Coucou!! ;) voici le chapitre 2! Il y aura 23 chapitres :O
La surprise me paralyse une fraction de seconde, une erreur qui aurait pu me coûter la vie. La silhouette encapuchonnée avance d'un pas lent, presque spectral, alors que le bouclier d'énergie sombre se dissipe dans un sifflement sinistre. L'aura magique qui émane de cet inconnu est glaciale, étouffante, et d'une puissance qui fait frémir l'elfe noire en moi.
— Tu as toujours été trop impulsive, Faëlyn, prononce une voix feutrée, déformée par un sortilège d'illusion. Tout comme ta mère.
Mon sang ne fait qu'un tour. Comment cet individu connaît-il mon nom ? Comment ose-t-il parler de ma mère, elle qui est morte pour me protéger sous ces mêmes arbres ?
— Qui es-tu ? je hurle, ma voix résonnant contre les parois de la crevasse alors que la colère embrase mes veines. Montre ton visage, lâche !
À mes côtés, Azilys se repositionne instantanément, sa lame de Larbos levée en garde parfaite, le regard rivé sur le sorcier. Plus loin, Morgane et Elowen viennent de balayer les derniers mercenaires. Elowen maintient une sphère d'énergie crépitante dans sa main droite, tandis que sa main gauche dégage une brume noire et mortelle, prête à déchaîner son héritage divin.
Morgane, quant à elle, s'avance, les poings serrés, son visage d'ordinaire si impassible trahissant une sombre crispation.
— Reculez, les filles, ordonne Morgane d'une voix qui ne tolère aucune réplique. Ce n'est pas un mercenaire. C'est un traître d'Orchidia.
— Orchidia ? murmure Azilys, les sourcils froncés. Qu'est-ce qu'un mage de ton royaume ferait ici ?
Le sorcier pousse un rire glacial qui me donne la chair de poule. D'un geste fluide, il rabat sa capuche. Ce que je découvre me glace d'effroi. Son visage est en partie dissimulé par un masque d'obsidienne, mais ce sont ses yeux qui me frappent : deux pupilles d'un violet électrique, identiques à celles des mages de guerre qui ont orchestré le massacre de mon peuple sept ans auparavant.
— Le royaume d'Orchidia n'a plus rien à voir avec moi, crache le sorcier. Je sers une cause bien plus grande. Et cet artefact... ce fragment de cristal de mémoire... contient la clé que mon maître cherche depuis une décennie.
Avant que quiconque puisse réagir, il lève les bras vers le ciel. La rune violette entre ses mains s'illumine d'un éclat aveuglant, et le sol sous nos pieds se met à trembler violemment. La cage magique qui retient le fragment de cristal de ma mère commence à se fissurer, libérant des vagues d'énergie pure et instable.
— Faëlyn, récupère le cristal ! crie Morgane en se jetant en avant. Elowen, Azilys, avec moi ! On retient le mage !
L'affrontement reprend avec une violence inouïe. Morgane déchaîne sa force brute, brisant les boucliers du sorcier à coups de poings destructeurs, tandis qu'Elowen combine ses pouvoirs, alternant entre des décharges d'énergie pure pour affaiblir l'ennemi et des barrières de mort pour bloquer ses sorts de zone. Azilys est une tornade d'acier, trouvant la moindre faille dans les défenses magiques du mage avec une vitesse surhumaine.
Mais le sorcier est d'une puissance colossale. Il encaisse les assauts des trois Redoutables, repoussant Azilys d'une onde de choc magique et forçant Morgane à reculer.
De mon côté, je m'élance vers la crevasse. Mes pas, guidés par mes techniques Marakas et portés par l'élément de l'air, sont presque invisibles. Je saute par-dessus les débris de roche, tendant la main vers la pierre lumineuse aux reflets d'argent. Le cristal de ma tribu. Mon héritage.
— Tu n'as rien appris de la mort de ta famille, elfe noire, siffle le mage à distance.
D'un claquement de doigts, il détourne une partie de son attention vers moi. Le sol sous mes pieds se dérobe. Des chaînes d'énergie violette jaillissent de la terre et s'enroulent brutalement autour de mes chevilles et de mes poignets. L'impact me coupe le souffle et me plaque lourdement contre la roche froide. La douleur est fulgurante, comme si du poison coulait directement dans mes veines élémentaires, bloquant mes flux de magie.
— Faëlyn ! hurle Azilys en tentant de se ruer vers moi, mais le chef des mercenaires, le colosse balafré, se relève et lui barre la route avec sa lourde masse.
Je lutte de toutes mes forces. Les chaînes me brûlent la peau, mais je refuse de faiblir. Je ne suis plus cette enfant de 10 ans qui regarde sans rien faire. Je regarde le cristal, à peine à quelques mètres de moi, et je ferme les yeux pour me concentrer. Je dois faire appel à tout ce que j'ai appris pendant ces sept années de solitude.
L'eau. La terre. Le feu. L'air.
Je ressens les quatre éléments qui vibrent en moi. Je ne cherche pas à les invoquer un par un ; je les fusionne. C'est une technique Marakas interdite, une technique qui draine l'énergie vitale, mais je n'ai pas le choix. Mes yeux s'ouvrent, brillant d'une lueur blanche et sauvage.
— Libération... élémentaire ! je rugis.
Une explosion combinant des éclats de roche, des flammes ardentes, des lames d'eau et des bourrasques de vent siffle autour de moi. Les chaînes violettes volent en éclats. Le contrecoup me fait cracher un filet de sang, mais je suis libre. D'un bond désespéré, je me jette sur la cage magique, brise le confinement d'un coup de poing chargé de l'élément de la terre, et saisis enfin le cristal de mémoire.
Au moment précis où mes doigts entrent en contact avec la pierre d'argent, une décharge d'énergie traverse mon esprit. Une vision flash m'envahit : le visage de ma mère, en larmes, et derrière elle... la silhouette de ce même sorcier au masque d'obsidienne, sept ans plus tôt. C'est lui. C'est lui qui a mené l'attaque contre la tribu de Crystal.
La colère me submerge, pure et destructrice. Je me retourne vers le sorcier, le cristal serré contre ma poitrine, prête à le réduire en poussière.
Mais le mage sourit derrière son masque. Il utilise la diversion de mon explosion pour incanter un dernier sortilège. Un portail de téléportation sombre s'ouvre derrière lui.
— Tu as récupéré la pierre, Faëlyn... mais tu as activé sa malédiction, dit-il d'une voix venimeuse alors qu'il recule dans le portail. Ce cristal se nourrit de la mémoire de ceux qui le touchent. Bientôt, tu oublieras jusqu'au nom de ta propre sœur. Rendez-vous à Orchidia, les Redoutables. Si votre amie se souvient encore de vous d'ici là...
Le portail se referme dans un bruit de tonnerre, emportant le sorcier et laissant le campement dans un silence de mort.
Je tombe à genoux, le souffle court, mes mains tremblant de manière incontrôlable. Le cristal dans ma main brille d'une lueur de plus en plus intense, et une migraine affreuse commence à me tenailler le crâne. Des visages, des souvenirs d'enfance... j'ai l'impression qu'ils glissent entre mes doigts comme du sable.
Azilys se précipite vers moi et me prend par les épaules, le visage pâle d'inquiétude.
— Faëlyn ! Regarde-moi ! Ça va ? Dis-moi que ça va !
Je lève les yeux vers ma meilleure amie. Pendant une seconde, une terrible, une horrible seconde... son nom m'échappe.
J’essaie de m’en souvenirs de toute mes forces.
… Azilys…?
À SUIVRE…