle sentit le bas de sa robe se déchirer et son genoux s'érafler contre un bout de verre, mais elle n’y prêta pas attention et se lança à la poursuite la créature à tentacules à toute vitesse.
Celle-ci filait sans se retourner vers les bois sombres. Lorsqu’elle y pénétra, Ténébris perdit momentanément sa trace.
- Attends ! cria à nouveau la jeune fille.
Elle entra à son tour dans l’enceinte des arbres. Puis elle ralentit et essaya de sonder les lieux de sa lampe-torche, mais elle ne la voyait pas. Ce qu’elle remarqua, en revanche, ce fut les tas de grosses plumes dispersés un peu partout au sol. Elle entendit soudain des sortes de ricanements mêlés à des coassements. Ténébris dirigea le faisceau de lumière vers la cime des arbres, d’où ces sons semblaient provenir.
Là, posés sur des branches, des sortes d’hommes-oiseaux se couvraient les yeux pour se protéger de la lumière qu’elle venait de pointer sur eux. La jeune fille n’en revenait pas ! Soudain, l’un d’entre eux s’envola et descendit en piqué sur elle ; elle se remit à courir aussi vite qu’elle le pouvait à travers les troncs. Elle entendait des battements d’ailes juste derrière elle et voulut se retourner. Mais alors elle ne vit pas à temps l’arbre sur lequel elle fonçait : elle ferma les yeux et se prépara à l’impact…
Mais le choc fut moins dur que ce qu’elle pensait.
- Regarde où tu mets les pieds, gamine ! s’exclama soudain un homme.
Ténébris rouvrit les yeux et regarda autour d’elle : elle ne se trouvait plus du tout dans la forêt mais dans une sorte de taverne bruyante ! Elle leva les yeux devant elle et comprit qu’elle était rentrée dans l’homme qui l’observait, les bras croisés sur son torse : l’attention de la jeune fille fut tout de suite attirée par sa mâchoire métallique et son œil gauche qui luisait d’un éclat rouge. Ténébris le regarda ensuite dans son ensemble et remarqua que son bras gauche était également en métal.
- Tu viens de bousculer le capitaine Ceydeirom ! continua un homme bien moins impressionnant à côté de lui.
Elle en venait à se demander si ce capitaine était seulement humain quand des cris retentirent dans leur dos. La jeune fille tendit le cou pour voir ce qui se passait et elle vit alors la créature qu’elle poursuivait, debout sur une table et semant la panique !
- Désolée, je dois y aller ! s’exclama-t-elle avant de se frayer un passage à travers la foule.
La créature sauta de son perchoir et se dirigea vers la sortie. Ténébris courut vers elle. Alors que quelqu’un ouvrait la porte, l’espèce de chimère se faufila par l’entrebâillement, suscitant des exclamations de surprise. Ténébris s’engouffra à sa suite et… se retrouva dans un nouvel environnement.
Un frisson parcourut sa colonne vertébrale ; l’espace où elle se trouvait, une sorte de bâtiment en pierres, avait le toit à moitié détruit, laissant ainsi s’engouffrer la brise froide extérieure. À mieux y regarder, on aurait dit des ruines. Ténébris pouvait identifier des murs partiellement détruits, des emplacements où il manquait des portes… Alors qu’elle assimilait ce nouvel endroit, elle entendit des grognements, relativement proches. La jeune fille s’avança prudemment en regardant autour d’elle, espérant trouver la source de ces bruits avant que ce soit l’inverse…
Plaquée contre un mur, elle sortit discrètement sa tête : elle sonda l’endroit des yeux et finit par remarquer des grandes statues en pierre sur les côtés représentant des créatures à tête de… Ténébris n’aurait pas su dire quel animal précisément, mais elles ressemblaient à des fauves…
Quand son regard tomba enfin sur l’origine de ces bruits, elle rentra immédiatement sa tête. Puis elle la ressortit avec précaution pour détailler la créature qui se tenait à quatre pattes, dos à elle : il avait le poil roux à ras, sauf sur son dos et sa tête d’où une grosse touffe plus foncée jaillissait ; la queue qui sortait de son coccyx faisait par ailleurs des mouvements très lents, comme celle d’un chat en chasse… Il tourna la tête sur le côté et huma l’air ; Ténébris aperçut son expression enragée et ses yeux d’un rouge luisant avant de rentrer la tête pour de bon.
Son cœur battait la chamade. Qu’allait-elle faire ? Elle ne réalisait que maintenant ce qu’elle était en train de vivre. La sorte de chimère qu’elle avait surprise dans sa cave l’avait tellement intriguée qu’elle l’avait suivie sans plus réfléchir. Et encore, ce n’était pas le pire : ses « téléportations » n’étaient pas de son fait et les rencontres qu’elle avait faites ne pouvaient pas être expliquées. Mais alors quoi ? Est-ce qu’elle allait rester bloquée ici, dans ces ruines froides, seule avec ce monstre ? Elle entendit soudain un grognement plus fort. Elle déglutit, puis pris son courage à deux mains et se retourna.
Et elle écarquilla les yeux : la petite créature bleu-grise était face au gros félin enragé, sur ses gardes. De ses tentacules avaient jailli des dards oranges qu'elle braquait sur lui, comme si elle se préparait à l’affronter. Son expression était sévère mais ne trahissait aucune peur.
Ses grands yeux noirs finirent par détecter la présence de la jeune fille. Cette dernière hoqueta, affolée par l’idée qu’il puisse arriver quelque chose à cette mystérieuse créature. Malheureusement, la bête rousse avait entendu son exclamation ; elle tourna la tête dans sa direction et ses sourcils se froncèrent de rage ; avant que Ténébris n’ait eu le temps de réagir, elle bondit dans sa direction.
La jeune fille prit conscience qu’elle n’avait pas le temps de mettre de la distance entre eux.
Elle ferma les yeux et serra les poings.
C’était trop tard.
Ténébris eut le souffle coupé. Elle rouvrit les yeux et pencha la tête en arrière, essoufflée par l’impact. Elle mit quelques secondes avant de reprendre ses esprits et de se rendre compte que ce qu'elle avait sous les yeux n'était autre que la nuit noire. Elle se redressa lentement sur ses coudes et baissa le regard sur ce qui pesait sur son corps. La jeune fille se trouva nez-à-nez avec la créature qu’elle poursuivait depuis tout à l’heure, et qui venait probablement de la sauver. Elle se recula et s'accroupit devant Ténébris sans la lâcher du regard.
Ténébris se releva alors avec précaution et regarda autour d’elle. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle reconnut la lisière de la forêt qui bordait sa maison !
- Ténébriz ! entendit-elle soudain crier.
Des faisceaux lumineux arrivaient dans leur direction. Combien de temps avait-elle disparu ?
Elle reconnut la voix de Razzia. Ténébris jeta un regard à la petite créature qui avait réussi, d’une manière inexplicable, à la sortir de cette sorte de rêve éveillé dans lequel elle s'était retrouvée - d'une façon tout aussi mystérieuse.
- Bon, je suppose que je dois te laisser partir, souffla-t-elle en s’accroupissant.
Ses grands yeux étaient plus noirs que la nuit.
- C’est dommage, j’aurais voulu rester encore un peu avec toi. Merci de m’avoir offert une soirée exaltante et mystérieuse comme je les aime !
La petite créature bleu-grise plissa deux fois le nez, puis tourna les talons et s’enfuit à quatre pattes avant de se faire découvrir par de nouveaux arrivants.
Ténébris sourit.
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